‹ Contribution à l'étude de la théophylline ou théocineChapitre 6 sur 31 · À. — ACTION SUR LES ANIMAUX · texte numérisé non relu

À. — ACTION SUR LES ANIMAUX

Nous nous étions proposé, au début de nos recherches sur la Théocine, d'expérimenter ce médicament sur les animaux. Nous avions même commencé de l'injecter à deux cobayes et à deux chiens, lorsque vinrent à notre connaissance les travaux de Ach, Dreser et Chevallier qui nous apparurent avoir été faits dans des conditions et avec un outillage qui garantissaient à leur observation une exactitude infiniment supérieure à celle que nous étions capable de réaliser.

Nous n'avons donc pas cru utile de pousser plus loin nos recherches, et avons préféré exposer les résultats de celles des expérimentateurs désignés.

Toxicité. — D'après Dreser, la toxicité de la théocine pourles chatségale celle dela caféine. La dose mortelle complètement dissoute dans l'estomac est de 10 centigrammes par kilogramme d'animal; par contre, la dose mortelle de théobromine, donnéesousforme d’agurine, est de beaucoup plus élevée : 18 centigrammes. L'action convulsivante de la théobromine serait aussi beaucoup plus faible que

eos celle de la caféine et de la théocine qui, cependant, n'a pas une action aussi violente que la caféine. Cette action excitante serait très atténuée en associant ces corps avec de l’hédonal, hypnotique de la série de l’uréthane, qui permettrait même l'emploi de doses qui, sans lui, seraient mortelles.

Chevallier indique comme dose toxique, chez le cobaye en injection intra-péritonéale, et chez le lapin par la voie stomacale, 20 centigrammes de théocine par kilogramme d'animal, et 10 centigrammes seulement chez le chien en injection intra-veineuse.

Chevallier pense que la différence de toxicité tient à ce que, chez le premier, la théocine ayant été injectée dans la veine, a impressionné directement le muscle cardiaque à i

Action sur la respiration. — Pour le même auteur, dans les intoxications à faibles doses, les phénomènes respiratoires paraissent dominer la scène, tandis que les phénomènes convulsifs sont très atténués.

La dyspnée se montre dans tous les-cas immédiatement après l'injection, les convulsions ne viennent que très tard et seulement à doses toxiques.

Dans la plupart des cas, la mort survient par asphyxie, le sang est noirâtre, les poumons et les viscères congestionnés. |

Action sur la circulation. — La théocine n'aurait, pour Dreser, aucune action sur le cœur, différant en cela de la caféine. Sur des cœurs de grenouilles isolés artificiellement et parcourus par du sang défibriné, la mesure minutieuse du travail accompli par chaque pulsabon lui a montré que l’augmentalion absolue de la force

En dr LME

du myocarde et l'augmentation de volume de la pulsation propres à la caféine, même à pelites doses, font défaut pour la théocine comme pour la théobromine. La pression sanguine ne serait pas modifiée.

Pour Chevallier, la théocine paraît n'être pas complètement dépourvue d'action sur le système circulatoire, mais être douée d’une activité propre légèrement différente de celle de la caféine et résultant probablement d'une action sur le système nerveux et peut-être aussi sur la fibre cardiaque elle-même. Quelle que soit la dose, les mouvements cardiaques sont toujours augmentés de nombre, et à dose toxique, l'accélération est très élevée. Le cœur ne s’arrête que quelque temps après que la respiration a cessé.

La pression, qui s'élève légèrement au début, baisse d'une façon continue à mesure que l'intoxication progresse, mais elle ne tombe jamais très bas.

Action sur le système nerveux et l'appareil locomoteur. — L'action de la théocine est analogue à celle de la caféine, mais moins accentuée; la sensibilité est émoussée, non abolie. Il semble qu'on peut comprendre la théocine dans cette formule de Benett : les caféine, théïine, cocaïne, théobromine produisent à petites doses : 1° une excitation cérébrale ne s'accompagnant pas de coma ; 2?’ une perte partielle de la sensibilité; 3° à doses toxiques, elles déterminent l'insensibilité, des convulsions spasmodiques et tétaniques, et la mort. Les convulsions et les spasmes télaniques sont beaucoup plus marqués chez les animaux à sang froid que chez les mammifères.

Action sur le système musculaire. — Elle se manifeste en exagérant le péristaltisme de tout le tube diges-

Home

tif (mouvements de déglutition, vomissements, selles diarrhéiques). Vis-à-vis des muscles striés, la contraction musculaire, sous l'influence de la théocine, rappelle ce que Leblond à constaté avec la caféine : augmentation de lexcilabilité directe et indirecte avec contracture transitoire. Cette période de contracture est suivie de tétanos et de diminution de l’excitabilité. Ce dermier phénomène est moins accusé avec la théocine. La même différence est signalée pour la théobromine et la caféine, par Paschkis et Pal; d'après eux, la contracture musculaire est d'autant moins prononcée que le corps est moins riche en radicaux C H 3. Quant à l'action locale, la théocine produit une contraction tonique permanente avec raccourcissement du muscle.

Page 1