‹ Contribution à l'étude de la théophylline ou théocineChapitre 19 sur 31 · EFFETS THÉRAPEUTIQUES · texte numérisé non relu

EFFETS THÉRAPEUTIQUES

Tous les expérimentateurs ou chniciens qui ont usé de la théocine reconnaissent à ce médicament un pouvoir diurétique considérable. Dans la plupart des cas rapportés par les auteurs, l'administration de théocine a procuré une augmentation de l'excrétion urinaire. Cette augmentation est en moyenne de 200 grammes chez l’homme sain ; elle varie de 200 à 400-grammes chez les brightiques (dans les cas où elle est réellement indiquée) ; elle atteint 4,000 grammes chez les cardiaques, 7,600 grammes dans un cas d'insuffisance mitrale signalé par le professeur Minkowski.

À certains chiniciens, il a paru que la théocine non seulement agit pour son propre compte, mais encore facilite la tâche aux autres diurétiques, digitale, caféine, théobromine, de sorte que ceux-ci ont mieux agi après son emploi qu'il ne l'avaient fait primitivement, comme si, outre les débàacles urinaires qu'elle détermine, la théorine peut rendre le rein plus sensible à toute sollicitation ultérieure à la diurèse’: la théocine « dérouillerait » le rein.

Le temps nous a manqué pour nous faire une opinion sur ce point, el Jusqu'à ce jour l'opportunité n'a jamais

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été que nous fassions emploi de quelque autre diurétique postérieurement à la théocine.

Quoi qu'il en soil, il est certain que la théocine a augmenté la diurèse dans de nombreux cas où elle était très basse avec d’autres médicaments.

Dans quels cas les effets de la théocine sont-ils le plus marqués? C'est incontestablement dans les anuries d’origine cardiaque; nous avons déjà signalé les 7,600 grammes d'urine émis dans un cas d'insuffisance mitrale observée par Minkowski ; son observation figure dans ce travail. La théocine s’est également montrée efficace vis-àvis des hydropisies d'origne rénale, mais, de l'avis de beaucoup d’expérimentateurs et de cliniciens, son emploi réclame un état d'intégrité suffisante dé l'épithélium rénal. Dans les cas de néphrite grave, elle échoue el peut même diminuer l'urine émise, comme nous l'avons observé.

Modification de la composition de l'urine. — L'urine, augmentée de volume, ne subit aucune modification importante dans sa composition ; la densité ne varie que dans de très faibles limites; aussi, en tenant compte de la quantité, trouve-t-on que les matières solides, en particulier les chlorures, sont augmentées. L’urée n’est guère modifiée, les phosphates sont sensiblement diminués. La théocine n’engendre pi albuminurie, ni glycosurie. Nous avons déjà dit que, dans ses expériences sur les animaux, Ach n'avait jamais remarqué de lésions rénales macroscopiques n1 microscopiques. Minkowski prétend même que dans les cas où les urines sont albumineuses, l'emploi de la théocine diminue le taux de l’albumine.

Caractères el durée de la diurèse. — L'effet du remède

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est très évident après 2 ou 3 heures. Les mictions, abondantes et nombreuses le premier jour, diminuent le lendemain et s'espacent. L'action de la théocine est le plus persistante chez les sujets œdématiés. Malgré cela, vers le 4 ou le 5° jour qui suit la cessation du médicament, la quantité d'urine redevient à son niveau primitif.

L'accoutumance au médicament parait être très faible.

En somme, la majorité des auteurs dit : Action médicamenteuse durable tout le temps qu'est donnée la théocine, pas d’accoutumance, mais effet très peu persistant après sa cessation.

Action sur la circulation de la respiration. — Tous les auteurs allemands prétendent que Jamais on n'a constaté une action directe quelconque sur la fonction cardiaque, que la fréquence du pouls et la tension sanguine n'ont Jamais été modifiées. Couchet prétend, au contraire, que l'action de la théocine sur le cœur est réelle. Certains auteurs ont noté des palpitations, de l'accélération du cœur, un abaissement de la pression sanguine.

D'après Minkowski, les modifications du cœur et du pouls ne font que traduire le changement qui s’est produit dans lhydraulique circulatoire par suite de la disparilion des œdèmes.:

Cette opinion parait acceptable. Un fait est hors de doute, c'est que la circulation est salulairement influencée par la disparition des æœdèmes.

La même chose se produit pour la respiration qui devient plus calme, plus ample, plus profonde : comme aux membres, l’æœdème se réduit aux poumons.

Aclion sur le syslème nerveux. — Elle ne diffère pas, chez le malade, de ce qu'elle est chez l'homme sain :

fourmillements des extrémités, quelquefois céphalée ou lombalgie. À dose thérapeutique, les accidents nerveux sont toujours bénins.

Action sur le tube digestif. — Tous les auteurs signalent l’action irritante de la théocine sur les voies digestives : nausées quelquefois très violentes, survenant aussitôt après l'absorption du médicament, disparaissant après un temps variable, mais susceptibles de se reproduire à plusieurs reprises dans tout le cours de la journée.

D'après M. Alexandre Devars, ces troubles stomacaux affectent plus spécialement les femmes ; ils sont fréquents, puisque quatre femmes sur huit qu'il a observées, les ont présentés. | |

Avec les vomissements peuvent s'observer des coliques, de la diarrhée; ces troubles intestinaux se présentent quelquefois seuls. |

Phénomènes d’intolérance. — Nous venons d'en parler dans le paragraphe précédent. IT faut ajouter la céphalée, moins fréquente que les symptômes digestifs.

Les phénomènes d’intolérance ne diffèrent pas de ceux signalés par Huchard pour la théobromine ; ils sont seulement plus fréquents. Ce fait n’est pas étonnant, étant donnée la plus grande activité de la théocine. |

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