IL — ESSAI DIRECT DES SANGS
Quand on n’a pas à sa disposition de sérum II et HIT on peut encore arriver au même résultat, c’est-à-dire obtenir un donneur et un récepteur dont les deux sangs s’harmonisent en recherchant directement s’il y a ou non agglutination entre le sérum du récepteur et les globules des donneurs volontaires. Et même, si on veut faire une transfusion de groupe à groupe, il faut prendre un donneur dont le sérum n’agglutine pas les hématies du receveur.
En effet, nous savons que dans ce cas seulement, on n’observe aucune inter-agglutination (voir tableau).
On doit toujours pratiquer cette directe épreuve en cas d’anémie pernicieuse.
Pour cette recherche, il faut :
Deux seringues de 2 centimètres cubes, 2 aiguilles de Pravaz, des épingles flambées, 1 tube à hémolyse, quelques lames, un fil de platine légèrement recourbé en anse à son extrémité pour recueillir le sang.
Recueillir par ponction veineuse 3 à 4 centimètres cubes de sang du futur récepteur ; le mettre dans le tube à hémolyse ; laisser déposer le caillot, attendre que le sérum soit devenu clair, transparent. Aspirer le sérum dans la seconde seringue préalablement citratée après avoir dû, parfois au préalable, détacher le caillot avec une baguette de verre ; disposer sur une série de lames 2 gouttes de ce sérum puis rechercher parmi les personnes disposées à donner du sang, celles dont les globules ne seront pas agglutinés.
Prélever, en piquant le doigt du donneur, à l’aide de la lancette ou de l’aiguille flambée, 1 goutte de sang qui est trans-
portée à l’aide du fil de platine et mélangée à l’une des prises de sérum. Ce n’est que dans les cas où la préparation est restée homogène que l’on peut transfuser.
A. — Agglulinalion, B. — Pas d'agglutination (Homogénéité). On ne peut pas transfuser. On peut transfuser. Fig. 4. — Epreuve directe entre sérum du receveur et globules du donneur.
Si l’on veut que le donneur soit du même groupe, il faut éprouver de la même façon le sérum du donneur avec les globules rouges du récepteur. Naturellement, ce procédé de recherche directe est un peu plus long que le précédent puisqu’il nécessite le prélèvement de quelques centicubes de sang dont la coagulation demande un certain temps, de plus, iloblige à ponctionner la veine du récepteur ou du donneur.
Or, quelque soin qu'on prenne, il se produit souvent une petite suffusion sanguine sous-cutanée qui, si minime soit-elle, rendra plus difficile la ponction ultérieure lors de la transfusion, et le transfuseur préférera toujours trouver une veine vierge, si possible.
On peut simplifier cette technique et arriver d’une façon quasi instantanée sans ponction veineuse, à choisir un donneur con-
venable de la façon suivante : il faut avoir à sa disposition plusieurs verres de montre stérilisés par la chaleur sèche. Dans l’un, mettre 2 à 3 gouttes d’une solution de citrate de soude à 2 p. 100, dans l’autre 2 à 3 gouttes d’eau distillée. Dans chacun de ces verres de montre faire tomber 2 ou 3 gouttes du sang du futur récepteur prélevé par piqûre au bout du doigt. Le premier verre donnera une suspension de globules rouges, dans le second le sang se laquera et nous aurons ainsi obtenu du sérum du receveur, dilué, c’est entendu, mais nous savons que les sérums agglutinants conservent leur action même à une dilution de 1/5° à 1/8° qui est Le cas, du reste, pour la transfusion. (C’est d’ailleurs ce qui a permis à Mrs Ashby de la Clinique des Frères Mayo d'étudier la vie des globules rouges transfusés quand ils étaient d’un groupe différent de celui du récepteur). Procéder de même pour le donneur dans d’autres verres de montre : mélanger alors sur une lame 1 goutte du sérum du receveur et 1 goutte de la suspension des globules du futur donneur en changeant chaque fois de tube capillaire, naturellement. A l’aide du fil de platine, opérer un mélange intime. Examiner alors au microscope entre lame et lamelle, ou mieux en goutte suspendue. L’agglutination se manifeste en un quart d'heure à vingt minutes. On peut donner quelques petits chocs à la platine du microscope pour accélérer l’agglutimation.
Faire la même épreuve entre le sérum du donneur et les globules du receveur. Si dans les 2 cas il n’y a pas agglutination, donneur et récepteur sont du même groupe. C’est ce qu'il y a de mieux.