‹ Contribution À L'Étude De La Transfusion Du SangChapitre 21 sur 24 · LE ANNE PACE E LA ' | HU AS · texte numérisé non relu

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dans une chambre, à côté du futur récepteur, si possible, le membre supérieur qu’on va piquer horizontal et l'avant-bras en hyperextension. Le bras entouré d'un sphygmomanomètre où on maintient la pression aux environs de la tension minima, la plus favorable au débit régulier du sang. Un aide tient l’ampoule toute prête, horizontale, contenant sa petite couche de mélange anti-coagulant.

L’embout rodé est relié au ballon d'oxygène par l’intermédiaire de la soufflerie à poire comme l'indique la figure. Il ne reste plus qu’à piquer la veine choisie avec l’aiguille spéciale et à introduire la partie coudée dans le col de l’ampoule. Grâce à cette coudure le sang s'écoule directement de l'aiguille dans l'ampoule et sans aucune perte.

Mais quelle veine allons-nous piquer ?

La question est d'importance.

Si le sujet a une forte tension, surtout si c’est un jeune homme fort et qu’on ne doit prendre qu’une petite quantité de sang, 200 grammes par exemple, on peut se contenter de piquer la médiane basilique ou céphalique dans le sens du courant veineux, comme pour une prise de sang ordinaire.

Mais si on a affaire à un sujet dont la tension est faible, ou à une femme et qu’on doit faire une transfusion copieuse, il vaut mieux piquer la veine à contre-courant, c'est-à-dire pointe de’ l'aiguille vers la main. Le sang s’écoule alors beaucoup plus facilement et plus rapidement. Aussi toutes les fois qu'on le peut conseillons-nous d’adopter cette seconde manière de faire.

Il peut sembler difficile à première vue d'entrer facilement dans une veine avec une aiguille d’un si fort calibre. En réalité rien n’est plus simple, pourvu que l’aiguille pique bien.

Le gros calibre de l'aiguille aplatit la veine au lieu de la faire fuir et empèche qu’on la rate.

Nous avons fait plus de 300 prises de sang avec cette aiguille, chez des sujets pris au hasard, chez des femmes en particulier, et pas une seule fois nous n’avons été obligé de dénuder la veine.

Une fois l’aiguille en bonne place, inutile d’y toucher, elle tient d'elle-même toujours grâce à son calibre car au niveau de la ponction la peau l’enserre fortement.

Si le débit se ralentit c'est que la paroi supérieure de la veine vient porter sur la lumière de l'aiguille ; il suffit de soulever un peu celle-ci pour y obvier. L'expression légère de l’avant-bras augmente aussi le courant. Mieux vaut recourir à cette façon de faire que de demander au sujet d'ouvrir et de fermer alternativement sa main, mouvement qui risquerait de déplacer l’aiguille.

Dès que la ponction est pratiquée, l’aide presse la poire de la soufflerie et envoie de l’ampoule un courant d'oxygène de telle sorte que dès leur sortie les globules rouges passent dans une atmosphère d'oxygène. Le sang veineux devient rutilant, il subit la même modification que celle qui se passe au niveau des alvéoles pulmonaires, il acquiert de ce fait les propriétés du sang artériel, en un mot il s’artérialise.

Aussitôt recuilli de l’ampoule il est isolé du contact de l'air par la mince couche du mélange anti-coagulant qui surnage.

Quand la quantité de sang recueillie est suffisante, on débloque le brassard, on retire l’aiguille, et la piqûre étant recouverte de gaze, l’avant-bras est ramené en hyperflexion.

Troisième temps. — Injection du sang au receveur. On adapte alors au col de l’ampoule le bouchon muni de son tube coudé auquel fait suite la soufflerie à poire. Point n’est besoin d’oxygène cette fois. Le sang est complètement isolé dans son réceptacle paraffiné.

On se transporte rapidement auprès du receveur. Le mandrin du trocart piqué préalablement dans le premier temps est retiré, le sang s'écoule. On redresse alors l’ampoule. D'horizontale qu'elle était elle devient verticale. Le sang s'écoule par embout rodé qu’on adapte aussitôt au tube du petit trocart inséré dans la veine. On donne alors un coup de poire. On attend quelques instants et on continue l’injection, qu’on peut interrompre à tout moment en oblitérant le caoutchouc.

Quand tout le sang est passé et qu’il ne reste plus que la couche isolante, on enlève le bouchon de l’ampoule, l'injection s'arrête d'elle-même. Il ne reste plus alors qu’à retirer le tro-

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Fig. 40. — Troisième lemps : Injection au receveur.

cart et à recouvrir la petite plaie d'une compresse de gaze ou d’un peu de collodion. À la fin de l'opération il ne reste sur les parois de l’'ampoule aucune lrace de sang. I semble que celui-ci n’ait fait que glisser du donneur au récepteur.

Comme on peut se rendre compte, ce procédé réalise la transfusion d'un sang non seulement physiologiquement pur, mais aussi d'un sang se rapprochant le plus possible du liquide qui coule dans nos artères. L'action de l'oxygène fixé par les hématies s’ajoutera à celui des nombreux produits biologiques du plasma qu'aucun agent chimique quelconque n'aura altéré. La masse sanguine prélevée traverse un matériel étranger minimum, paraîfiné intégralement d’une façon permanente et qui est capital.

Dans le réceptacle paraffiné la coagulation, phénomène biologique, n’est pas empêchée mais simplement retardée suffisamment longtemps pour que nous puissions facilement en effectuer la transplantation du sang. Celui-ci y retrouve momentanément les conditions dans lesquelles il se trouve au contact de l’endothélium vasculaire, il est toujours vivant.

Pas de robinet, ni de cannelures aveugles où le sang peut stagner et coaguler. Aucun tube caoutchouté si néfaste.

Ce système fonctionne sans piston {ce qui en permet le paraffinage intégral), l'injection en est rendue moins brutale (plus souple). On évite aussi qu'à chaque coup de piston quelques globules soient mécaniquement écrasés et que leurs débris cellulaires soient ensuite relancés dans la circulation du receveur (cause de réaction).

Enfin notre procédé a le grand avantage d’être indirect et de ne pas nécessiter l’inter-communication du donneur et du receveur. En dernier lieu il se résout à une double ponction veineuse ; et permet de faire la large comme la petite transfusion.

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