CHAPITRE PREMIER
Historique
La iransfusion du sang a été l’objet pendant la guerre de nombreux travaux qui l’ont en quelque sorte vulgarisée.
Les derniers perfectionnements de sa technique en font une opération des plus simples. Ils mettent à l'abri des accidents graves autrefois si fréquents. L'étude en a été approfondie au point de vue biologique et expérimental. Les indications se sont précisées. Si cette opération trouve encore quelques détracteurs, il est’ indéniable qu’elle à produit de véritables résurrections. Elle permet seule la survie définitive dans les hémorragies graves, a dit Ch. Richet.
La méthode est très ancienne. Elle a eu tour à tour ses périodes de vague et d’oubli. Nous renvoyons pour son histoire aux ouvrages d'Oré, de Guillot, Morel et Dehelly, à la thèse de Basset où elle est fort complètement résumée, Nous ne remonterons point à Celse et à Ovide, ni au cas hypothétique de Tanaquila. Nous nous bornerons à indiquer schémati-
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quement les trois phases durant lesquelles la transfusion fut en honneur.
La première période après le cas malheureux du pape Innocent VIII (1492) appartient à la seéonde moitié du xvr° siècle. La première transfusion sur l’homme est faite à Paris le 15 juin 1667. Denys et Emmerets transfusent à un homme robuste et vigoureux du sang d'agneau. Les cas se multiplient et avec eux les accidents. La transfusion va à l'encontre de la saignée, panacée universelle de l’époque. Son succès est éphémère.
Après quelques histoires retentissantes, le Parlement français rend en 1655 un arrêt prohibant la transfusion. Quelques tentatives espacées sont faites ensuite à l'étranger. Les opérateurs du xvue siècle assuraient par un tube d’os ou de métal le passage du sang de l'artère d’un animal à la veine d’un homme. Ils n'ont jamais pratiqué de transfusion de sang homogène.
La deuxième période succède à une série de recherches expérimentales de la première moitié du xIx* siècle. La toxicité du sang hétérogène étant démontrée par Prévost et Dumas, on ne pratique plus que la transfusion de sang humain. Le sang recueilli par saignée est ensuite injecté dans les veines du sujet à l’aide d’une seringue ou d'un transfuseur plus ou moins compliqué. Quelques beaux résultats sont obtenus. Mais les accidents fréquents d'embolie, d’hémoglobinurie empêchent la méthode de prendre une grande extension. L’injection de
sang défibriné, l'injection de sang sous- -cutanée sont tentés. L’injection intra- veineuse de sang complet semble pourtant donner les résultats les meilleurs, assez ‘encourageants, si l’on s’en rapporte au travail d’'Oré (1876).
Vers 1875 les injections de sérum artificiel eommencent à être pratiquées. Cette méthode exempte d'accidents, constante dans ses effets, vient détrôner la transfusion.
La troisième période, depuis 1900, se confond avec la période moderne. La transfusion reparaît à la suite des recherches et des travaux de Crile (19039). Elle semble supérieure dans les très grandes hémorragies aux injections massives de sérum artificiel dont l'effet ne reste que passager. L'aseptie, les progrès de la technique font de la méthode de Crile une méthode sans danger et expliquent la nouvelle vogue de la transfusion. Celle-ci reste néanmoins un procédé d'exception à cause de la difficulté du manuel opératoire. Pendant la grande guerre les cas susceptibles d'en bénéficier se multiplient à l'infini. De nouvelles recherches sont entreprises. Des travaux de Hédon et de Jeanbrau, résulte l’emploi du sang citrate qui permettra, à la transfusion, désormais pratique, de se généraliser.