‹ Contribution à l'étude de la tuberculose du premier âge (volume 2)Chapitre 19 sur 20 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

(personnelle)

Tuberculose uniquement pulmonaire. — Broncho-pneumonie du sommet gauche. — Lobe supérieur gauche contenant des noyaux caséeux de volume [variable. — Dégénérescence caséeuse des ganglions bronchiques avoisinant le hile du poumon gauche. (Voir planche IL)

Stev. .. (Auguste), âgé de dix mois, entré le 21 décembre 1885, à l’hôpital Tenon (service de M. Landouzy, salle Valleix, n» 15).

Antécédents héréditaires.

Du côté maternel. La mère, âgée de 30 ans, journalière, bien portante. Grand’mère dè l’enfant morte de la poitrine à 42 ans ; maigre, toussant, crachant.

Du côté paternel. Père âgé de 38 ans, polisseur, toussant depuis six mois, et crachant beaucoup, s’amaigrissant.

Antécédents personnels.

Venu à terme, nourri au sein, gros, robuste, très bien portant jusqu’à il y a quinze jours, époque à laquelle il se met à Q. ' 9

tousser par quintes pénibles et de plus en plus fréquentes. Il a percé deux incisives inférieures la semaine dernière et c’est à la dentition commençante que sa mère attribue la maladie pour laquelle elle l’amène à l’hôpital le 21 décembre 1880.

État actuel.

Enfant très vigoureux,bien constitué,pesant 12400 grammes.

Dyspnée intense (60 respirations par minute). Respiration par saccades, inégale, avec des périodes d’apnée et rappelant un peu le type respiratoire de Cheyne-Stokes, Toux expiratrice, fréquente. Visage cyanosé ; les ailes du nez se dilatent activement. Le pouls est à 160.

La température rectale = 37°6 seulement; à l’examen du thorax nous constatons en arrière et à gauche une kone de submatité très étendue et à l’auscultation au- niveau de la force sous-épineuse foyer de râles sous-crépitants fins.

Diagnostic. — Broncho-pneumonie gauche et très probablement tuberculose.

■ Badigeonnage de teinture d’iode sur tout le côté gauche en avant et en arrière. Potion avec 10 grammes de rhnm. Onctions chaudes sur le ventre. Ouate autour de la poitrine.

Le 22. — La cyanose et la dyspnée sont encore plus accusées que la veille. La température est à 39°.

Sirop d’ipéca, 60 grammes.

Le soir l’enfant a vomi abondamment ; à la suite il a été plus calme, moins oppressé, pendant quelques heures, mais l’amélioration n’est que passagère et il meurt dans la nuit.

Autopsie.

(Faite le 24 décembre 1885, à 10 heures du matin.)

/oie normal, pesant 350 grammes.

Rate pesant 35 grammes présentant une plaque de périsplénite sur sa face externe.

Reins. — Décortication très difficile ; la capsule adhère intimement au parenchyme rénal de telle sorte que celui-ci se laisse arracher par lambeaux.

Sur une coupe faite du bord convexe vers le bord concave, aspect blanchâtre : çà et là, quelques petits kystes.

Cerveau .'—Rien à noter du côté des méninges non plus que du côté du cerveau, du cervelet ou du bulbe.

Intestin absolument normal.

Cœur normal aussi.

Poumon droit, sain.

En revanche, celui de gauche est notablement altéré.

Nous constatons tout d’abord l’existence de quelques adhérences au sommet.

Puis, le poumon enlevé, nous sommes frappé tout d’abord par la teinte violacée de son sommet. De plus, il existe sur la partie moyenne de sa face externe des saillies d’aspect blanchâtre.

A la pression, tout le lobe supérieur paraît transformé en un bloc dur, résistant, avec quelques points plus mous.

Sur une coupe nous constatons dans l’intérieur de l’organe l’existence d’une série de masses arrondies, blanchâtres, les plus grosses atteignant le volume d’une noisette, les plus petites les dimensions d’un grain de chènevis.

Au sommet, le tissu est d’un rouge vineux ; il est devenu friable et la pression fait sourdre du muco-pus des bronchioles.

Le lobe inférieur est normal.

Les ganglions avoisinant le hile du poumon gauche sont

considérablement hypertrophiés. L’un d’eux, au niveau du sommet du poumon, atteint le volume d’une petite noix.

Sur une coupe on constate qu’ils ont suhi à des degrés divers la transformation caséeuse. (Voir planche II.)

Dans cette matière caséeuse des ganglions comme aussi dans les amas caséeux dupoumon, nous parvenons sans peine à constater la présence d’un grand nombre de hacilles.

Page 1