‹ Contribution à l'étude de la thyroïde grippaleChapitre 23 sur 29 · LAS · texte numérisé non relu

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I. —— Dans le cas de congestion simple de la glande thyroïde, macroscopiquement nous trouvons Ja glande considérablement augmentée de volume. Dans certains cas, la glande est augmentée en masse ; dans d’autres au contraire, un Jobe seulement s'enflanme, ou listhme, ou même les deux lobes et la pyramide de LALLOUETTE, comme dans l'observation IV.

Les prolongements de la glande peuvent aussi se tuméfier : dans une observation du docteur LEPETir, Centre Médical, 1908, le lobe latéral gauche du cou avait une erosse tuméfaction, oblique en haut et en arrière, partant de la fourchette sternale et allant jusqu'à Fapophyse mastoïde, en s'engageant en arrière profondément sous le sterno-cleido-mastoïdien. Dans d'autres cas, c’est un prolongement retro-sternal, qui augmente brusquement de volume, donnant des accidents de compression suraiguë (observations TT et IV), et pouvant englober la trachée, le récurrent et tous les organes du médiastin antérosupérieur.

La coloration, au lieu de la couleur chamois habituelle au tissu thvyroïdien, est violacée-foncée. La surface est sillonnée de grosses veines, qui v rampent, distendues, laissant à la coupe s'échapper du sang noirâtre, et enserrant d'un lacis épais le tissu glandulaire.

Les lobes ont une consistance particulière, rénittente, qu'on peut comparer à des « pruneaux cuits » (Bérarp).

La coupe laisse s'échapper du sang noir en grande abondance. La surface de section du parenchyme est plus rouge que normalement, Çà et 1 avec des zones violacées, des Taches Tivides où jaunâtres, correspondant à de petits infarctus,

Dans les infections à streplocoques, il peut exister un

ot

piqueté hémorragique, et même de véritables hémorragies interstitielles, C'est le cas des suppuralions d'héma-

tomes (observations VIT et VIP.

I. — La thyroïde peut êlre suppurée ; dans ce cas, le volume de la glande peut encore augmenter ; sa consislance est rénittente, avec une sensation de fluctuation d'ailleurs assez peu nelle. Coloralion violacée, En général, la capsule épaissie est fortement adhérente aux organes voisins, Ce qui, au point de vue opératoire, rend pénible la thyroïdectomie partielle du lobe atteint. — Dans l'observation VE, le lobe droit est adhérent aux vaisseaux et au nerf récurrent. En 1896, Lerars et LEROY ont signalé un cas de goitre suppuré, avant provoqué une ulcération de là carotide primitive et de Ja jugulaire interne droite.

A Ja coupe, plusieurs cas peuvent se présenter. La glande tout entière, Jlobes et isthme, peuvent êre le siège d'une suppuration diffuse (observation V) ; on voit dans ce cas, une cavité fortement cloisonnée par des brides libreuses el, à côté, des petites poches secondaires.

Dans d'autres cas (observation VD, on trouve simplement un pelit abeès à l'intérieur du lobe droit, qui aurait donné lieu à une fistule persistante sans une Cpération convenable ; à côté de ces petits abcès nodulaires, de la grosseur d'une tête d'épingle, une grande partie de Ja glande est, en général, de teinte plus pale, jaunâtre, qui montre que déjà il se produit en ce point des lésions

nettes de dégénérescence,

LIT, — La suppuralion massive de toute la glande peut donner lieu à une thvroïdite nécrotique, où, à Fincision,

l'exploralion avec le doigt fait reconnaître la destruction

complète de la glande, On observe rarement ce cas extrême

de suppuration.

IV. = Nous ne dirons qu'un mot des hématocèles suppurées de la glande thyroïde (observations VIF et NVHD parfaitement étudiées par GanRier en 1909 (thèse de Paris), où la glande thyroïde, avant l'infection, est déjà touchée, et où il existe déjà des lésions sérieuses qui, sous l'influence de la grippe, prennent les mêmes formes que les thyroïdites.

Nous ne nous attarderons pas non plus sur les strumites grippales, au point de vue anatomo-pathologique, qui ont en somme la même évolution, à part l'existence d'un

goitre antérieur.

V. — Le pus de ces abcès thvyroïdiens d’origine grippale est variable suivant la nalure des microbes. Dans un cas Où le pneumocoque à été trouvé, le pus était épais et verdâtre, bien colleté, mais difficile à aspirer, parce que compact. Dans d’autres cas, le pus était de couleur chocolat, mélangé à des globules sanguins, et fétide, suivant les associations microbiennes si souvent trouvées

dans les thvyroïdites grippales.

