OBSERVATION IX
Chat noir, castré, 1 an. — Mme Be. présente l’animal parce qu'il est affligé d’une « grosseur » à la paupière inférieure droite. La propriétaire signale un appétit capricieux durant les quinze derniers jours ; depuis la veille au soir, l’animal n’a accepté aucun aliment. Le sujet présente une émaciation musculaire généralisée, particulièrement sensible au niveau des crotaphites. La paupière est hypertrophiée et montre dans sa partie inférieure, contre la racine du nez, une tuméfaction fluctuante, chaude et très douloureuse du volume d’une grosse olive. La palpation abdominale révèle un ganglion mésentérique de la grosseur d’une noix ; aucun autre signe digestif ; par de symptômes pulmonaires. L’animal est hospitalisé ; le lendemain la tuméfaction est ponctionnée ; elle donne issue à un pus grumeleux jaunâtre. Hyperthermie de 40°1. Le malade reçoit 1,5 gr. de Dagénan. Le 20 octobre au matin, température à 39°, le soir 39°5. Le 21 le sujet est encore en
hyperthermie avec 3997 ; par l’orifice de ponction, le pus continue à s’écouler en petite quantité. Applications de collyre sulfamidé. La lésion para-oculaire, l’hyperplasie de la paupière et l’hypertrophie du ganglion mésentérique font suspecter la tuberculose. Devant l’impossibilité de procéder à la tuberculination en raison de l’hyperthermie, on procède à des injections sous-cutanées de didromycine; à raison de 0,2$ gr. matin et soir, Du 22 au 25 octobre, la température se régularise ; le sujet retrouve son appétit ; l’écoulement purulent se tarit. Le 26 l’état reste stationnaire. Le 27 on note une hyperthermie de 40° le matin, 40°2 le soir; des troubles pulmonaires apparaissent : respiration discordante, l’auscultation révèle des râles à droite. Anorexie. Du 27 octobre au 4 novembre le sujet reçoit quotidiennement 50 cgr. de didromycine et 100.000 U.O. de pénicilline. A partir du 1” novembre on note une régression des troubles pulmonaires ; le 4 novembre la. plupière hyperplasiée à repris une souplésse normale ; lésions paraoculaire et palpébrale ne paraissent plus. L’appétit est revenu. Du 4 au 7 l’état général est satisfaisant. Le 8 novembre le sujet est tuberculiné. Réaction positive avec amplitude maximum, de 2° et très long plateau. On note une légère réaction palpébrale avec larmoiement. L'animal est laissé en observation durant les mois de novembre et décembre ; aucun trouble n’est décelé. Mais le $ janvier on remarque une rétraction de l’antérieur gauche qui est maintenu en flexion. L’olécrâne se trouve coiffé par une petite tuméfaction, encore froide mais douloureuse : la pression provoque de vives réactions de défense. L’animal n'ayant pu subir aucun traumatisme, on songe à un nouveau départ du processus tuberculeux. La radioscopie révèle une augmentation de volume de l’olécrâne. L’opacité osseuse est nettement diminuée, mais est irrégulière et on constate la présence de quelques travées sombres sur un fond clair ; la limite du contour osseux est. floue, invisible par endroits. Le $ janvier l’animal est soumis à une nouvelle cure de didromycine associée à l’administration de P.A.S. à raison de une cuillerée à café matin et soir ; le 16 janvier l’animal tient son membre à l'appui et la palpation et la pression de la région du coude ne décèlent plus aucune douleur. En comparant le membre à son homologue :on note cependant une très légère hypertrophie. L'animal est à nouveau laissé en observation. Au mois de mai, on procède à une seconde tuberculination qui se révèle encore positive avec une amplitude thermique de 1°9, sans réaction focale, ni signe pulmonaire. Seule persiste désormais une légère, réaction fibreuse de la pointe du coude, de la grosseur d’une lentille. Le ganglion mésentérique reste de la grosseur d’une olive. L'animal a repris du poids; état général satisfaisant.
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