‹ Contribution a l'étude de la Tuberculose du Premier AgeChapitre 22 sur 29 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(PERSONNELLE

Rougeole. — Broncho-pneumonie. — Mort. — Autopsie : Tuberculose pulmonaire.

Mir... (Louise-Laurence), âgée de vingt-trois mois, entrée à l'hôpital Tenon le 1% mars 1885 (service de M. Landouzy, salle Valleix, n° 5).

La mère de la petite malade est entrée à la crèche pour des métrorrhagies très abondantes, persistant depuis près d’un an. Elle est très pâle, très affaiblie : souffle anémique extrêmement intense au foyer de l’artère pulmonaire. Bruit de diable dans les vaisseaux du cou. Rien aux poumons. Au toucher vaginal on constate la présence d’un gros polypeutérin faisant saillie entre les lèvres du col et la malade est envoyée avec son en-

SE fant à la crèche de chirurgie (service de M. Lucas-Championnière) le 3 mars.

A ce moment l'enfant se portait bien, quoique toussant un peu : on ne trouvait à l'examen de la poitrine chez elle que quelques petits râles sibilants disséminés des deux côtés.

Dans la crèche de chirurgie, plusieurs cas derougeoles'étaient présentés quelques semaines auparavant ; aussi dix jours après son passage en chirurgie (le 13 mars) la petite Louise est-elle prise de convulsions avec coryza et larmoiement et le lendemain apparaît sur son visage une éruption caractéristique.

On fait revenir la mère et l'enfant à la salle Valleix le 14 au soir. L'enfant est à ce moment très prostrée, en proie à une dyspnée intense. Toux. Diarrhée très abondante. Coryza. Conjonctivite : le visage, le thorax, l'abdomen et la face interne des cuisses sont recouverts d'une éruption rubéolique type.

Râles nombreux, sibilants et ronflants, disséminés dans la poitrine.

Le 16 mars. — L'état s’est aggravé, la dyspnée est extrême. A la base droite, zone de matité avec bouffées de râles sous-crépitants et un souffle expiratoire aigre. Le pouls est petit, précipité. L'éruption a pâli, mais a gagné la face antérieure des avant-bras et les jambes.

Température rectale : matin 4004, soir 4920.

Diagnostic. — Broncho-pneumonie rubéolique.

Traitement. — Ouate sur la poitrine et les membres inférieurs. — Potion avec 10 grammes de rhum, badigeonnage de teinture d’iode sur le côté droit.

Le 17 et le 18.— La petite malade va de mal en pis, dyspnée excessive, coma; l’éruption a disparu. Mort le 19 à 1 heure du matin.

mn"

Autopsie.

(Le 21 mars.)

Thorax. — Pas de liquide dans les plèvres.

La plèvre costale droite présente un semis de granulations tuberculeuses dans son tiers inférieur.

Poumon droit. — On peut constater par la pression l’existence d’un noyau de broncho-pneumonie dans le lobe inférieur.

Sur une coupe, granulations miliaires grisätres assez nombreuses au sommet du lobe supérieur. Au niveau de la base du lobe {inférieur foyer caséeux de la grosseur d’un pois et occupant le centre d’un noyau de broncho-pneumonie.

Ce lobe inférieur, dans le reste de son étendue, est très congestionné, ne crépite plus et se laisse assez facilement pénétrer par le doigt.

Poumon gauche. — Quelques granulations sous-pleurales au niveau du sommet.

Cœur normal.

Rien du côté du péritoine. -— (ranglions mésentériques volumineux.

Rate et reins normaux.

Granulations tuberculeuses verdâtres dans l’intérieur du foie.

Cerveau. — Rien à noter si ce n’est une congestion assez intense.

L'examen de la matière caséeuse à l’aide de la méthode d'Ebrlich y démontre la présence d’un très grand nombre de bacilles.

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