HISTORIQUE
Nous passerons rapidement en revue lhistorique des congestions simples et des suppurations de la glande thyroïde, qui furent il x à fort longtemps étudiées pour la première fois. Nous distinguerons quatre périodes : Ja période analomo-clinique, la période étiologique et la période bactériologique, et entlin la période de svntèse,
réunissant les périodes précédentes.
Dans la première période, Flanalomie de la région et les symptômes cliniques frappants furent étudiés. Les médecins de ce fémps avaient constaté que, sous des influences diverses et mal déterminées, la glande thyroïde S'enflanimait, parfois même suppurail : tumor, ealor, dolor, rubor, {els étaient alors les caractères de Finflammation.
Dès 1643, SÉVERIN, dans son traité : Da recondila abscess nalura, donne déjà de vérilables descriptions de Ta thyroïdile aiguë suppurée ; puis Jean-Louis Perrr en 1774, P. Fraxcrk, WaLrer en 1817, HUPEDEN en 194, GROTZNER en 1847, CRUVEILHER en 18/49, enfin Batener publie en 1507, dans la Gaelle hebdomadaire de Médecine el de Chirurgie, un article où il reconnait Ja nature infflamma-
Loire des thyroïdites, I constate ee qu'il à appelé Je
« goître aigu ». Vers la même époque, Leserr, en Âllemagne, publie 5o cas de thyroïdites, d'inflammations de
la thyroïde.
—— La période étiologique et bactériologique commence avec les découvertes de Pasreur. À la notion de Finflammalion, vient s'ajouter la notion de Finfection, qui éclaire d'un jour nouveau la question des maladies contagieuses, par Ja découverte des infiniments petits, des microbes.
À ce moment, Pixemæaup en 1886, Wo@ELFLER €et CHARVOT en 1891, étudient de nouveau les thyroïdites.
Dès 186, Leserr, sur ses 5o observations de (hyroïdites, trouve Q fois le refroidissement comme cause externe.
En 1862 également, MARTINACHE signale : « Un malade s'est refroidi, mais depuis quelques jours déjà, il était souffrant, et il s’est refroidi, c'est sur son lit où il s’est endormi pour se réveiller avec un frisson, une demi-heure après. » Peut-être pouvons-nous déjà voir à ce moment des thyroïdites qu'on ne savait encore attribuer à une
maladie actuellement connue, la grippe.
— La troisième période, période de synthèse, commence alors, période où toutes les infections sont rapportées à un agent pathogène spécial à chaque maladie. Dès 1890, Cuanvor étudie des complications de thyroïdites consécutives au rhumatisme, au paludisme, à la tubereulose, à la lièvre puerpérale (Lecèxe et MerzGer, Paris, 1910). Celle période se continue jusqu'à nos jours, où les observalions se multiplient. On voit des thyroïdites consé-
culives à une amygdalite, à une angine, à une infection
aiguë légère pharvngolarvngée, De nombreux cas de thyroïdites postpneumoniques sont signalés (Sasrrr, thèse de Genève, 1907) : puis des thyroïdites à bacille d'Esertrn posttvphiques ; à bacille paratvphique A (LemiIeRRE et Taserzer, Bull. Soc. Méd. hôp. Paris, 1919) ; à bacille paratyphique B (Vinar et Nosécourr), puis des thyroïdites consécutives au scorbut (BONxET, Gaz. Rôp., dée. 1420).
— L'historique des (hvroïdites grippales est bref, car très peu de cas ont été signalés jusqu'alors.
Le premier cas fut, crovons-nous, rapporté en France par le Professeur GatrmERr, lors de l'épidémie de grippe de 1SSg-1890. En 1Sgo, en Allemagne, ROSENBERG fait une communication « uber morbus BasepowT nach influenza ». A la même époque, le docteur Horrz signale un cas de thyroïdite grippale à Ja Société de Médecine de Berlin. Q
En 1Sg1, Rascor. présente une thèse à Paris sur les thyroïdes suppurées, et signale un cas de suppuration diffuse de la région thyroïdienne, consécutive à la grippe.
En 1892, Tavez en signale quatre observations.
En 1899, GairLanp dans la Sociélé de Médecine des Hôpitaux ; puis SMELTON, BROWXE et KiFFriX dans le Brilisch Médical Journal, rapportent chacun une observation de « acute bronchocele folloding influenza ».
En 1899, Rocer et GanNier, dans leur travail sur Ja glande thyroïde dans les états infectieux (Fhèse de Paris, 1899), donnent des données précises sur la question des thyroïdites dans Tes maladies infectieuses : scarlatine, rougeole, variole, diphtérie, grippe.
En 1900, le docteur Vraxxay, de Lyon, signale un cas
de thyroïdite grippale.
En 1904, ne Quervaix (Med. u. chir. Z. Jena) décrit 20 thyroïdites sans cause appréciable. En général, dit-il, c'est une légère angine où un eatarrhe des voies respiratoires supérieures qui donne lieu à une thyroïdite.
En 1906, Vixcenr fait un travail sur la fréquence du signe thyroïdien dans certaines maladies infectieuses (Bull. Soc. Méd. hôp. Paris, 1906).
En 1908, le docteur Leperrr, dans le Centre Médical, signale deux cas de thyroïdites postgrippales.
En 1909, FoxraNiER présente une thèse à Paris, où il en rapporte 11 observations, précédemment citées.
En 1914, M Knarox présente une thèse à Toulouse sur les thyroïdites et les strumites suppurées. D'après elle, les thyroïdites grippales sont peu considérables. Elle résume ainsi Je nombre de cas de thyroïdiles ob. ervées après diverses infections :
Amygdalite, 1; angine, 2; embarras gastrique, 1 ; tvphoïde, 6; grippe, +1; pneumocoque, 6; infection pucrpérale, 3 ; rougeole, 1 ; coqueluche, + ; diphtérie, 7.
Nous n'avons pas à notre connaissance de nouveaux Wavaux à ce sujet, el nous allons rapporter dans notre thèse quelques observations, récoltées dans divers ouvrages médicaux, et d'autres inédites, provenant des services de
médecine ou de chirurgie.