CONDITIONS D'ORDRE LOCAL
L'état antérieur de la glande thyroïde chez le sujet. NH est bien évident que chez un individu à glande déjà altérée, le parenchyme olandulaire résistera moins bien que chez un sujef à thyroïde saine. Les statistiques d'ail
leurs le prouvent.
En général, l'inflammation s’établissant sur un parenchyme sain, se termine par la résolution ; sur une glande allérée au contraire, la suppuration s'établit presque tour jours. La strumite infectieuse est donc beaucoup plus grave que la thyroïdite infectieuse.
— Le germe microbien en cause est pour beaucoup dans le pronostic de Faffection. Dans la grippe, l'agent pathogène est inconnu, mais on trouve en général, dans les complications suppurées posterippales, une association de saprophytes banaux; on peut y trouver aussi Îles microbes isolés.
Les suppurations à pneumocoques sont en général à évolution lente, forment une collection lente à se diffuser, presque toujours limitée.
Les suppurations à staphylocoques et à streptocoques sont au contraire moins bénignes que les précédentes, el ce sont ces microbes qui peuvent donner les thyroïdites disséquantes, heureusement rares, à grands délabrements, et touchant rapidement l'état général.
— La silualion de l'inflanimation, enfin, compte pour une bonne part dans le pronostic. En effet, les compressions de voisinage, de Ta trachée surtout, amènent des phénomènes. brusques de suffocalion, avec dyspnée iitense, souvent dans les premiers moments de l'infection, en même femps qu'apparait le gonflement, C'est le cas de deux de nos observalions, où la trachéotomie seule a pu être pratiquée d'urgence. Fe
La compression de la trachée peut se faire suivant différentes directions : aplalissement unilatéral, quand un lobe seul de la glande Shypertrophie ; aplatissement bilatéral
dans le sens transversal, compression frontale quand Je
be
voitre est plongeant el rétrosternal, enfin compression annulaire, quand la glande enserre à trachée,
— En résumé, dans les cas de gonflement sans suppuration, à part quelques cas d'asphyxie suraiguë rare, Ta résolution se fait quelque temps après, en même temps que s'atténuent les symptômes dus aux troubles de sécrélion de la glande.
Le pronostic est done favorable,
Dans les cas de suppuralion, foules les causes que nous avons étudiées interviennent pour le pronostic, qui est en généra] favorable aussi, surtout actuellement où les interventions précoces sont pratiquées. On ne voit pour ainsi dire plus de suppurations, relativement bénignes, produire une pyohémie fatale, avec dégénérescence amyloïde des organes.
D'après des statistiques de 1910, on citait, dans les cas de strumiles suppurées,,29 p. 100, soit un quart environ, de mortalité. Cette moyenne s'est certainement considérablement améliorée par les interventions précoces.
Nous n'avons parlé que du pronostic immédiat, en somime plutôt bénin. Le pronostic ultérieur peut être réservé par l'apparition d'une maladie de Basepow où
d'un mixœæœdème consécutifs.
Diagnostie
Il nous faut étudier tout d'abord le diagnostie d'organe, puis le diagnostie de thyroïdite, et enfin le diagnostic étiologique, Nous ne nous élendrons pas sur ce chapitre,
que l'on trouve dans les ouvrages de chirurgie.
spores
__ Au début, avant le gonflement local, ce sont les troubles de compression qui dominent, et les symptômes œénéraux. Le malade se plaint de dysphagie, de dyspnée, de fièvre, d'aggravalion de son élat général.
Il faut, à ce moment, penser à loules les affections pouvant donner de la compression : œdènie laryngé ? angine ? L'examen de la gorge ne décèle rien d'ancrmal, ni points blancs, ni fausses membranes,
Recherchons la localisation exacte de la douleur. Nous nous rendons compte qu'elle siège en avant de la trachée, el qu'elle est sous-hyoïdienne.
Est-ce une adénite aiguë, consécutive à une inflammalion quelconque du voisinage ?
Est-ce un phlegmon de Ia chaîne carotidienne, si la douleur siège sur la face lalérale du cou, sous le sternocleido-mastoïdien ?
Est-ce un phlegmon diffus du cou, où un résidu branchial qui suppure ?
Toutes ces hypothèses doivent être discutées et, à notre avis, à ce premier stade de dysphagie et de dyspnée, le diagnostic est excessivement difficile à élucider.
= Mais au bout de peu de temps, le gonflement apparail bien net dans la région thyroïdienne, avec tous les signes cliniques classiques : mobilisation difficile dans le sens transversal, mouvements exactement solidaires de ceux du larynx. Ajoulons à cela quelques symptômes de lroubles de sécrétion de la glande, et nous pourrons dire que nous sommes en présence d'une affection de la glande thyroïde.
est bien évident que si, par l'interrogatoire et Fexa-
men du malade, nous avons reconnu l'existence d’un
PSY |.
goitre antérieur, nous songerons bien plus facilement à une inflammalion greffée sur le goîitre.
CIPNTTT: Te à A quelle affection de la glande faut-il penser ? Affection chronique ? le début brutal, avec symptômes œénéraux, nous permet de l'écarter.
Le]
Tuberculose {hyroïdienne ? Rarement primitive. En général, c'est une localisation secondaire du bacille.
Syphilis thyroïdienne ? Actinomycose ? Kyste hydalique ? Toutes ces affections sont excessivement rares, el peuvent d'ailleurs être vérifiées par les réactions de laboratoire.
— Il nous faut penser au goître aigu, affection qui évolue sans fièvre et sans suppuralion ; au goître hémorragique, qui à un début brusque et peut déterminer des phénomènes de dyspnée intense, mais l'état général est encore bon, et il n'v a aucun signe d'infection concomittante.
— La thyroïdite ligneuse, décrite par DELORE et ArA- MARTINE, est une affection purement inflammatoire, à développement rapide, d'une tuméfaction thyroïdienne diffuse extrêmement dure, diagnostic d'ailleurs très difficile.
— L'épithelioma de Ja thyroïde est une affection de la thyroïde, qui peut parfois avoir un début brusque, et les allures d'une thyroïdite infectieuse, Dans les deux cas, il existe des adhérences à la peau, mais dans le cas de néoplasme, il existe en plus de très fortes adhérences à la profondeur. Ce diagnostic, d'ailleurs, ne peut être tranché que difficilement, surtout par l'absence de maladie antérieure et par la ponction, qui révèle l'existence de
pus.