‹ Contribution à l'Étude de la Transfusion du Sang: Technique et Instrumentation Nouvelle et Ses RésultatsChapitre 5 sur 21 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

fnconvénients des techniques précédentes

La transfusion du sang a été faite de nombreuses fois par les techniques précédemment indiquées. Elle s'est développée en France sous l'influence de Carrel, Tuffier, de Guillot et de Dehelly. De belles observations en ont été publiées (Marcille, Roux, Berger, Robineau, etc.), comme celles relativement récentes de Couteaud (Bull. Soc. Chirurg., 1915), de Brisset (1919).

Ces méthodes soulèvent néanmoins quelques objections. Il est très difficile pour ne pas dire impossible de mesurer la quantité de sang passant à travers une anastomose vasculaire. Le calibre de l’anastomose et le temps pendant lequel celle-ci est maïntenue ne fournissent qu’une approximation empirique. La pesée de chacun des sujets pendant l'opération ne peut guère être faite avec exactitude. Il peut arriver quune syncope du donneur et l'abaissement brusque de sa tension artérielle oblige d'interrompre l'opération avant que ne soit écoulé le temps règle-

meutaire. D'autres fois le passage se fait mal. La

communication entre les vaisseaux s’oblitère en partie. Le blessé ne reçoit qu’une faible quantité de Sang. On a même cité des cas d’anastomose veinoveineuse où le transfusé devenait iransfuseur. La transfusion risque d’être trop abondante ou insufïisante.

Le gros reproche à faire à ces différents procédés est d’être compliqué, de nécessiter une instrumentation rare et spéciale, de ne pouvoir être exécuté que lentement et péniblement par un chirurgien parüculièrement entraîné. Ce fait limite singulièrement l'usage d’une opération qui a pour indications l’hémorragie très grave, celle qui réclame le traitement le plus urgent. En feuilletant les périodiques de 1914 à 1917 on est frappé du petit nombre d'opérations rapportées. Cependant, combien de soldats exsangues eussent été justiciables de la transfusion ? Les difticultés matérielles ont fait an exceptionnel favorisé du grand blessé qui a pu trouver à temps le chirurgien, le donneur et l’instrumentation spéciale nécessaire à lui sauver la vie. Certes, la transfusion a rendu des services incontestables, mais durant la première moitié de la guerre elle a été manifestement insuffisante si l’on envisage le nombre de cas où elle était applicable. |

Cet important problème ne peut être résolu que par la simplification de sa technique. La transfusion est restée pendant longtemps un acte chirurgical exceptionnel, difficile et dramatique, à grande mise en scène. Elle avait en soi quelque chose d’héroïque.

Ce temps a vécu. Elle a aujourd'hui à répondre à des indications nombreuses et pressantes. Elle doit être à la portée de tous les médecins et presque cesser d’être une opération. Nous allons voir comment la transfusion intermittente de sang citraté constitue dans ce sens un progrès considérable. C’est à peine selon l'expression de Rosenthal une opération de petite chirurgie. Le nombre de cas a aussitôt plus que décuplé.

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