‹ Contribution à l'étude de la thyroïde grippaleChapitre 27 sur 29 · MT · texte numérisé non relu

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Toutes ces hypothèses écartées, nous sommes bien en présence d'une thyroïdite.

Quelle en est Fétiologie ? L'interrogaloire du malade nous renseigne sur une atteinte très nette de grippe, huit à quinze jours environ, avant le début de linflammation thyroïdienne, avec calarrhe des voies respiratoires, céphalées, etc... |

I est évident que, bactériologiquement, if nous est impossible de confirmer ce diagnostic, mais 11 V à une succession trop manifeste entre latteinte de grippe et la poussée de thyroïdite, pour que nous ne puissions pas V voir une relation de cause à effet, el que nous puissions

dire qu'il s'agit bien d'une thyroïdite postgrippale.

La thyroïdite est-elle suppurée ?

L'état général, les frissons, la fièvre à grandes oscillations doivent nous faire soupçonner la suppuration.

La palpalion ne donne pas toujours la sensation de Not, malgré la présence du pus, si l'abcès n'est pas souscapsulaire, el se trouve en plein Hissu glandulaire.

Dès que l'état général devient inquiétant, dès que les phénomènes de compression deviennent intenses, il faut aussitôt faire une ponction exploratrice qui, tout en aidant

au diagnostic, sera un premier traitement.

» CHAPTFRE VI

Traitement

Comme nous l'avons vu dans nos chapitres précédents, la thyroïdite grippale peut prendre plusieurs formes, depuis la congestion simple sans grands symptômes, jusqu'à la congestion aiguë brasque, donnant des accidents d'asphyxie rapide, et la suppuration. Encore, dans ce dernier cas, peut-on séparer la suppuration d'un petit abcès superficiel de celle d'un lobe entier ou de la glande entière, jusqu'à la thyroïdite nécrotique et disséquante.

Le traitement varie avec ces différents cas.

A) Le premier stade de congestion aiguë simple intéresse surtout Le médecin. La thérapeutique générale par les antithermiques, antipyrine, quinine, et les toniques, doit être employée. Les soins Jocaux consistent en compresses chaudes sur le devant du cou, qu'on renouvelle fréquemment, ou en ponimades résolutives à lFonguent napolitain belladoné, par exemple, On ajoute à ce traitement l'antiseplie des voies respiraloires supérieures : aspiration par le nez de ponmades camphrées el mentholées, pulvérisations dans Ja gorge. — Enfin, lFhémato-ethyroïdine peut amender les symptômes dus à des troubles

de sécrétion glandulaire.

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B) Dans le cas de congestion suraiguë suffocante, la première et immédiate opération est de libérer la trachée et de rétablir le passage de l'air. On y arrive soit par-la trachéotomie, soit par l’exothyropéxie.

Nous ne parlerons pas des nombreux inconvénients de la trachéotomie et de ses complications bronchopulmonaires, Imais l'état d'asphyxie est tel qu'il ne faut pas hésiter à inciser la trachée (observation HF).

On peut aussi (observation IV) inciser largement les téguments et les tissus sous-jacents, et libérer avec le doigt les lobes thyroïdiens en les attirant en avant, de facon à décomprimer la trachée, en extériorisant pour ainsi dire la glande.

Ces moyens radicaux d'urgence seront ensuite suivis d'une intervention secondaire, en général thyroïdectomie.

C) Dans le cas de thyroïdite suppurée à petit abcès limilé, nous praliquerons soit la ponction, soit l’incision. La ponction par un trocart assez gros est un moyen pralique, mais presque toujours insuffisant. Nous le considérons plutôt comme un moyen de diagnostic, provoquant en même temps une légère décompression.

L'incision simple est, à notre avis, un très bon moyen.

Cetle intervention doit se faire au point fluctuant, soit, obliquement, soit parallèlement au bord du sterno-cleidomastoïdien. On traverse alors la peau, les aponévroses cervicales superlicielle el moyenne réunies, et la capsule thyroïdienne. Cette incision laisse s'écouler-du pus. On peut alors explorer avec le doigt pour vérifier si l’on se trouve en présence d'une seule poche ou de plusieurs abcès,

D) Si l’on trouve une grande cavité, cloisonnée par des brides fibreuses en petites poches secondaires, on peut, pour se donner du jour, faire une incision en cravale, non pas verticale, mais horizontale, sectionnant les muscles sous-hyoïdiens et même le sterno-cleido-mastoïdien.

Dans les deux cas G et D, on lave la cavité soit avec de l’eau oxygénée, soit avec de l’eau iodée, et on laisse ou une petite mèche où un drain, qu'on raccourcit au fur et à mesure de la cicatrisation. Il se produit parfois une petite fistule, qui tarit en général spontanément au bout d'une quinzaine de jours.

Parfois cependant, comme dans l'observation VI, il persiste, deux mois après l'incision de la collection, une nouvelle suppuration, qui a exigé une seconde incision, suivie de fistule persistante ayant imposé une thyroïdectomie partielle. Ceci montre que les abcès glandulaires ont en général tendance à récidive, quand on se borne à une incision simple.

Ce moyen est cependant en général suffisant, et il est inutile de faire courir au malade les risques toujours

grands d'une thyroïdectomie.

E) Dans le cas de strumites suppurées, de thyroïdites nécrosantes, d'hématocèles antérieurs, la thyroïdectomie est Ja seule intervention possible, thyroïdectomie partielle, en ayant soin de respecter les glandes parathyroïdes, qui sont à la face postérieure et inférieure de la glande principale. On doit, dans ce cas, aborder la tumeur comme un goître et non comme un simple abcès.

Nous ne reviendrons pas sur Ja technique de Ja thyroïdectomie partielle, nous rappellerons seulement l'énorme

avantage de l'intervention intracapsulaire, qui évite des

Or

hémorragies graves et les lésions possibles du récurrent.

La ligature doit être faite sur le tronc même de la thyroïdienne inférieure, et non pas sur ses branches, en ménageant le récurrent, qui à des rapports étroits mais variables avec cette artère, et qui passe généralement à

droite en avant de l'artère, et à gauche en arrière,

Il existe enfin un traitement dont nous parlerons quoique n'ayant pas pu en faire personnellement l'expérience, c'est Je traitement par les vaccins : vaccin antistreptococcique, vaccin antistaphylococcique, en particulier le vaccin du Professeur Der8er. En effet, l'infection thyroïdienne que nous avons étudiée provoque une suppuraltion à microbes des voies respiraloires supérieures associés, streptocoques, staphylocoques, ele., et l'emploi de ce vaccin nous paraît indiqué dans ce cas.

IL est probable qu'une première injection de { centimètres cubes ne suffirait pas, mais qu'à la suite d’une seconde où d'une troisième injection, les phénomènes inflammatoires subiraient une régression, sans intervention chirurgicale.

— Mentionnons aussi le traitement par les autovaccins,

qui donneraient probablement de très bons résultats.

F) Dans le cas où la suppuration s'étend en dehors de la capsule, nous sonimes alors en présence de cas graves, elces fusées purulentes à distance ne peuvent être abordées que par des opérations compliquées, trépanation du sternum par exemple, dans le cas de pus fusant dans

l'espace rélrosternal.

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