INTRODUCTION
Depuis un certain nombre d'années, la grippe, maladie encore méconnue, à fait des ravages considérables. Après l'épidémie de 1889-1890, elle resta en Evrope à l'état endémique, et de 1915 à 1918, une nouvelle recrudescence vint s'affirmer, et permit d'étudier plus complètement les formes cliniques variées sous lesquelles elle apparaît, el ses innombrables complications.
Celle dernière question seule nous intéresse.
A côté des complications respiratoires, circulaloires, nerveuses, rénales, etc., il en est une particulièrement rare, el dont un très petit nombre d'observations ont été publiées. C'est l'inflamimation aiguë de la glande thyroïde, la thyroïdite, consécutive à la grippe.
Dès 1Sgo, des travaux intéressants avaient été publiés sur les complications suppuralives de Ta grippe (JARRE, Paris, 1890. DE SosraLor, dans la France Médicale, fait, en 1890, une communication sur « la grippe compliquée de parolidite suppurée ».
Mais la thyroïde est très rarement atteinte, el cest le cas de deux observations, prises il v à peu de temps par notre-ani le Docteur Hamanr, dans le service de M. le Professeur Weiss, qui nous ont donné l'idée de regrouper dans ce modeste travail quelques observations de [hyroïdites aiguës postgrippales. Nous signalerons les points intéressants, que nous aurons trouvés, dans ces observations,
el nous laisserons délibérément de côté toutes les Thvroï-
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dites, consécutives à diverses infections, autres que la grippe, qui seule nous intéressera.
Tout d'abord, qu'entendons-nous par la grippe ? Nous entendrons par à une infection, à Ia fois endémique el épidémique, surlout caractérisée par le catarrhe des voies respiratoires supérieures, avec asthénie, facies spécial, « facies grippé », courbalure, céphalée, frisson, fièvre, évoluant ensuite suivant une forme variable, suivant qu'elle touche davantage tel ou tel appareil.
Une division s'impose d'ailleurs entre les thyroïdites vraies et les strumites. Dans un grand nombre de cas, les malades présentaient une altération plus ou moins visible de la glande thyroïde, antérieurement à l'infection. Nous sommes alors en présence d'une strumite., Dans d'autres, au contraire, moins nombreux comme nous Île verrons, rien à Fœil nu, ni à l'examen clinique, ne pouvait révéler d'affection antérieure de la glande. C'est alors une thyroïdite aiguë véritable.
Cette distinction faite, nous allons étudier simultanément thyroïdites el strumites grippales, en reprenant, suivant la règle classique pour l'exposé d'une question : l'historique, l'étiologie, la pathogénie, l'anatomie pathologique, les sYmplômes, le diagnostic, le pronostic et le traitement.
Nous rangerons d'ailleurs nos observations suivant une classification correspondant aux différents aspects cliniques : Thyroïdites congestives simples, Thyroïdites suppurées à suppuralion banale, aiguë ou suraiguë, et enfin thyroïdites où dominent surtout les complications : Base-
dowisme où myxœdème,