‹ Contribution à l'étude de la tuberculose du premier âge (volume 2)Chapitre 17 sur 20 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

(personnelle)

Tuberculose miliaire aiguë généralisée {poumon, cœur, foie, 7'ate, reins, intestins, cerveau).

Gav... (Maurice), âgé de trois mois, entré le 31 décembre 1885 à l’hôpital Tenon (service de M. Landouzy, salle Valleix, n“ 18).

Antécédents héréditaires.

Le përe, phthisique à la troisième période, actuellement en traitement à la Pitié, dans le service de M. le professeur Jaccoud (salle Jenner, n" 55).

2“ La mère, âgée de 39 ans, ménagère. Sans aucun antécé dent, ni héréditaire, ni personnel. Très robuste, très bien portante. A eu à 36, puis à 37 ans, deux grossesses, qui n’ont abouti, l’une et l’autre, qu’à deux fausses couches de deux et trois mois.

Antécédents personnels.

Venu à terme, nourri au sein par sa mère. Est malade depuis un mois, grognon, souffrant, toussant un peu. Le mercredi 30 décembre, il a été pris de convulsions; c'est ce qui a décidé sa mère à l’amener à la crèche.

État actuel.

Enfant assez vigoureux. Ayant une fièvre intense (39“,8) et une monoplégie portant sur le membre supérieur gauche. Pas d’inégalité pupillaire. Pouls fréquent, régulier. A l’examen du thorax, quelques râles sibilants fins.

Le 3 janvier 1886. — Vomissements.

Dans la nuit du 7, il a plusieurs crises convulsives.

Le 8 au matin. —• Nouvelle crise convulsive qui dure une demi-heure. Le membre supérieur droit se paralyse à son tour. Déviation conjuguée de la tête et des yeux à droite.

Diagnostic. — Méningite tuberculeuse.

Le 9. — Diarrhée abondante.

Le 10. — Nouvelles convulsions épileptiformes, limitées aux membres supérieurs.

Le 11, coma et mort.

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Autopsie.

A l’ouverture de la cavité crânienne, on trouve au-dessus du feuillet arachnoïdien un caillot sanguin large, étalé, pesant 30 grammes et répondant au lobe fronto-pariétal gauche.

A la coupe transversale du cerveau le ventricule latéral gauche apparaît rempli de sang. Les caillots sanguins se prolongent par l’intermédiaire du trou de Mouro avec le ventricule moyen qu’ils remplissent, puis de là pénètrent par l’aqueduc de Sylvius dans le quatrième ventricule où ils constituent une masse triangulaire à sommet supérieur.

Du quatrième ventricule le sang a fusé sous la pie-mère cérébelleuse et formé là au niveau du verrais inferior une collection des dimensions d’une pièce de cinquante centimes. La pie-mère cérébelleuse est injectée de sang, particulièrementauniveau du bordpostérieurdel’hémisphèrecérébelleux droit. La partie antérieure du ventricule latéral gauche est réduite à l’état de bouillie et l’on voit l’épanchement sangnin faire irruption au dehors et former saillie au niveau de la scissure interhémisphérique pour de là s’insinuer au-dessous de la pie-mère des lobes frontaux droit et surtout gauche.

Sur le trajet de. la sylvienne droite se trouve un véritable semis de granulations tuberculeuses ayant à peu près pour la plupart le volume d’un grain de mil. Les granulations sont surtout abondantes au niveau de la scissure de Sylvius et elles se prolongent en suivant le trajet des vaisseaux le long de la scissure rolandique. Çà et là les granulations apparaissent baignées dans un exsudât purulent.

Même exsudât purulent avec granulations tuberculeuses au niveau de la scissure de Sylvius du côté gauche.

A l'ouverture du thorax, pas de liquide dans les plèvi’es, pas d’adhérences pleurales.

Les deux poumons sont littéralement farcis de granulations miliaires. Ces granulations font saillie sous les plèvres, se présentant sous forme de petits grains translucides ayant les

uns le volume d’une tête d’épingle, les autres celui d’un grain de millet.

Sur le bord postérieur du poumon droit se voit un gros tubercule caséeux du volume d’une petite noisette.

Les ganglions trachéo-bronchiques droits sont considérablement hypertrophiés, les plus gros atteignent les dimensions d’une noix. Ils sont durs et présentent à la coupe un aspect blanchâtre.

A l’ouverture de Vahdomen, pas de péritonite, pas d’ascite.

Le foie pèse 260 grammes. On le voit parsemé de granulations transparentes, miliaires, les plus petites se présentant sous l’aspect d’un véritable pointillé. Elles font sous la séreuse une saillie appréciable à la vue et au toucher.

Sur diverses coupes il ne semble pas qu’il existe de granulations dans l’intérieur même de la glande hépatique.

La rate augmentée de volume pèse 60 grammes ; elle est parsemée à sa superficie et dans son intérieur de granulations tuberculeuses.

Ces mêmes granulations se retrouvent, mais très petites, sur les deux reins, notamment au niveau de la zone limitante du rein droit.

Rien du côté du péricarrfepariétal. En revanche, sous le péricardeviscéral, nous trouvons au niveau de l’auricule gaucheune granulation et presque à la pointe du cœur six granulations tuberculeuses. Deux granulations dans la paroi antérieure du ventricule droit, en plein myocarde.

Rien du côté des testicules.

Sur toute l’étendue de l'intestin grêle, il existe de nombreuses ulcérations de la dimension d’un petit pois ou d’une tête d’épingle. Quelques-unes siègent sur des petites saillies proéminentes et l’ensemble rappelle l’aspect d’une pustule variolique ombiliquée.

Toutes ces pièces ont été présentées par nous à la Société anatomique dans sa séance du 15 janvier 1886.

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