‹ Contribution A L'étude De La Tricophytie TonsuranteChapitre 10 sur 32 · SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC

Nous ne saurions mieux faire pour donner un tableau

d'ensemble de la symptomatologie de la teigne tondante que de reproduire l’une des descriptions nombreuses

déjà publiées; nous choisirons celle de M. le D' Brocq;

voici comment il nous présente l’ensemble de la derma-

tose :

« La teigne tondante, exceptionnellement rare au-dessus de 12 ans, débute sous la forme d’une rougeur érythémateuse.

« Quelquefois il se produit des vésicules, ou des vésico-pustules éphémères : quelquefois on ne voit que des squames fines et blanchâtres au-dessous desquelles le derme est un peu rosé ou grisâtre. Le malade éprouve en ce point des démangeaisons, des picotements. L’affection est circonscrite et ne forme que de petites plaques assez mal délimitées. Peu à peu elle progresse. Il se fait une abondante desquamation qui engaîne les poils et à laquelle on a donné le nom de pityriasis alba parasitaire. A cette période, la dermatose est tout à fait superficielle et facilement guérissable.

« Dans quelques cas, on voit sur le cuir chevelu des circinations rouges, assez étendues, nettement figurées,

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en tout semblables à la tricophytie cutanée ou herpès circiné parasitaire, lésions tout à fait superficielles et curables par les badigeonnages de teinture d’iode pratiqués à temps.

« Enfin le champignon envahit le follicule pileux. Dès lors l'affection prend une physionomie tout à fait caractéristique ; elle est définitivement constituée à l'état de teigne tondante et est devenue une dermatose des plus tenaces et des plus rebelles à toute médication.

« Elle se poursuit sous la forme de plaques assez neltement arrondies ou ovalaires, un peu saillantes, à bords assez bien délimités; le derme y offre une teinte d’un gris bleuâtre caractéristique ; il est recouvert de fines squames pilyriasiques d’un gris sale, et parfois il porte des traces de grattage. Sur toute l'étendue de la plaque les poils sont manifestement altérés, d’abord secs, ternes, décolorés, ils deviennent friables, peu solides, puis cassent spontanément à 1 ou 2 millimètresde leur point d’émergence, laissant des tonsures circulaires de 1 à 5 centimètres de diamètre environ. Ces tonsures ont par conséquent un aspect tout spécial, dû à la coloration du cuir chevelu à leur niveau, aux fines squames qui les recouvrent, et surtout aux petits tronçons de cheveux déchiquetés, engaînés d’épiderme blanchâtre qui les hérissent et donnent au doigt la sensation d’une barbe

de un à deux jours. A leur péirphérie se voit une zône d’envahissement de la maladie où l’on peut retrouver

toutes les lésions de la première période. . . . . .

« Il est rare de n’observer qu’une seule plaque, le plus

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souvent il y en a plusieurs sur la même tête, disséminées çà et là de diverses grandeurs, et à diverses périodes d'évolution.

« Il est assez habituel de trouver une plaque principale, maîtresse, primitive, assez étendue et plusieurs plaques secondaires satellites, plus petites, souvent minuscules. Elles siègent surtout à la nuque, derrière les oreilles, vers les tempes ; elles empiètent parfois sur les parties voisines des tésuments où elles revêtent la forme de l’herpès circiné parasitaire. En réalité on peut les observer sur toute l'étendue du cuir chevelu.

« Abandonnées à elles-mêmes, elles arrivent dans certains cas à couvrir de vastes sufaces, mais on ne saurait à cet égard porter aucune règle.

« Rien de plus variable en effet que l’évolution de la teigne tondante. Elle débute parfois avec la plus grande rapidité, s’étend, couvre le cuir chevelu en peu de temps grâce à des points d'attaque multiples. Puis elle subit des temps d'arrêt, passe par des phases alternatives, inexplicables, d'amélioration, d'aggravation, de récidives. Tantôt au contraire elle suit une marche lente et torpides »

Nous avons reproduit la description technique de la

teigne tondante pour en donnef un aperçu général. Tou-

tefois, on ne peut s'empêcher de constater une grande

obscurité dans l’ordre de ces symplômes et de ces com-

plications.

Nous allons essayer de grouper les divers phénomènes

qui apparaissent au cours de l'affection, de les ranger

par ordre d'importance, et nous verrons ensuite s’il n’est

pas possible de différencier cliniquement deux ou plusieurs formes. Nous n’oserons pas toutefois aller trop loin dans notre différenciation, laissant à la bactériologie le droit de nous éclairer d’une façon absolue.

Nous ne poserons donc d’abord que deux caractères fondamentaux de l'affection, l’un qui est absolu, et que nous devons à l’examen microscopique, l’autre qui est cliniquement commun à tous les cas observés.

1° La teigne tondante est une affection constituée par la pénétration dans l’intérieur du cheveu d’un champignon nommé tricophylon et qui se présente sous la forme de spores ou de mycelium, offrant des caractères bien connus.

2° Aupoint de vue clinique, la teigne tondante est constituée par l’apparition sur le cuir chevelu d’une ou plusieurs tonsures à évolution excentrique, de forme à peu près circulaire, à la surface desquelles les cheveux apparaissent cassés.

Hormis ces deux caractères, tous les symptômes sont variables. Nous ailons les reprendre un à un, en les réunissant suivant deux groupes différents.

Premier groupe. — Ce groupe contient toutes les formes graves, longues à guérir par les agents thérapeutiques ordinairement employés, mais toutefois d’une durée variable. Ainsi nous ferons rentrer dans ce groupe des cas où, l'enfant approchant de la puberté, n’a présenté les symptômes qu’à leur minimum d'intensité, ou bien des cas où, ayant contracté une maladie intercurrente, il a vu les symptômes graves s’amender, et la guérison s’obtenir rapidement (Obs. 1, II, III).

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Toutes les formes contenues dans ce groupe peuvent être ramenées à un type commun, au début de l'affection du moins, et le caractère principal de ces formes est constitué par la présence d’une plaque initiale rapidement développée, à limites bien nettes, avec tous ou presque tous cheveux rompus à surface.

Exceptionnellement il peut y avoir plusieurs plaques initiales, lorsque plusieurs points ont été contaminés à la fois, avec une londeuse par exemple. Mais cette différence ne modifie pas notre description, puisque l’on doit dans ce cas se conduire vis-à-vis de chacune de ces plaques comme si elle avait été unique au début de la maladie.

Nous avons vu du reste dans la description de M. le D' Brocq, qu'il a signalé l'importance de cette plaque

maitresse.

Sur cette plaque initiale on trouvera les symptômes décrits plus haut par le même auteur, gaînes de pityriasis alba, tronçons visibles, blancs, surface cutanée gris bleuâtre, dure, parfois cornée, comme lichénoïde, très sèche.

C'est sur cette plaque que nous observons au microscope les lésions du cheveu et les délabrements profonds décrits au chapitre précédent.

La croissance des cheveux est remarquable par son intensité à son niveau. En effet, si l'on a pratiqué une épilation soigneuse de la région atteinte, et si l’on a également avulsé les cheveux bons limitrophes pour constiluer la zone de protection, on voit cette zone de protection rester blanche, lisse, dépourvué de cheveux pendant des

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