ART SR
éloulfée, Ja respiralion cornante, Îles extrémités froides. Le pouls est à peine perceptible. Nous décidons le transfert inimédiat du malade à l'hôpital, et prenons place à ses côtés dans la voiture qui Fy conduit.
Mais un quart d'heure après, au moment où on couche le malade sur la table d'opéralion, tout mouvement respiratoire s'arrête, et bien que la mort ne soil pas douteuse, nous ouvrons d'un coup de bistouri la trachée, ÿ introduisons une canule, et faisons, pendant dix minutes, un simulacre de respiration artificielle. L'autopsie est pratiquée le 18 mars par les professeurs SENCERT et Hocue. L'aspect extérieur du cadavre présente les particularités suivantes :
Au niveau de la région médiane du cou à la partie moyenne et inférieure, existe une ligne d'incision mesurant 8 centimètres de long : c'est Fincision de la trachéotorie, qui pénètre à travers le corps thyroïde jusqu'à la trachée. Celle-ci à été incisée au niveau de ses premiers anneaux carlilagineux.
Tout le cou est augmenté de volume, et cette augmentation
goitre
de volume est due à la présence d'un énorme goître. Ce occupe les deux lobes de la thyroïde, et chaque lobe a le volume d'un poing d'adulte. Dans chaque lobe, il existe un kyste volumineux, renfermant un liquide grisàätre, non mélangé de sang. Le lobe gauche du corps thyroïde plonge en arrière du sternum, sur une hauteur de 3 à 5 centimètres, el comprime la trachée et Llous les organes du médiastin antérieur. En arrière de l'isthme, et (out autour de la trachée, il existe du liquide d'œdème,
\près ouverture du cadavre : poumons emphysémateux, légèrement congestionnés, sans le moindre abcès métastatique, ni la moindre embolie visible macroscopiquement. Cœur légèrement augmenté de volume. Pas de caillots dans les ravités. Valvules saines.
Foie très volumineux, congestionné, sans abcè£ métastalique.
Reins et rate congestionnés, sans aulre lésion.
En somme, congestion viscérale intense : présence d’un volumineux goître plongeant, en voie de dégénérescence kvslique, qui, sous l'influence d'une infection, sans doute d'origine
grippale, localisée aux voies supérieures, à provoqué une pous-
uë, provoquant une infeclion secondaire
sée de strumile aiet rapide du corps thyroïde.
Bien que l'affection n'ait abouti qu'à des phénomènes congesfs et que la suppuralion n'ait pas eu le temps de se produire, elle n'en à pas moins présenté une acuilé supérieure à la plus maligne des strniniles suppuralives où gangréneuses.
Le malade quittait Fhôpital à 10 heures du matin avec un goitre du volume d'une noix, el revenait Ÿ mourir à 10 heures du soir, avec une hypertrophie {hyroïdienne, du volume de
deux poings.
OBSERN\ ATION IV
Strumile suffocante postgrippale (Docteur RAOGLT) Revue Médicale de VEst, 1910, page 187
Un jeune homme de 17 ans, pensionnaire dans une école de Naney, était porteur d'un petit goître depuis lenfance, goître qui ne le faisait pas souffrir. I était venu à la consullation se plaignant d'une forte grippe, avec corvza, et d'une angine aiguë simple. Il éprouvait de la dysphagie et une certaine gêne respiratoire. L'atlention du docteur Raourr fut attirée du côté de son goître, Chaque lobe du corps thyroïde présentait le volume d'une grosse noix, et la pyramide de LALLOUETTE élail très marquée. Il prescrivit le repos à linfirmerie, des compresses chaudes sur le cou et des pulvérisations chaudes dans la gorge, ainsi que des aspirations par le nez de pommades camphrées.
Il revit le malade au bout de quelques jours avec le docteur Bixer, il avait de Ta bronchite, Le corps thyroïde avait un peu augmenté de volume, mais la dyspnée semblait surtout due à la bronchite.
La nuit suivante, le docteur Raoucr fut appelé en toute hâte près du malade qui asphyxiait. IT le (trouva absolument suffocant, la face cyanosée, le cou turgescent. I ne pouvait quitter le malade, auquel il fit des piqûres d'éther. En raison de
l'extrême urgence, il manda le docteur VAUTRIN, le priant de venir pour une intervention urgente.
Le docteur Vauris, en arrivant, incisa de suite les téguments et les tissus sous-jacents, libéra avec le doigt les lobes du corps thyroïde, en les attirant en avant, de façon à décomprimer la trachée, puis le docteur Raourzr fit pendant ce temps la respiration artificielle.
La respiration se rétablit peu à peu. L'état demi-syncopal où était le malade cessa. Le docteur Raouzr resta près du malade pendant que le docteur VaurRiN partait chercher les instruments nécessaires pour faire la thyroïdectomie. Cette dernière intervention fut faite. Le lendemain, le malade allait mieux, niais nous constalions, à l'auscultalion, un vaste foyer de broncho-pneumonie ; bientôt en effet, la dyspnée d'origine pulmonaire apparaissait et le malade mourait le lendemain de
l'opération, par suite des complications pulmonaires,