— Au point de vue microscopique, en général, Rocen CE GARNIER, en 1899, ont montré que toutes les infections, pour ainsi dire, réagissaient sur le corps thyroïde : infeclions chroniques, tuberculose, sYphilis, et infections aiguës : {vphoïde, scarlatine, oreillons, etc... En 1906, VINCENT à noté aussi certaines lésions thyroïdiennes consécutives à des infections.

Au point de vue général, la grippe agit comme toutes

AU ne

les autres infections, et on peut dire que les altérations de la glande suivent un cyele bien déterminé. D'après Rocer et GARNER, expérimentalement, des cultures atténuées de différents agents pathogènes donneraient plutôt lieu à des processus interstitiels, et des cultures virulentes donneraient plutôt des Iésions parenchymateuses.

Les allérations anatomopathologiques marchent de pair avec Îes réactions humorales.

Tout d'abord, comme première altération, on constate une phase d'hypersécrétion de la glande, d’hyperthyrotïdisation ; puis une période intermédiaire de dysthyroïdisation, enfin une période terminale d'athyroïdisation.

En somnie, après une excitation de la glande thyroïde par le processus infectieux, nous assistons ensuite à une destruction systématique des éléments sécrétants, qui aboutit à l'absence de sécrétion thyroïdienne.

En réalité, d'ailleurs, il n'existe pas une succession aussi nette de périodes, el on trouve d'habitude ces diffé-

rentes phases chez le même sujet et à Ta même époque.

FE — A la période d'hyperthvroïdisation, deux sortes de Jésions sont visibles : Les Tésions parenchymateuses sont peu accentuées ; les vésicules sont comprimées entre les travées élargies, vides de leur contenu colloïde, mais les cellules à ce stade sont encore intactes, peut-être un peu gonflées, avec un gros noyau. — Les lésions interstitielles sont les plus sérieuses, et concernent surtout Ta répartition de Ja substance coloïde dans Ta glande. En effet, cette substance colloïde devient atypique, elle ne se colore plus bien, el se présente sous un aspect plutôt granuleux. Les travées inter et intralobulaires sont consi-

dérablement élargies par la présence dans leur intérieur

fa Nes

d'énormes espaces lymphatiques, remplis de substance colloïde. — Les capillaires et les vésicules sont gorgés par diapédèse de globules rouges et de polynucléaires ; tous ces états peuvent se rencontrer depuis la diapédèse simple

jusqu'à Fhémorragie vraie par ruplure vasculaire.

IT. — A Ja période de dysthyroïdisation, les lésions interstilielles persistent encore, Les travées conjonctives contiennent encore dans leur intérieur de la substance colloïde, mais plus alypique encore qu'au premier stade.

L'épithelium commence alors à se modifier. Les cellules, dont le protoplasme devient vasculaire, dont le noyau commence à subir un commencement de chromatolyse, se détachent, et tombent dans la substance colloïde

de plus en plus atypique.

HT. — À Ja période d'athyroïdisation, la substance colloïde fait complètement défaut dans les vésicules et dans les Ivmphatiques, et Pépithelium est presque complètement disparu. y a de la nécrose et une disparition complète du protoplasme cellulaire, avec pyenose des noyaux.

Les capillaires et les vésicules sont toujours gorgés de globules rouges et de polynucléaires, — Les processus de

sclérose dominent.

IV. — Quand les leucocytes extravasés s'accumulent, et que Teurs noyaux se fragmentent, nous sommes à la période dé suppuration, si fréquente dans les'infections thyroïdiennes postgrippales. On trouve à la coupe d'abord | une capsule lapissée de veines Thrombosées, épaisse, puis une zone de Lissu thyroïdien altéré : la « zone pulri-

lagineuse » de Béranb, et enfin le pus.

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Les vaisseaux de la capsule sont atteints d'endartérite et d'endophlébite. Hs sont bourrés de globules rouges el de leucocytes en ch\romatolsse, = La zone putrilagineuse apparail sous la capsule. Là, loute Trace de tissu thyroï dien à disparu, ebon ne trouve que des amas de lenucoeytes et de globules de pus, qui sont les seuls éléments encore colorables, Quant'aux cellules elles-mêmes, elles sont abso- Jument méconnaissables et nécrosées, —— Le tissu intersliliel, encore visible, est fait de larges bandes conjonc-

lives.

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