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Diagnostic bactériologique
et histologique
C'est sur le seul critère bactériologique qu’on pourra affrmer le diagnostic de tuberculose auriculaire. On aura des surprises bien souvent : absence de lésions tuberculeuses en présence d’otites qui, cliniquement, se présentaient comme tuberculeuses et, au contraire, lésions tuberculeuses qui ne purent être découvertes qu'à la faveur d’examens anatomo-pathologiques systématiques.
La recherche directe du B. K. s’est révélée insuffisante.
L’homogénéisation, en cherchant à obtenir le plus de pus possible donne déjà de meilleurs résultats : toutefois, on ne confondra pas le B. K. avec les bacilles acido-résistants et l’on saura que l’on peut rencontrer, au cours des examens, des bacilles de Koch non pathogènes.
L’inoculation fournit de précieux résultats.
La recherche des B. K. par la méthode de LOEWENSTEIN n’est pas universellement utilisée. Et pourtant, c'est un procédé très sensible.
L'examen histologique, s’il est très précieux, n’est pas suffisant en lui-même. NicoLAS et FAVRE ont, en effet, montré en 1907 que certaines lésions de syphillis tertiaire étaient susceptibles de fournir des images analogues à celles de la bacil-
IOPRDEES
lose. En somme, pour démontrer la nature tuberculeuse d'un follicule, il faut trouver le B. K. D'autre part, il existe des lésions pourtant tuberculeuses qui ne donnent à l'examen histologique que « des lésions inflammatoires chroniques sans aucun caractère spécifique ».
On a proposé l'injection focale de tuberculine (CEMACH) : il faut savoir que si une réaction positive plaide en faveur de la bacillose, on ne peut tirer aucune conclusion d’une réaction négative. L'intérêt de cette réaction, de même que celui des réactions sérologiques, est de déceler la primo-infection tuberculeuse.
Radiographie
Elle constitue, pour T'HIEPONT D’ANVERS « pour le diagnostic des otites de forme tuberculeuse le moyen le plus sûr d'examen ».
Pour COLLET, elle permet de préciser l'extension osseuse et non la nature tuberculeuse de l’otite. La trabéculation osseuse de la mastoïide s’estompe et l’ensemble devient plus transparent. La table interne s’exprime par une ligne circons: crivant le bord supérieur du rocher. On notera aussi des processus de régénération qui peuvent se réinfecter et donnet lieu à des séquestres, ou bien, au contraire, se scléroser et se traduire alors par une mastoïde éburnée.
Pathogénie
Etudions maintenant la genèse de l’otite tuberculeuse. Deux voies d’inoculation sont discutées : la voie sanguine, la voie tubaire. Il y a lieu d’étudier la genèse de la bacillose auriculaire chez deux catégories de sujets :
a) Les tuberculeux pulmonaires. Ici, l’inoculation se fait par la trompe béante, en raison de l’expectoration abondante et bacillifère. En somme, on a affaire à une inoculation
analogue à celle de la tuberculose laryngée;
b) En dehors de la tuberculose pulmonaire. Anciennement, on admettait la voie tubaire : on citait comme preuve qu’une tuberculose isolée du rocher n’avait jamais été rencontrée et que, au contraire, 1] existait toujours des lésions tubaires. A l'heure actuelle, on admet la voie sanguine, ce qui cadre d’ailleurs avec les notions aujourd’hui admises sur la bacillose
considérée comme une « septicémie chronique à rechutes ».
Les preuves données à l’appui de cette origine hématogène ne semblent pas convaincantes. En effet, si l’origine hématogène était certaine, l’atteinte de l’os serait toujours primitive. Or, il semble, au contraire, que les lésions osseuses et de la caisse soient toujours secondaires. Pour COLLET, « l’otite tuberculeuse est une infection mixte à pyogènes et à B. K. d’origine rhinopharyngée. Le rôle des pyogènes étant de désorganiser la défense locale contre le B. K. L'infection
LAPAEES
se ferait alors par voie lymphatique, bien qu'on connaisse mal les rapports des lymphatiques de la caisse avec les autres
courants lymphatiques ».
Ainsi donc, il existe plusieurs voies d’inoculations : la trompe, la circulation sanguine, la voie lymphatique. À chaque mode d’invasion correspond une forme anatomoclinique spéciale :
Par la trompe, c’est la muqueuse qui est inoculée. Par la voie sanguine, c’est l'os.
Par la voie lymphatique; c’est une otite aigue banale après infection rhinopharyngée. D'où la ressemblance entre certaines otites tuberculeuses et l’otite aigue banale, par suite l'absence de fondement de la distinction entre ces deux variétés.
Il semble que l’otite tuberculeuse doive être placée dans le cyle de l'infection tuberculeuse. Elle peut survenir à tous les stades de la bacillose : comme primo-infection, à la période secondaire, et c’est le cas le plus fréquent, ou bien comme lésion tertiaire associée à une tuberculose pulmonaire évolutive.
Traitement
Il ne faut pas négliger l'arme chirurgicale, car il existe des formes primaires où elle est vraiment efficace.
Etudions d’abord les moyens d'action. Comme il s’agit de tuberculeux, il ne faudra jamais négliger la cure hygiénodiététique, qui est capitale.
Parmi les médicaments : les sels d’or, le rubrophène (trimétoxy-dioxy-oxotritane). L’antigène méthylique sera utisée comme adjuvant. Des essais concluants ont été faits en Allemagne et en Italie avec la tuberculine.
Localement, ce sera le traitement de l'otite banale, en sachant qu'aucun des médicaments proposés n’est vraiment spécifique (iodoforme, acide chromique, nitrate d’argent, etc.). On pratiquera l’héliothérapie locale qui fait diminuer la suppuration et favorise l’épidermisation (elle sera d’autant plus efficace qu’une intervention aura été pratiquée agrandissant les voies de pénétration des rayons et enlevant la majorité des éléments pathogènes).
Là où le soleil est rare, on pratiquera l’actinothérapie artificielle. URBANTSCHITSCH a obtenu, en Allemagne, d'excellents résultats avec la radiothérapie que ne contre-indique pas d’existence d’infections associées.
Reste l'intervention chirurgicale que nous allons étudier
plus loin.