CONCLUSIONS
1° Chez l’adulte, les réactions à la tuberculine, si elles présentent un intérêt certain au point de vue expérimental, n’ont qu’une très médiocre valeur diagnostique, en raison de leur caractère quasi-constant. Quant à leur valeur pronostique, elle est encore l’objet de discussions. :
29 Dans la première enfance, par contre, la cutiréaction possède une valeur diagnostique incontestable. La tuberculose du nourrisson, dont la symptômatologie est fruste ou larvée, est dépistée par la réaction tuberculinique, d’une façon précoce, avant l’apparition de tout autre signe. La présence de la réaction donne en quelque sorte le droit d’affirmer une évolution tuberculeuse ; et, du moins à la période d’état de cette tuberculose, les causes d’erreur sont nulles. |
30 Cependant, une exception est à faire pour les maladies « anergisantes », au cours desquelles la cutiréaction, comme toutes les autres épreuves à la tuberculine, peut devenir passagèrement négative.
49 D'autre part, la cuti-réaction deviendrait très giréuemment négative au cours des tuberculoses évoluant rapidement vers la mort, en particulier dans les formes aiguës (tuberculose miliaire, tuberculose caséeuse), et cela aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte.
Or, il est souvent difficile de rattacher à leur véritable cause les divers aspects cliniques que revêt la généralisation tuberculeuse chez le nourrisson. On méconnait aisément la nature tuberculeuse d’une
SRE
bronchite capillaire, d’une réaction méningée, d’un syndrome cholériforme. Dans ces conditions, la cutiréaction qui, à la période d’état, a été un élément précieux, capital même du diagnostic, le sera-t-elle ou non à cette phase terminale de l’évolution tuberculeuse ? Permettra-t-elle encore de porter un diagnostic certain de tuberculose ?
Dans les observations que nous rapportons :
3 cas de méningite tuberculeuse ;
2? cas de méningite tuberculeuse avec gra-
nulie généralisée ;
2 cas de granulie pulmonaire ;
1 cas de broncho-pneumonie, la cuti-réaction s’est montrée positive pendant toute la période de généralisation. À ce stade, sa valeur diagnostique ne s’est donc pas démentie.
Peut-on demander davantage, et tirer des variations de la cuti-réaction une signification pour le pronostic ? . De nos observations, il appert que le fléchissement ou la disparition complète de la cuti-réaction se produisent trop tardivement pour éclairer le pronostic. On ne les observe guère, nous a-t-1l semblé, qu'aux approches de la mort, à la période pré-agonique, pourrait-on dire, de la généralisation tuberculeuse.
Le Doyen : Le Président de la thèse :
RoGER. MARFAN. Vu ct permis d'imprimer :
Le Recteur de l'Académie de Paris :