CHAPITRE M
Transfusion du sang non citraté
La transfusion du sang consiste dans « le passage d’une certaine quantité de sang d’un organisme (donneur) à un autre organisme (receveur) ». Elle se fait toujours d'homme à homme. Elle est presque toujours veineuse pour le receveur, artérielle ou veineuse pour le donneur. L’artère choisie est le plus souvent la radiale; la veine, la saphène interne ou une veine du pli du coude. La transfusion est directe lorsqu'on obtient le contact endothélio-endothélial du vaisseeu du donneur et de celui du récepteur. Elle est indirecte lorsque ce contact n’est point réalisé et que le sang doit subir celui d'un instrument interposé.
Transfusion directe. — Il existe deux procédés de transfusion directe : la suture vasculaire et le retournement.
La suture temporaire artério-veineuse (ou veinoveineuse) se pratique circulairement après hémostase temporaire. C’est la méthode de Crile proprement dite. On peut faire comme Carrel un triple
surjet tendu sur trois fils d'appui ou plus simplement des points séparés ou des points en U perforants qui retournent les bords vasculaires en contact. Le procédé de Hartwell, l'appareil de Mac Grath ont été également employés. La suture vasculaire est touours difficile et lente à exécuter pour un opérateur non entrainé à cette chirurgie spéciale.
Dans le retournement, l’un des vaisseaux, sectionné est placé dans un tube. Sa partie débordante est retournée et fixée sur la paroi externe du tube conducteur qui est introduit dans la lumière de l'autre vaisseau, où une ligature le maintient. Les tubes employés dérivent pour la plupart de la canule de Crile. Citons ceux de Soréni, Ganeway, Laurent, Morel et surtout la canule d’Elsberg qui est la plus usitée.
Transfasion indirecte. — Elle comprend la transfusion continue et la transfusion intermittente.
Dans la première, l’anastomose est obtenue par un tube dont une extrémité est introduite dans le vaisseau du donneur, l’autre dans celui du récepteur. Le tube est maintenu en place par une double ligature. Sa surface intérieure. est paraffinée pour empècher la coagulation sanguine. Ces tubes sont en verre comme ceux de Brewer, en argent doré comme ceux de Tuffer, Guillot et Dehelly, Morel.
La transfusion indirecte intermittente se fait à l’aide de seringues ou de récipients paraffinés, dans lesquels le sang est aspiré de la veine du donneur pour être injecté dans celle du receveur. De nom-
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breux dispositifs ont été proposés : appareil de Curtiset-David, de Kimpton, seringue de Crotté, ampoule de Mac Grath. Nous aurons à décrire des . appareils analogues à propos de la transfusion du sang citraté.
Les limites étroites de notre sujet nous empêchent de rentrer dans le détail de la technique opératoire de ces divers procédés. On en conçoit la complexité, si l’on songe à la finesse que doit avoir pour être élanche une suture vasculaire. Combien pénible peut être ie retournement d’une paroi veineuse se déchirant sous la traction. A quelles difficultés ne se heurte-t-on pas pour introduire un gros tube parafliné dans une lumière étroite, maintenue béante par des fils tendus ou par un fin cilatateur? La transfusion intermittente est évidemment plus facile, mais les accidents de coagulation ont bien plus de chances de se produire.
J. Lafond rs