‹ Contribution À L'Étude De La Transfusion Du SangChapitre 9 sur 24 · È 1 Î LE PR EN 4 I F · texte numérisé non relu

È 1 Î LE PR EN 4 I F

37 SÉReRS: EE DS RD Fig. 2.

A. — Première transfusion (250 ce. sang pur). — B. — Déuxième transfusion (150 cc. sang vacciné).

Le soir de la quatrième injection on soustrait au donneur vacciné 100 grammes de sang pur qui sont immédiatement transfusés au malade. Celui-ci supporte l'injection sans aucune réaction, et en deux jours la température tombe à 37° (voir la courbe de température fig. 2). L'état général s'améliore. Le malade sort de sa torpeur et s'intéresse à ce qui se passe autour de lui. Localement au niveau du psoas l'écoulement purulent se modifie, le pus devient plus clair, moins abondant. Au bras, l'amélioration est encore plus manifeste. La rougeur et le gonflement s’atténuent, la douleur régresse à tel point que les mouvements redeviennent possibles. Bref nous nous trouvons en présence d’un malade totalement transformé et les plus grands espoirs de guérison semblent permis.

L'amélioration subsiste une dizaine de jours, et nous aurions voulu continuer un traitement qui semblait donner de si bons résultats, en faisant une nouvelle transfusion de sang vacciné. Malheureusement, devant la mauyaise volonté du donneur qui pour des motifs d'intérêt, ne semblait pas désirer ardemment la guérison du malade, il nous fut impossible de continuer l’expérience.

Livré à ses propres forces de résistance qui s'étaient déjà montrées insusuffisantes, abandonné à lui-même, le malade recommence à décliner, sa fièvre se rallume, elle devient hectique et il meurt deux mois après.

Nous regreltons vivement de n’avoir pu continuer ce traitement, qui dès le début de son application s'était montré d'une efficacité certaine.

Hooker rapporte 5 cas d'infections qui furent suivies de 5 succès après la transfusion du sang. Ilemploya du sang d’un donneur immunisé, mais son opinion est que même le sang normal est d'une grande valeur dans la septicémie, en diminuant l'anémie et en augmentant la résistance générale de l'organisme,

Il recommande, si le patient est sanguin et si la proportion de microbes circulant est considérable, de le saigner préalablement avant de le transfuser. Il faut aussi citer un cas remarquable de septicémie à staphylocoques, rapporté par Little qui déclare que la guérison de son malade est due, sans aucun doute, à la transfusion du sang.

On lui fit quatre transfusions avec le sang de différents donneurs auxquels on avait fait quatre jours auparavant, une injection d’un auto-vaccin préparé avec le microbe infectant.

Ottenberg et Libmann ont rapporté 10 cas d'infections traités par la transfusion du sang. Tous ces patients étaient extrêmement malades et 6 moururent. Ils croient fermement que les 4'qui survécurent durent probablement leur vie à la transfusion, mais naturellement, la preuve scientifique est difficile à établir.

La transfusion à été aussi essayée en Amérique dans les cas graves de pneumonie. Le nombre des cas traités n’est pas assez considérable pour qu'on puisse en tirer des conclusions définitives ; néanmoins dès à présent les résultats sont encourageants.

La transfusion à été aussi essayée dans d’autres infections microbiennes avec des résultats variables.

Mac Clure à injecté du sang immunisé à des typhiques avec des résultats remarquables. Ottenberg et Libmann ont transfusé 5 typhiques dont l’état était désespéré. Deux d’entre eux guérirent. La transfusion a aussi été employée dans les hémorra-

gies intestinales au cours de la typhoïde, mais dans ces cas, le but était de lutter contre l’état d’anémie aiguë.

Des injections sous-cutanées de sang ont été employées avec succès par Terrien dans un cas de rougeole maligne. Le donpeur avait eu la rougeole six mois auparavant. Les injections sous-cutanées de sang de convalescent de fièvres éruptives sont presque déjà passées dans la pratique courante (Debré et Paraf).

Il n’est pas jusqu'à la tuberculose qu’on ne puisse espérer guérir un jour par les transfusions répétées, qui, tout en remontant peu à peu l’état des humeurs, rendent peu à peu le milieu moins propice au développement du bacille.

Il est évident que le traitement par le sang immunisé est encore à son stade d’expérimentation. Les résultats encourageants déjà enregistrés méritent que son étude soit poursuivie autant qu'on le peut.

Nous voulons insister sur plusieurs points que nous devons à notre expérience. ,

1° Sur la nécessité de répéter les transfusions au cours des infections graves. Nous conseillons l'emploi de doses moyennes, 200 à 250 grammes à répéter tous les trois jours (ne pas se servir du même donneur plus de 2 fois). Des examens de sang pratiqués avant et après chaque transfusion, nous ont montré chaque fois une augmentation du nombre des leucocytes, un relèvement de la tension artérielle. On note aussi un accroissement du chiffre de l’hémoglobine et de celui des globules rouges, mais qui n'est que temporaire. L'étude du pouls est très intéressante, son amélioration est un bon signe, que la température soit tombée ou non.

2 Sur l’avantage de n’employer, dans ces cas, plus que dans tous les autres, que du sang strictement, physiologiquement pur (tout produit chimique quel qu’il soit, altère plus ou moins les propriétés biologiques du plasma).

3° Sur le bon effet d’une saignée préalable.

4° Intoxications chroniques. — Les intoxications de toute nature ont été soumises à l'épreuve de la transfusion.

