‹ Contribution a l'étude de la Tuberculose du Premier AgeChapitre 8 sur 29 · NI · texte numérisé non relu

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tout jeunes enfants nous a vivement frappé, étant donné surtout que la maladie qui nous occupe est réputée rare dans le premier âge. Aussi avonsnous cru intéressant de faire de la tuberculose de la première enfance; c’est-à-dire de la tuberculose des enfants âgés de moins de deux ans, le sujet de notre thèse.

Nous n'avons certes pas la prétention d'en faire une étude complète; il faudrait pour cela une quantité de matériaux beaucoup plus considérable que celle dont nous pouvions disposer; il faudrait de plus, non pas une, mais plusieurs années de patientes recherches; ce que nous avons voulu, c’est simplement signaler plusieurs particularités qui nous ont paru dignes d'intérêt.

Les deux points que nous nous efforcerons surtout de mettre en relief, sont : d’une part, la relation très intime qui existe, à notre avis, entre la {wberculose et certaines broncho-pneumones dites simples et simples en apparence, — d'autre part, la question capitale de lhérédité.

L'idée première de ce travail nous a été sug-

gérée par M. L. Landouzy. Que le cher maître,

mile

auquel nous devons tant au point de vue de notre éducation médicale, recoive ici l'expression de notre reconnaissance sincère et de notre respectueuse affection.

C'est aussi un tribut de profonde reconnaissance que nous adressons à la mémoire de M. Lasègue qui fut notre premier maître dans les hôpitaux et dont le souvenir nous est et nous restera toujours si cher. |

Que notre maître vénéré et affectionné M. le professeur Hardy, que nos excellents maîtres M. le professeur Proust, MM. Tillaux, Nicaise, Blachez, Guibout, que MM. Hanot, Déjerine et Porak veuillent agréer également l'expression de toute notre gratitude pour les leçons, les conseils et le bienveillant accueil que nous avons trouvés auprès d'eux.

M. le professeur Grancher nous à fait l'honneur d'accepter la présidence de notre thèse : nous l’en remercions bien vivement, comme de l'intérêt qu'il nous a témoigné au cours de nos études et des précieuses connaissances que nous avons puisées à son enseignement.

Enfin, nous remercions très cordialement no-

tre collègue Schachmann qui nous à été d’un grand secours pour les recherches que nous avons eu à faire dans la bibliographie allemande ; comme aussi le peintre distingué auquel nous devons les deux planches qui accompagnent ce

travail et dont la modestie égale le talent.

La tuberculose, s’il en faut croire les auteurs qui se sont occupés de pædiatrie, serait rare au-dessous de deux ans, particulièrement rare au-dessous de un an. Ce sont les conclusions de Papavoine', de Rüilliet et Barthez et de beaucoup d’autres. M. Hervieux, qui s’est tout spécialement intéressé à cette question, donne la proportion suivante :

Sur 996 autopsies d'enfants, il ne trouve que 18 tuberculeux âgés de moins de deux ans et 10 seulement âgés

de moins de un an. Ges cas se répartissent de la façon

suivante :

Deslanaissancena 1bFiOUTS. ee RC 2 DEMOMOUTS ERA EAN OIS RRREE 0 Dé’4® mois 60,808 1030. TP MINE à DEMAIN PEER GMA RE PTS

Dans une toute récente statistique, W. Frobelius (1) réunit tous les cas de tuberculose observés chez les en-

(1) Jahrbuch für Kinderheilkunde, t. XXIV, p. 47, 1886. Q. 1

Sa rareté d'après les auteurs.

Statistique de Frobelius,

fants à la mamelle, à l'hôpital d'enfants de Saint-Pétersbourg, pendant une période de dix ans, de 1874 à

Pendant ces dix années il a été admis à l'hôpital :

Malades . . . . 65683

JSTOR TANTS REMOIS ER 0000 dont : Autopsiés. . . . 16581, parmi lesquels.

Tuberculeux . . 416.

Donc pendant ces dix ans le nombre d’enfants démontrés tuberculeux par l’autopsie représente :

0,4 p. 100 du nombre total des enfants admis.

0,6 p. 100 — — malades.

0,2 p. 100 — — morts.

2,5 p. 100 — — morts et autopsiés.

Demme a trouvé sur 36148 enfants malades 1932 — soit 5,3 p. 100 de tuberculeux.

Biedert sur un relevé de 1308 cas de tuberculose chez l'enfant trouve une proportion de 6,8 p. 100 pour les enfants de 0 à 1 an.

Il semble résulter de tous ces chiffres que le nombre des enfants tuberculeux pendant les deux premières années de la vie est en réalité fort restreint.

En présence de ces longues statistiques, nous paraîtrons peut-être bien téméraire en émettant un avis diamétralement opposé et en déclarant que nous croyons au contraire la tuberculose du premier âge beaucoup plus fréquente qu’on ne le dit.

La statistique sur laquelle nous nous appuyons est certes bien mince en comparaison de celle que nous venons de mentionner, toutefois nous n’hésiterons pas à dire les choses telles que nous les avons vues et telles que

nous les croyons.

ue.

Or, durant le cours de la seule année 1885, nous avons pu observer à la crèche de l'hôpital Tenon (laquelle compte 26 lits de mères et 26 berceaux) onze cas de tuberculose chez des enfants dont le plus âgé avait 23 mois et le plus jeune 3 mois.

Le nombre des admissions a été de 339.

Le — de décès d'enfants a été de 61.

Le — d’autopsies a été de 35.

Le — d'enfants autopsiés et trouvés tuberculeux, 11.

Ce qui donne pour la tuberculose une proportion de plus de 1/3 par rapport à tous les décès, et une proportion de plus de 1/3 par rapport aux autopsies.

Ces cas de tuberculose infantile se sont répartis au point de vue de l’âge, du sexe, etc., comme il est indiqué au tableau d'ensemble où nous avons résumé toutes nos observations. (Voir pages 32, 33.)

Nous insistons sur ce faitque parmi ces 11 cas il en est 5 où nos petits malades avaient moins d'un an (3, 4,6, 7,10 mois).

Et certes le nombre de ces tuberculeux de la première enfance serait beaucoup plus considérable si nous ne nous étions astreint à ne rapporter que les cas où le contrôle anatomique a pu être pratiqué et a permis d'établir rigoureusement et par l'examen macroscopique et par la technique bactériologique l'existence de la tuberculose.

Donc des faits qu'il nous a été donné d’observer et que nous avons minutieusement suivis, nous croyons pouvoir légitimement conclure à la fréquence plus grande qu'on

ne le dit de la tuberculose de la première enfance.

Statistique de la crèche de Tenon pendant l'année 1885.

Conclusion :

Fréquence plus grande qu'on ne le dit de la tuberculose du premier âge.

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