OBSERVATION XI
Chat pie-noir, 4 ans, à Mme Au... — L'animal est présenté Le 15 janvier 1952. Il montre une tuméfaction ellipsoïde de la région nasale qui débute juste au-dessus de la truffe et remonte jusqu’à une ligne passant par l’angle temporal des yeux ; elle déborde largement la région nasale du côté droit; des narines s'écoule un jetage blanchâtre. De plus, l’animal présente une difficulté respiratoire, avec ronflement provenant du rétrécissement des premières voies aériennes. Aucun symptôme pulmonaire; la tuméfaction est légèrement dépressible et se révèle douloureuse à la palpation. L'examen clinique montre en outre une induration des lèvres vulvaires qui sont hypertrophiées ; aucun écoulement. Enfin les ganglions inguinaux profonds sont de la taille d’un petit pois ; le ganglion mésentérique est hypertrophié, dur et bosselé. La propriétaire signale que la déformation nasale à fait son apparition depuis quatre semaines environ, jetage et cornage datant d’une quinzaine de jours. L'examen radioscopique montre un net éclaircissement du nasal droit, ainsi que des parties adjacentes du frontal et du maxillaire supérieur droits. La substance osseuse semble être devenue poreuse. Le diagnostic de rhinite hypertrophiante tuberculeuse est posé ; la tuberculination viendra néanmoins confirmer ce dernier. Le malade est hospitalisé et laissé trois jours en observation ; dysorexie ; l’équilibre thermique est obtenu avec une moyenne de 38°8. Tuberculination le 19, réaction positive avec amplitude thermige de 1°7, avec plateau ; la cuberculination semble avoir amené une recrudescence des lésions vulvaires ; les lèvres restent entr’ouvertes, sont grisâtres, et présentent une réaction d’hyperkératose.
Du 21 au 27 janvier l’animal reçoit quotidiennement $0 cgr. de didromycine, répartis en deux injections matin et soir. Le 27, le jetage a diminué, le ronflement n’est plus perceptible et l’appétit est satisfaisant ; le. volume de la tuméfaction nasale à déjà diminué. Les injections sont poursuivies jusqu’au 31 janvier. À cette date, le facies
léonin initial tend vers le profil normal ; image radioscopique normale. L'animal se contente de se dérober à la palpation ; la kératose des lèvres vulvaires à disparu, celles-ci ont repris un volume et une consistance normales. Les ganglions inguinaux restent au même stade que précédemment. Traitement continué du 1‘ au 12 février, l’animal recevant en plus une cuillerée à café de P.A.S. chaque jour. Le 12, à part une légère hypertrophie dés ganglions inguinaux, aucune lésion n’est cliniquement décelable. Le sujet est laissé en observation jusqu’au 23 février ; à ce jour, réapparition du processus morbide : début d’hypertrophie nasale, léger jetage, anorexie, hyperthermie de 39°9. Les injections de didromycine associées au P.A.S. sont reprises. Du 23 février au 8 mars, le malade reçoit chaque jour 50 égr. de didromycine et 2 cuillerées à café de P.A.S. Le 8, symptômes et lésions ont rétrocédé à nouveau, l’animal est retrouvé Lu le même état que le 12 février ; de plus, les ganglions inguinaux semblent avoir diminué de volume. Traitement à nouveau suspendu; sujet laissé en observation durant les mois de mars, avril et mai. Pendant ce temps le bon état général de l’animal se maintient. Le sujet a reçu au total 19 gr. de didromycine et 38 cuillerées de P.A.S.
OBsSERVATION XII
Chat noir, $ ans, à Mme Si... — L’animal est présenté le 20 mai 1952. Depuis trois semaines environ la propriétaire a été alertée par un Jarmoiement intense de l’œil droit, qui a résisté à des applications réitérées d’infusion de camomille. De plus, la paupière supérieure est affligée d’une petite plaie. A l'examen on remarque un épaississement de la paupière supérieure droite, qui à perdu toute souplesse et apparaîit comme cartonnée ; une plaie ulcéreuse, circulaire, du diamètre d’un petit pois, est située près de l’angle temporal; la paupière, qui fait constamment saillie sur le globe ie le cache en grande partie. Muco-pus grisâtre à l’angle interne de l'œil. Le centre de l’ulcère est rosé, avec toute une série de croûtelles jaunâtres à sa périphérie ; aucune sécrétion ; en relevant la paupière hyperplasiée, la conjonctive palpébrale monte toute une série de bourgeons charnüs rougeâtres, non ulcérés, qui comblent le sinus conjonctival supérieur ; le corps clignotant présente lui-même de petites élevures rougeâtres de la taille d’une tête d’épingle. En regard de la paupière supérieure, la cornée montre une Zone opalescente jaunâtre du diamètre d’une lentille. Pas d’adénopathies ni sous-maxillaire ni rétro-auriculaire, mais le ganglion mésentérique atteint le volume d’une grosse olive. Etat d’embonpoint du sujet encore satisfaisant. La blépharo-conjonctivite tuberculeuse avec atteinte de la cornée est suspectée. Animal hospitalisé en vue d’une
Man PRES
tuberculination. L'examen du raclage de l’ulcère montre la présence de bacilles acido-résistants. Par contre, l’examen du muco-pus conjonctival ne donne aucun résultat. Le 24 mai, tuberculination ; réaction positive avec amplitude thermique de 1°9; réaction focale intense : congestion et larmoiement accentués, fente palpébrale presque totalement disparue.
Du 29 mai au 12 juin, thérapeutique à la didromycine à raison de 25 cgr. matin et soir en injections sous-cutanées. À partir du 2 juin les lésions rétrocèdent : l’ulcère voit son diamètre diminué ; le 4 juin, lépidermisation apparaît, le 6 la cicatrisation est complète. Les bourgeons conjonctivaux s’amenuisent progressivement ; la paupière à déjà diminué de volume. Le 13, la paupière supérieure est redevenue souple et a repris une épaisseur normale ; les productions conjonctivales ont disparu, la conjonctive est lisse à nouveau. Le corps clignotant a repris un aspect normal; aucune trace de voile cornéen. L'examen ophtalmoscopique de l'œil ne décèle aucune lésion profonde. Mais l’hypertrophie du ganglion mésentérique reste notable.
L'animal, qui a été abandonné par sa propriétaire, est laissé en observation. Le 20 juin l’état du malade reste satisfaisant, mais en vue de consolider la guérison clinique une nouvelle cure à la didromycine est entreprise et du 20 au 27 juin, l’animal recevra chaque jour 25 cgr. de didromycine. L’adénopathie mésentérique reste perceptible. L'animal est revu en octobre. Etat satisfaisant ; aucune récidive.