Eccampsie. — Le traitement de l’éclampsie, par la transfusion du sang fut employée, pour la première fois, par Kimpton qui obtint de bons résultats. Des recherches expérimentales et cliniques démontrèrent que, au cours de l’éclampsie, le sérum de la malade manquait de certains anticorps qui se trouvent habituellement dans le sérum des individus normaux. C'est dans ce but qu'un autre auteur, Blair Bell, utilisa la transfusion chez les éclamptiques pour fournir à leur sang les produits qui leur faisaient défaut.

La malade qu'il traita ainsi était dans le coma, mourante. Il lui injecta 500 grammes de sang citraté et elle revint à elle rapidement. Sa convalescence fut normale et elle guérit.

Acibpose. — La transfusion a été employée au cours du coma diabétique par divers auteurs sans résultats bien probants.

Récemment, Gettler et Lindeman ont rapporté un succès en transfusion du sang d’un donneur alcalinisé. Voici comment ils opérèrent.

Pendant seize heures, avant la transfusion, ils firent prendre 20 grammes de bicarbonate de soude toutes les deux heures au préposé donneur.

La transfusion eut un effet miraculeux. Le patient sortit de son coma, se réveilla et le malade reprit conscience de tout ce qui l’entourait. La convalescence fut normale et le patient reprit le cours de ses occupations.

ATHREePsiE. — Dans l'athrepsie et les affections digestives de

la première enfance, des résultats encourageants ont été obtenus.

PeLracre. — Le traitement de la pellagre dans ses formes

cachectiques a également bénéficié de cette méthode ; la transfusion faite avec du sang de sujets immunisés ou non, dans les pellagres graves a donné un important pourcentage de guérisons.

5° Troubles endocriniens. — Il est actuellement prouvé que les troubles endocriniens sont toujours pluriglandulaires. Il n'en peut être autrement étant donné les rapports vitaux synergiques ou antagonistes, de toutes les glandes entre elles. Les mieux entraînés à la clinique endocrinienne se déclarent satisfaits quand, ayant affaire entre autres à des glandes à réactions aussi caractérisées que la thyroïde, la surrénale, ils arrivent à détacher un ou deux syndromes bien nets, mais ils se demandent toujours s’il n’en est pas d’autres de latents et souvent l’aulopsie justifie leurs doutes; ou bien on ne trouve rien de net, et le diagnostic de troubles des sécrétions internes n’est qu’un diagnostic d'impression. On aboutit donc le plus souvent à l'administration de cachets pluriglandulaires, on n’ose tout de même pas aller jusqu'aux omniglandulaires, ce qui serait pourtant plus logique. L’opothérapie n'offre que des produits morts quel que soit le procédé de fabrication. La transfusion peut seule donner aux débiles par hyper, hypo ou dys-foncionnement glandulaire le produit vivant, homologue et omniglandulaire où son organisme saura trouver tous les éléments de sa régénération.

Pour P. Petit-Dutaillis, la transfusion du sang pur faite de temps à autre et dont les doses, la répétition, seront à régler, avec emploi dans l'intervalle d’un traitement opothérapique basé aussi près que possible sur l'étude particulière de chaque sujet, sur la connaissance de la pathogénie habituelle du trouble en cause, lui paraît être d’une façon générale la thérapeutique de choix des troubles endocrino-sympathiques.

J'ai pratiqué à sa demande pour ses malades-femmes, de l'Hôpital Saint-Michel, atteintes de cancers génitaux et à litre

d’adjuvant de la curiethérapie, un certain nombre de transfusions. C’est un traitement rationnel après curiethérapie pour combattre la déglobulisation, pour aider l'organisme dans sa lutte contre le cancer, considération à laquelle on accorde de plus en plus de valeur. La transfusion nous apparaît comme un procédé supérieur en ce sens à l'emploi de tous les corps minéraux, fer compris qui sont devenus d’un usage courant. De même que l’opothérapie, qu’elle ait simplement pour but de répondre à l’idée générale d'assistance organique que nous venons d’énoncer ou à une conception plus précise qu'il n'est pas défendu d’avoir, celle d'une part directe que prennent peut-être les troubles endocriniens dans la genèse et l’évolution du cancer.

Dans le goitre exophtalmique, la transfusion du sang doit faire partie dutraitement chirurgical (ligature d'une ou de deux artères thyroïdiennes) de cette affection. Elle améliore tellement le patient que chez Crile, où l’on opère le plus de goitres du monde (130 ligatures pour hyperthyroïdie), {1635 ablations d’adénomes) de juillet 1920 à juillet 1922, on la pratique d’une façon systématique. |

« Notre expérience de la pratique de la transfusion du sang dans les cas de goitre et en particulier dans le cas de goitre exophtalmique, nous à écrit, M. Léon E. Sample, nous à amené à penser que c'était l’agentthérapeutique le plus puissant que nous ayons à notre disposition. Il supplée d’une facon automatique le sang que le malade perdra au cours de l'opération. Il aide la respiration interne des tissus, 1l combat l'acidose ; c'est le meilleur des sérums pour lutter contre l'infection en même temps qu'un corps colloïdal propre à rétablir Péquilibre électro-chimique nécessaire. Aucune mesure thérapeutique n’est capable de réaliser à la fois tant de choses par elle-même. »

Un cas intéressant vient d’être rapporté par le D' Gaudier de Lille.

Il s'agissait d’un malade auquel l’ablation d'un goitre avait

amené des crises de tétanies subintrantes. Toute la thérapeutique avait échoué et la situation devenait très grave, quand une seule transfusion du sang amena aussitôt la cessation de tous les symptômes.

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