‹ Contribution à l'étude de la tuberculose de l'oreilleChapitre 21 sur 21 · AGE · texte numérisé non relu

AGE

Les indications thérapeutiques se posent différemment sui-

vant qu'il s’agit :

a) De tuberculeux pulmonaires. Ici, il faut étudier tout particulièrement la résistance du malade. Opérer, c'est enlever la lésion tuberculeuse, mais c’est aussi ouvrir des espaces sains à l'infection et encourir des risques nouveaux d’ensemencement. Il est des cas où l'intervention sera nécessaire (menace vitale). D’autres fois, on discutera seulement l'opportunité d’une intervention (fongosités récidivantes, écoulement trop fétide). On sera d’autant plus interventionniste que la tendance envahissante du processus pathogène sera grande et l’état général du malade meilleur;

b) Si la tuberculose auriculaire est primitive. Ici, bien souvent, on ne pose le diagnostic de bacillose qu’à l’intervention, à l'examen direct des lésions. On opère beaucoup de mastoidites tuberculeuses en croyant avoir affaire à des mastoidites banales.

Quant aux otites chroniques, le diagnostic d'intervention est le même que celui des otorrhées banales.

En somme, à part les otites des tuberculeux avérés, les indications sont les mêmes que pour les otites banales, avec cette différence qu'on prêtera une attention toute particulière aux soins post-opératoires.

Conclusions

En somme, on peut se demander pourquoi le bacille de Koch, qui aime peu les épithéliums et les os plats, se fixe volontiers sur les parois osseuses de la caisse.

On opposera les otites tuberculeuses survenant chez des tuberculeux avérés, qui ne sont qu’une complication au même titre que la laryngite, à l’otite survenant sur un terrain exempt de tuberculose et qui se présente alors comme un processus de primo-infection avec, comme preuve, le jeune âge des malades (fréquence méconnue des otites tuberculeuses de l'enfance), parfois le virage de la cutiréaction qui, de négative, devient positive.

Nous insistons sur l'allure de mastoidite banale revêtue par la mastoïdite tuberculeuse. L’allure de la maladie est franchement aiguë et bien souvent le diagnostic n’est redressé qu'après inoculation et examens anatomo-pathologiques.

On insistera sur la difficulté du diagnostic de bacillose d’une otorrhée chronique. Les signes classiques nvoqués n’ont pas leur valeur, surtout pris isolément. Réunis, ils constituent un faisceau de preuves dont l’ensemble fournira seulement une probabilité, la certitude n’étant donnée que par le laboratoire.

Notons aussi l’utilité, reconnue depuis peu, de la radiographie, qui permet de suivre l’évolution osseuse des lésions

tuberculeuses mastoïdiennes.

ANT Qu.

L'otite tuberculeuse semble devoir être placée dans le cycle évolutif de la bacillose. Elle peut, en effet, survenir à ses trois périodes : comme primo-infection, comme infection secondaire, comme lésion tertiaire.

Quant au traitement, il faut savoir que nombre d’otomastoïdites opérées chez des sujets exempts de tuberculose guérissent fort bien, le diagnostic de bacillose n'étant reconnu, nous l’avons dit, qu’à l’examen des seules pièces anatomiques.

NOTA. — Nous n’avons pas cru nécessaire de faire de bibliographie, une récente et complète se trouvant dans le rapport fait par MM. CoLLET et Mayoux, au Congrès de 1938 de la Société Française d'O. KR. L. Il ne pourrait

s’agir que d’une redite.

Vu et permis d'imprimer, Le Recteur de l’Académie de Paris : Vu, le Doyen : ROUSSY. TIFFENEAU.

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