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Lupus de l'oreille moyenne
Il n'a aucun rapport avec la forme de lupus que nous venons d'étudier. Son origine est ici nasale ou pharyngée. Nous n’en prendrons pour exemple que la statistique de PLUM (sur soixante-trois malades atteints de lupus du nez, trentetrois avaient un lupus de l'oreille). Ce sont, le plus souvent, des sujets ayant des lupus des muqueuses et non des lupus cutanés. La forme lupique de la tuberculose de l'oreille
ne s'accompagne jamais de paralysie faciale.
PLUM a insisté sur la faible virulence du bacille tuberculeux dans ses formes; il est, en effet, incapable de tuberculiser le cobaye.
Le lupus de l’oreille moyenne comprend des nodules sousépithéliaux qui se rassemblent et ulcèrent la muqueuse de la caisse, mais n’attaquent jamais l'os, contrairement à la tuberculose ulcéro-infiltrante vulgaire.
Cliniquement, c’est une otorrhée chronique avec sécrétion peu abondante. On note des alternatives d’acuité et de guérison apparente. En somme, c'est une otorrhée chronique, sauf le cas exceptionnel, où le lupus ayant perforé le tympan, se propage au niveau du conduit auditif externe; mais le lupus du conduit auditif externe, rare d’ailleurs, n'en reste pas moins généralement consécutif à un lupus du pavillon.
Etiologie. — L'otite moyenne tuberculeuse survient chez les tuberculeux avérés ou chez des malades exempts de tuberculose.
1° Chez des tuberculeux pulmonaires. Il s’agit de tuberculeux avancés, surtout en milieu hospitalier, plus qu’en sanatorium. Ces otites ne sont pas toutes dues aux bacilles de Koch : 60 % si l’on prend la statistique LERMOYEZ. Elles surviennent chez l’adulte, mais TERRACOL signale un cas chez un enfant de deux ans;
2° En dehors de la tuberculose pulmonaire, les otites tuberculeuses sont ici plus fréquentes chez l'enfant que chez l’adulte. Quant aux antécédents, on ne note pas d’autre manifestation tuberculeuse, mais parfois on retrouve une tuberculose pulmonaire chez les parents. Donc, pas de foyer antérieur tuberculeux, en règle (sauf une ostéoarthrite tuberculeuse du poignet signalée dans la thèse de CRÉTÉ).
Quant à la fréquence de l’otite tuberculeuse, il existe de grandes divergences sur les auteurs. On fondera ce diagnostic sur l'examen bactériologique et sur l’inoculation à l’animal:; non sur une impression chnique. Dans son rapport, COLLET trouve, sur cent inoculations de fongosités, quatorze positives. Mais il remarque qu’il s’agit là d’otomastoiïdites beaucoup plus fréquemment tuberculeuses que les otites simples. Il se base sur le chiffre de 2 % de tuberculose dans les otites, ce qui n'en donne pas moins un chiffre élevé de tuberculose, étant donné la fréquence même des otites.
Anatomie pathologique. — Le début se fait par la muqueuse et non par l'or. Leslésions muqueuses sont simples et
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BRIEGER distingue dans sa classification une forme lupique, une forme infiltrante, une forme nécrosante. Nous décrirons ces formes à l’examen otoscopique.
Plus intéressantes sont les lésions osseuses, en raison de leur gravité et de leur caractère extensif. Quoi qu’il en soit, la lésion débute par la muqueuse, puis se propage à l'os (tissu conjonctif intraosseux). Enfin, il y a nécrose par le double processus de l’oblitération vasculaire et de la propagation des toxines. Ajoutons que c’est une otite mixte, où cohabitent les B. K. et les pyogènes.
L'infiltration tuberculeuse aboutit à la caséfication. S'il y a obstruction d’un tronc artériel important, on observera alors des séquestres d’aspect infractoide cunéiforme. On note aussi un aspect d’ostéite fongueuse. Mais ce sont des fongosités pâles, bourrées de tubercules, de masses caséeuses bien différentes des fongosités rouges et de l’hyperostose des ostéites fongueuses banales. Ces trois formes (infiltrante, récrose osseuse, fongosité) coexistent le plus souvent et suivant la prédominance d’un des processus sur les deux autres, on conçoit la diversité des formes cliniques décrites.
Quelle est l’évolution de ces lésions?
Muqueuses, elles le resteront longtemps; mais dès que l'os est atteint, l'extension devient alors rapide, marquant une prédilection particulière pour le rocher. Pour PORTMANN et
KISTLER, la méninge est pourtant respectée.
Anatomie pathologique microscopique. Dans le traité des maladies de l'oreille de POLITZER, on relève deux figures
caractéristiques.