OBSERVATION XIII
Chat gris, 1 an, à Mme Gu... — Le chat est présenté le 21 octobre 1952, parce qu'il maigrit. De plus, depuis trois semaines, l’animal boîte et se nourrit très irrégulièrement. À ce jour, le malade présente une légère hypertrophie du carpe droit et de l’extrémité inférieure de l’avantbras. Durant la marche l’antérieur droit n’est pas soustrait à l'appui, cependant au repos le membre est parfois maintenu en légère flexion. La pression de la région radiale inférieure n’engendre qu’une douleur sourde, le malade ne faisant que dérober son membre. On remarque en outre une hypertrophie de toute la région du jarret gauche avec claudication accentuée ; de plus, une tuméfaction froide, comble le creux du jarret et déborde en arrière sur le calcanéum; la palpation donne de violentes réactions de défense de la part du sujet. Ganglion mésentérique induré, bosselé, de la grosseur d’une noix. La radioscopie décèle au niveau du tibia, en zone métaphysaire, une raréfaction osseuse corticale avec élargissement du canal médullaire. La substance corticale est rompue en plusieurs points; des fongosités la traversent et descendent vers le creux du jarret. Le calcanéum et les autres os
HA Le
du tarse ne paraissent pas intéressés par le processus de destruction osseuse ; enfin l'extrémité inférieure du tibia montre quelques plages éclaircies.
L'animal est laissé en observation jusqu’au 24 octobre ; le 25, tuberculination ; réaction positive avec amplitude maximum de 2°7. Le 25 au soir, la tuméfaction fluctuante du jarret est fistulisée et laisse écouler un pus grumeleux. L’animal est à nouveau laissé en observation. Des examens de pus montrent des bacilles acido-résistants. Jusqu'au 4 novembre, la courbe thermique est moins régulière et on note les 2 et 3 novembre une hyperthermie de 40°.
Le 4 novembre, un traitement à la didromycine est institué ; l’animal reçoit matin et soir 25 cg. d’antibiotique. Le 16 novembre, seule une forte pression des régions carpienne et radiale décèle un peu de douleur ; on note encore une légère hypertrophie par rapport au membre homologue. Ce membre est maintenu constamment à l'appui. La région du jarret a également diminué de volume et la secrétion fistuleuse est moins abondante. L’animal à repris du poids et mange de bon appétit. La température s'étale entre 38°5 et 39°1. Cependant le volume du ganglion mésentérique paraît aussi important qu’au premier jour. Le traitement est poursuivi jusqu’au 21 novembre inclus. La palpation et la forte pression de la région radio-carpienne ne décèlent plus aucune douleur ; on note à la face antérieure de cette région une petite zone indurée. L’hypertrophic est inappréciable de visu. La région du jarret a, peu à peu, repris un volume et une conformation normales. Le 21 novembre, la fistule est en voie de cicatrisation ; le ganglion mésentérique reste de la grosseur d’une olive. Traitement suspendu du 21 au 25 novembre. Ce sujet a toujours bon appétit, la courbe thermique reste normale. On remarque encore la petite zone fibreuse de la face antérieure de la région carpienne. La région du jarret présente un aspect normal, cependant, à la place de la fistule, bien cicatrisée désormais, reste un nodule fibreux du volume d’un petit pois. :
En vue de consolider la guérison, le traitement est repris du 25 novembre au 9 décembre, à la même posologie que précédemment. Le 10 décembre, seul persiste un épaississement fibreux de la face antérieure du carpe. L'examen radioscopique montre la complète reconstitution osseuse du tibia. L'animal ayant été abandonné par sa propriétaire, reste en observation jusqu’en juin 19$4. Aucune rechute n’est signalée. L’animal aura reçu au itotal 16 gr. $ de didromycine.