‹ Contribution à l'Étude de la Transfusion du Sang: Technique et Instrumentation Nouvelle et Ses RésultatsChapitre 11 sur 21 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Instrumentation et technique de M. Lapointe

L'instrumentation de M. Lapointe se compose d'une canule-trocart métallique spéciale et de la seringue de Gentile légèrement modifiée.

Le corps de la seringue est un cylindre de verre gradué jusqu'à 150 centimètres cubes.

L'extrémité inférieure est arrondie de manière, à ce qu'aucune surface angulaire ne puisse causer la stagnation de petites parties de liquide. Elle se termine par un embout médian en verre des dimensions de l'ajutage des aiguilles ordinaires. Une tige métallique supporte un piston de caoutchouc dont la course est limitée de sorte qu'il ne s'engage pas à fond et qu’on ne peut injecter les 5o derniers centimètres cubes contenus dans la seringue. L'instrument est fermé à sa partie supérieure par un disque de caoutchouc. Trois anneaux métalliques sont disposés, l’un sur le piston, les deux autres sur l’armature de manière à recevoir les doigts qui fixent aisément la seringue tout en mobilisant le piston. Le tout est démontable et facilement stérilisable. Cette seringue est très maniable malgré son volume et

l’on peut d’une seule main la charger ou pousser une injection.

La canule-trocart est un petit trocart de 2 millimètres de section et de 45 millimètres de longueur. Elle présente une courbure circulaire et idécrit dans son ensemble le quart d’une circonftrence de 3 centimètres de rayon. Grâce à cette courbure le poinçon du trocart peut aisément glisser dans la canule et être retiré pour permettre la mise en place de la seringue,

Manuel opératoire. — Deux tables, l’une pour le donneur, l’autre pour le receveur sont disposées dans la salle d'opérations, parallèlement environ à r m. 50 de distance. L'opérateur et l’aide se placent dans l'espace compris entre les deux tables, le premier à côté du blessé, le second à côté du donneur. Ils ont à leur portée deux seringues, deux canules, un bistouri, quelques pinces, des ciseaux disposés dans un plateau.

Dans un verre à pied est une solution stérile de citrate de soude, dans une cuvette du sérum tiède. Après désinfection de la peau à la teinture d'iode, le chirurgien dénude à l’anesthésie locale une veine du receveur (pli du coude ou saphène interne). Il y introduit la canule trocart qu’il fixe en liant la veine sur elle. L'aide fait de même Pour le donneur. Il rince une seringue au trocart et après avoir enlevé le poinçon du trocart la remplit de sang par aspiration. Îl remet en place la tige du trocart, passe la seringne au chirurgien et répète la même manœuvre

— 29 ae pour la deuxième seringue. L'opérateur injecte lentement le sang de la première seringue dans la veine du blessé, obture la canule avec le poinçon, lave la seringue au sérum et la repasse à l’aide qui lui présente la deuxième seringue toute = prête. Le même cycle recommence, jusqu'à ce que soit atteinte la quantité de sang que l’on veut transfuser. L'opération est des plus simples. Elle dure à peine dix minutes pour50o grammes de sang.

Les avantages de cette technique sont considérables. Le sang est prélevé très rapidement. La

— Le “+ =

seringue a un large diamètre. Sa surface intérieure ne présente

Page 1