RAI ER
toutes les fibres du cheveu, les faire éclater sous une pression toujours croissante; les fibres les plus externes s’é cartent en dehors, donnant à cette portion du cheveu l'aspect de deux brosses accolées l’une à l’autre par leur face garnie ; les spores débordent entres ces fibres, allant se relier aux masses épaisses étalées en dehors du cheveu.
Après que le poil, sous un choc, ou même sous la seule pression mécanique produite par la multiplication des spores, est venu à se rompre, l'extrémité libre du tronçon est terminée en pinceau, toujours remplie de tricophyton, pendant que des débris opaques tombent sur la peau voisine d’où le moindre râclage en ramène une grande abondance.
Voilà donc les lésions qui se passent au niveau de la surface du cuir chevelu.
Mais les lésions ne s'arrêtent pas là; nous avons vu le mycelium immédiatement après l'invasion, pénétrer plus profondément dans la tige, dans la portion intra épidermique du cheveu. Cette marche vers le follicule n'ira pas toutefois jusqu’au bout; elle s'arrêtera presque tou-
jours au niveau de l’union de la tige avec le renflement
de la racine.
Mème plus tard, lorsqu'on examinera Îles produits de râclage, alors qu’on ne trouvera presque absolument que des débris de tiges et des tronçons boursouflés et opaques,
on pourra rencontrer des follicules éliminés qui seront
reslés clairs, transparents, sans spores ni tubes de mycelium contenus dans leur intérieur ; tout au plus, on verra à leur exirémité hachée et dissociée quelques amas de
spores.
ESC à
EM ee
Nous nous appuyons dans l'affirmation de cette intégrilé du bulbe sur de nombreux travaux déjà fails, notam ment sur ceux de Frédérick, Taylor de Dubreuilh de Bordeaux, ainsi que sur les expériences de Thin sur la tricophytie du cheval.
Nous n'avons pourtant pas affirmé que cette règle fût constante. Et, en effet, nous avons observé la présence du mycelium dans l’intérieur du follicule (voir Obs. IX et X).
Mais cette constatation microscopique a coïncidé invariablement avec un aspect. clinique different de celui observé ordinairement. Nous reviendrons sur ce sujet au chapitre suivant.
Dans les produits d'un râclage, opéré après une épila- tion soigneuse, on ramène des tronçons de cheveux de dimensions diverses, tronçons remplis de spores et qui sont restés vraisemblablement abandonnés pendant le traitement le plus actif dans les couches épidermiques superficielles.
Il n’y a là qu'un résultat du travail d'élimination physiologique de la peau, refoulant au dehors les débris qu'elle contient. ;
IL ne faut pas oublier dans notre description de signaler l'existence de tronçons de cheveux, ramenés par le râclage, et qui ne présentent plus de tricophyton dans leur profondeur, bien que les traces de son séjour soient évidentes. Les fibres sont écartées, dissociées au point de | représenter untreillage fin, une sorte de fagot fait avec des débris, et cela sans spores. Ce n’est pas le traitement qui a pu détruire ces dernières, puisque nous avons
D Ke
souvent vu cet aspect chez des malades qui n'avaient jamais été soignés même par un savonnage. Il semble bien que dans ce cas le parasite a disparu faute d'aliments.
Tel est l’ensemble des lésions que l’on rencontre le plus souvent en étudiant au microscope un cas vulgaire de teigne tondante à sa période d'état et de pleine activité.
$ 3. — Lésions de déclin.
Jusqu'ici un fait nous a frappé; c’est l'abondance des spores, et les délabrements produits dans le tissu du cheveu. Il y a un peu de mycélium surtout au début, mais en bien faible quantité par rapport à l'abondance des spores.
A mesure que l'affection devient plus ancienne, cellesci deviennent moins nombreuses et le mycelium à son tour devient prédominant. Des cheveux ont repoussé sur la plaque, et la peau reprend peu à peu l’apparence normale.
Interrogeons le microscope, il nous montrera que les cheveux sont de trois sortes.
Les cheveux atteints.
Les cheveux de récente formation.
Les cheveux devenus adultes et restés sains.
Ceux qui sont atteints, présenteront encore les lésions du début, ou plutôt se montreront avec les caractères suivants :-follicules très petits, noirs, ratatinés, de calibre à peine supérieur, ou égal, ou même inférieur au calibre de la tige.
"dl
Tige plus ou moins longue, avec ses deux-extrémités claires, et présentant des tubes de mycelium contenus davs leur intérieur. L'extrémité libre est encore pénicillée, reste du délabrement du début.
Le cheveu de récente formation a en général un follicule plus petit, mais avec de nombreuses cellules restées adhérentes, formant éventail autour de la racine. Pas de moelle centrale. Pas de pigment. L'extrémité libre est pointue. Jamais de mycelium ni de spores dans son intérieur.
Puis les cheveux se sont développés et deviennent a‘dultes. Il y en a qui subissent à ce moment une nouvelle invasion de spores, mais ils peuvent aussi bien conserver leur intégrité jusqu’à la fin, et la guérison va être ainsi
oblenue.
En partant des données fournies par l'anatomie pathologique, peut-on tirer quelques conclusions théoriques ou pratiques? Un phénomène nous a surtout étonné, c’est la lésion du cheveu avant l'envahissement du microphyte dans son intérieur. Nous avons dit vaguement qu’il s'agissait d’un trouble de nutrition.
Encore faudrait-il comprendre par quel mécanisme ce trouble se produit. Y a-t-il un trouble dans les fonctions des glandes ?
Cette théorie pourrait être acceptable au point de vue de lésions des glandes sébacées. :
C’est en effet l’état graisseux normal du cuir chevelu qui semble le plus modifié sur les régions envahies par le tricophyton.