B. — ACTION SUR L'HOMME SAIN
Nous avons tenu à expérimenter la théocine sur nousmême. Dans ce chapitre nous rapportons les résultats de cette expérimentation que nous avons faite à deux reprises et à'quatre jours d'intervalle: |
Ces résultats diffèrent peu de ceux publiés par d’autres auteurs antérieurement à notre travail. Nous devons dire cependant qu'ils diffèrent sur un point : la nuit qui a suivi chacune de nos expériences, il nous a été impossible de dormir.
Etonné, d'une part, d'avoir été affecté d'une insomnie complète et, d'autre part, considérant que certain signe accusait un état particulier de suggestion — nous voulons parler de plusieurs fausses envies d'uriner survenues au cours des deux nuits d'expérience — connaissant aussi
CE es
notre idiopsychisme, nous nous sommes demandé si le médicament devait répondre entièrement d'une telle excitation cérébrale.
Pour élucider ce point nous avons fait appel à la bonne volonté d'un de nos camarades, M. Benoit, interne des hôpitaux de Montpellier, lequel a consenti à essayer le médicament sur lui-même. Son observation figure dans ce chapitre èt il n'y est pas fait mention d'une semblable insomnie. |
Pendant la durée de nos expériences, nous avons eu le souci de réaliser toutes nos habitudes d'existence, en particulier de ne pas dépasser notre ration ordinaire de liquide — 800 grammes quotidiens. Les analyses d'urine ont été faites à l'Ecole de Pharmacie de Montpellier, en collaboration avec notre frère, étudiant en pharmacie. Nos recherches ont porté sur l’urée, l’albumine et le sucre. Ces deux premiers éléments ont été dosés respectivement, au moyen de l’uréomètre et de l’albuminomètre d'Esbach, le sucre par la liqueur de Fehling.
La quantité d'urine émise a été très exactement notée ; notre attention s’est portée sur les modifications qu apportait le médicament à l’état des voies digestives, de la circulation ‘pouls et tension), de la respiration et des réflexes tendineux.
Nous avons pris la théocine en cachets de 30 centigrammes.