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OBSERVATION VI (MM. Collet, Coulon)
Chatte tigrée, 6 ans. — Mme Gr... amène cette. chatte à la consul-
L . . . . k A A tation le 23 octobre 1950. Depuis un mois environ, elle paraît boîter
et souffrir de l’antérieur gauche et elle à une tuméfaction du nez, éternue, ronfle en respirant ; émaciation des masticateurs. Le nez est déformé par une sorte de tumeur ellipsoïde qui déborde dé chaque côté, particulièrement à gauche, et fait saillie vers lavant ; facies
: léonin ou profil romain typique. Jetage léger ; ; l'œil gauche est à demi
de
recouvert par la paupière supérieure épaissie, cartonnéé par une sorte de sarcoïde qui part de la base du nez ; la peau de cette paupière montre une ulcération subcirculaire presque de la taille d’une pièce de 50 cén-
. times. Le fond de l’ulcèré est rougeâtre, grenu, les bords cutanés sont tuméfiés sans liseré d’épidermisation. L’œil est normal. Adénite sous-
maxillaire gauche de la taille d’un pois. L’antérieur gauche est renflé
. en battant de cloche au niveau du carpe et de l'extrémité inférieure
de lPavant-bras ; la pression en regard de l’épiphyse radiale. est douloureuse ; un peu de chaleur locale. Au devant du carpe, soudé,à la peau,
sarcoïde de 1/2 cm. de large, rémontant sur 3 cm. environ en s’ame-
nuisant. Ganglion axillaire gauche du volume d’un pois. La palpation abdominale révèle un ganglion mésentérique du volume d’une olive. À n’en pas douter, il s’agit de localisations tuberculeuses cutanées et osseuses ; Id! flexion du carpe se fait sans douleur; malgré les apparences, il n’y a pas d’arthrite mais on perçoit des fongosités postcarpiennes qui doivent fuser de la lésion radiale. La radioscopie montre un aspect feuilleté du radius qui est soufflé avec raréfaction considérable et perforation de la corticale en plusieurs points, quelques géodes claires métaphysaires.
Hospitalisation du malade; la température est supérieure à 39°2. Ca recherche du B.K: dans le raclage de l’ulcère est positive. Pendant six jouts l’animal reçoit deux injections quotidiennes de 0,2$ gr. de didromycine pour normaliser la température en vue de la berlin oh: La tuméfaction nasale et l’ulcération palpébrale ont nettement regressé le $ novembre. Le 6; la tuberculination pratiquée est positive avec 1°2 d'amplitude et réactions focales nettes: larmoiement, jetage, chaleur locale au niveau des lésions et douleur. Les lésions faciales diminuent de façon-spectaculaire, l’ulcère est cicatrisé le 16 novembre. La tuméfaction de la région carpienne est moindre qu’au début ; le sarcoïde cutané s'estompe, les fongosités qui bordaient le carpe disparaissent -peu à peu ; mais la lésion radiale reste douloureuse à la pression profonde.
Du 18 novembre au 6 janvier, l'animal est soumis à un traitement mixte P.A.S.-streptomycine, dans l'espoir d'obtenir un résultat plus complet et surtout d'éviter une éventuelle streptomycino-résistance, Le P.A.S. est donné à raison d’une cuillerée à café matin et soir, dissous
SL ORANEESS
dans ün peu de lait; l’animal le prend assez facilement ; périodes de sept jours de P.A.S. alternant avec sept jours de didromycine, sans interruption prolongée.
Au début de janvier, l'animal qui avait un très bon appétit, se porte magnifiquement et a engraissé. Son profil nasal est normal, aucune lésion cutanée ou osseuse n’est plus cliniquement décelable et même les adénites spécifiques ont rétrocédé. Cliniquement, l’animal est guéri de ses lésions décelables. En février, la guérison se maintient, l’animal ayant reçu alors 18 gr. de didromycine et $6 cuillerées de P.A.S.
OBsERVATION VII(MM. Collet, Coulon)
Chat noir, 4 ans. — Mme Chav.… présente cet animal je 5 novembre 1950 parce que, depuis plus de deux mois, il est affecté d’une large: plaie ulcéreuse de lavant-bras gauche qu’elle attribue à une morsure. Les divers topiques à base de sulfamides, de pénicilline, de poudre d’aluminium n’ont donné aucun résultat. A l'examen, tout l’avant-bras se montre hypertrophié, une large plaie fongueuse irrégulièrement losangique de 4X2 cm. occupe la face dorsale du carpe et l'extrémité de l’avant-bras, un pus verdâtre séreux s’en échappe qui agglutine les poils ; des fongosités vineuses ou jaunâtres et gélatiñoïdes, tremblotantes occupent la perte de substance, les bords de la plaie sont tuméfiés mais sans liseré épithélial ; la périphérie du carpe et de l’avant-bras est comme indurée, éléphantiasique ; sur la face dorsale de lavant-bras, faisant corps avec la peau épaissie, on perçoit, longeant la veine dorsale, un volumineux cordon moniliforme qui semble constitué par des nodo- sités élastiques du volume d’une grosse lentille, juxtaposées, et qui s'étend jusqu’au pli du coude et semble plonger sous l’aisselle; les ganglions axillaire et préscapulaire gauches sont de la taille d’un pois. La pression du radius à son extrémité carpienne est douloureuse. La peau de la paupière inférieure est soulevée par une sorte de tumeur ellipsoïde, ferme, indolore, de la taille d’une lentille. Pas d’adénite sousmaxillaire ; mais la palpation de l’abdomen fait percevoir un ganglion mésentérique ferme, bosselé, de la taille d’une noix.
Ces diverses lésions cutanées accompagnées d’éléphantiasis nous font songer à la tuberculose. L'animal est hospitalisé pour être tuberculiné, mais l'équilibre thermique n’est pas immédiatement réalisé. Enfin le 18 novembre tuberculination positive avec 2°5 d’amplitude thermique ct réactions focales très nettes.
Plusieurs examenside pus furent d’abord négatifs, mais le raclage des fongosités finit par mettre en évidence des acido-résistants. La radioscopie montre à l'extrémité du radius gauche une raréfaction osseuse nette avec une lacune claire importante qui donne un aspect soufflé