‹ Contribution à l'étude de la thyroïde grippaleChapitre 14 sur 29 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

Hémalocèle suppurée poslgrippale, trailée par Strumeclomie primilive (BÉRARD) Lyon Médical, 1909, CXIIT, page 547

Pierre G..., 52 ans, cultivateur à Savigny (Rhône), entre à l'hôpital le 9 mars 1909. Depuis plus de 0 ans, le malade élait porteur d'un goître médian, indolore, de moyen volume. Il v a six ans, le goître, jusque-là stationnaire, subit. une notable augmentation de volume, qui se produisit en quelques jours, sans s'accompagner de gène de la respiration, ni de Ia déglutiüon.

Il y a quinze jours, à la suite d’un refroidissement, le goître présente un accroissement brusque, devient volumineux, el délermine une dyspnée assez accusée,

Actuellement, on constate une tumeur thyroïdienne bilobée de la grosseur de deux poings, développée surtout aux dépens du lobe gauche et du lobe médian. La peau est un peu rouge ct chaude, sillonnée de veines dilatées. Pas de fluclualion nette. Ee larynx et la frachée sont déviés vers la droite.

Il existe de Ta dyspnée d'effort. Pas d'autres troubles de compression. Légère élévation thermique.

Opéralion le 80 mars, Par une incision basse, on aborde Ja

tumeur comme un goître, et non comme un simple abcès. Après hémostase soignée des vaisseaux superficiels, on incise les muscles sous-hyoïdiens infiltrés, et lon arrive sur la poche. Au cours des manœuvres de libération, celle-ci se rompt. Il s’en échappe plus d'un ditre d'un liquide blanc-jaunâtre, analogue à du niastie délayé, auquel se trouvent mélangés des caillots d'hématocèles intrakystiques et des paillettes de cholestérine. — La paroi de la poche est épaisse, indurée, crétacée par places ; on en pratique la décortication assez facilement malgré son élendue et son siège en grande partie retrosternal. On fait une hémostase complète de la cavité, eL on termine par une suture intradermique, interrompue en son milieu par un drainage à la gaze.

Sur un frottis de la paroi de la poche, on trouve de nombreux diplocoques, qui prennent le Gram et les couleurs basiques.

Pas de streplocoques, et pas de bacilles de Koch.

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