PORTO
exposé clair et détaillé, en même temps que par les auteurs qu'ils nous invitent à consulter, des notions nouvelles qu'il
semble vraiment logique d'admettre.
Nous étudierons donc la tuberculose de l'oreille externe, de l'oreille moyenne, la pathogénie de cette tuberculose. Nous verrons quel traitement on peut lui opposer.
Tuberculose de l'oreille externe
Nous adopterons la clissification de Gradenigo en :
lupus maculeux ou érythémateux, tuberculose nodulaire, périchondrite.
Accessoirement : Ulcération cutanée et tumeur bénigne.
LE LuPpus. — Il est rarement isolé, rarement primitif (Politzer). Il est le plus souvent localisé à la partie antérieure de l'oreille; d’autres fois, il s'étend au lobule et prend la grosseur d'une noix. L'’atteinte ganglionnaire est de règle (rétro-auriculaire, sous-angulo-maxillaire). Parfois, l’extension se fait en profondeur avec destruction des cartilages. Viollet a présenté le cas et la guérison d’un de ces lupus survenu chez un homme de cinquante-quatre ans, la lésion s'étant cicatrisée. Si l’extension se fait au conduit auditif externe, on a alors une sténose qui résiste le plus souvent au traitement opératoire. Le diagnostic de lupus est difficile au début et pourtant il est utile de le faire à cette période. On aura recours à la vitropression qui n’efface pas les nodules. Le prurit et les lésions de grattage qui en découlent peuvent donner lieu à de nouvelles inoculations. Notons enfin l'influence favorable de la photothérapie et de l’héliothérapie
sur ces lésions.
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Le lupus érythémateux est plus rare. Il coexiste en général avec celui de la face. Il évolue vers l’atrophie cicatricielle sans ulcération. Il consiste en plaques arrondies lenticulaires. Celles-ci se fusionnent en une plaque cicatricielle au centre, rouge sur les bords. La plaque s'étend de la tempe à l'oreille. Le pavillon de l'oreille devient dur comme du cuir. Cette forme de lupus est, le plus souvent, associée à la tuberculose pulmonaire.
On lui opposera un traitement par la teinture d'iode, l'ichtyol, la haute fréquence.
Nous étudierons plus loin le lupus de l'oreille moyenne aui est tout autre chose.
LA TUBERCULOSE ULCEREUSE. — Elle marque une prédilection pour le lobule de l'oreille, que le lupus respecte en général. HEYMANN prétend qu'elle est le résultat d’une inoculation locale (perforation par boucles d'oreilles). L'évolution est lente, sauf si elle survient chez un phtisique invéré. On notera la présence d’une adénopathie de voismage.
HAY a décrit une forme circonscrite chez une jeune fille de vingt-deux ans. C'était une tumeur du lobule subissant des alternatives d’accroissement et de diminution; il n’y avait pas de traces d’ulcération, ni cicatrices, ni ganglions. En un mot, aucun caractère de tuberculose, et pourtant l’examen histologique révéla la nature tuberculeuse de la tumeur.
PERICHONDRITE TUBERCULEUSE. — C'est une rareté. Elle se rencontre dans le jeune âge. On a le plus
. , PS souvent la notion d’une tuberculose antérieure et d’un trau-
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matisme du pavillon. Le début se fait au niveau de la conque ou du conduit cartilagineux. Il est lent, apyrétique, insidieux. On voit apparaître des élevures boudinées sur la face antérieure de l'oreille, très différentes par leur consis tance de la périchondrite banale. On ne note pas, en effet, de fluctuation : la tumeur n’est pas ici ramollie, il n’y a que des traces d’un pus séro-grumeleux.