‹ Contribution à l'étude de la tuberculose externe du chat: essais de traitement par la dihydrostreptomycineChapitre 7 sur 32 · MR TUE · texte numérisé non relu

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d) Formes infiltrantes et bypertrophiantes.

Elles sont fréquentes et s’observent presque exclusivement au niveau de [a face. L'animal présente alors le « profil romain » ou en « bec de perroquet » ; on parle encore de « facies léonin ». Le nez est agrandi tant en hauteur qu’en largeur. La peau n’est pas mobilisable.

L’anatomie pathologique montre que c’est surtout la partie profonde du derme qui est modifiée. On a, en fait, une infiltration tuberculeuse de l’hypoderme et du derme, accompagnée du phénomène de sclérose réactionnelle hypertrophiante.

L’os sous-jacent est attaqué, devient poreux et se ramollit.

e) Sarcoïdes tuberculeux.

Ils sont plus rares ; il s’agit de tumeurs fermes, indolores et facilement mobilisables. Ils siègent le ne souvent sur

la région fronto-nasale.

Dans toutes ces formes, on peut, dans un certain nombre de càs, noter une hypertrophie des ganglions de la région correspondante. En particulier, dans les cas de lésions siégeant à la tête, les ganglions parotidiens. rétromaxillaires, et le ganglion cervical supérieur peuvent être intéressés ; ils sont alors volumineux, jamais adhérents à la peau, mais quelquefois fixés au tissu sous-jacent.

Il, — Tuberculose oculaire.

Cette forme, comme l’a fait remarquer Lesbouyriès, confère une profonde originalité à la tuberculose du chat.

L’atteinte peut être unilatérale ou bilatérale; et les différentes parties de l'œil peuvent être intéressées en même temps ou:isolément.

a) Tuberculose des paupières.

Elle rentre dans le cadre de la tuberculose cutanée, et provient parfois de l'extension d’un ulcère de la face.

b) Tuberculose conjonctivale.

Elle débute par de petites granulations rosées ou jaunâtres, bien différentes d’ailleurs de celles de la conjonctivite granuleuse. Des bourgeons charnus poussent à l’intérieur des membranes palpébrales en faisant saillie et donnent à la paupière supérieure un aspect dit « en parapluie », « en bénitier » à la paupière inférieure.

Les granulomes, tout en végétant, peuvent s’ulcérer. ‘ Primitivement la conjonctivite était productive, elle. ne devient ulcéreuse que par la suite.

Le corps clignotant peut présenter lui aussi de tels granulomes. Un mucus grisâtre se fait jour dans l'angle interne de l'œil.

La conjonctivite tuberculeuse peut exister seule, sans atteindre la cornée ni l'iris, mais, souvent, elle est accompagnée d’une légère kératite. Elle peut évoluer avec ou sans hypertrophie ganglionnaire régionale.

c) Tuberculose scléroticale.

L’inflammation part du limbe scléro-cornéen et atteint le corps ciliaire et la conjonctive. Une petite tumeur apparait, qui bientôt va s’ulcérer.

d) Tuberculose de la cornée.

Une opalescence jaunâtre apparaît sur la cornée. Le processus aboutit à l’ulcère cornéen ; mais celui-ci évolue beaucoup plus lentement que dans les kératites ulcéreuses banales. L'évolution se termine par la hernie de la membrane de Descemet. <

La tuberculose de la cornée accompagne le plus souvent la conjonctivite tuberculeuse ou même l’uvéite tuberculeuse.

e) Tuberculose de Piris.

C’est une forme fréquente de la tuberculose oculaire. On peut se trouver en présence soit d’une: irido-cyclo-

LME DES

choroïdite, soit seulement d’une iritis, d’une cyclite ou d’une choroïdite.

L’iris devient terne, gris jaunâtre ; il est déformé par des nodules ellipsoïdes, arrondis, qui siègent le plus souvent à l'angle irido-cornéen. On constate rarement des adhérences avec le cristallin. ï L'iris peut encore se contracter, mais la contraction est plus lente que normalement. La réaction à l’atropine est toujours positive.

f) Tuberculose de la choroïde.

C’est la plus grave des tuberculoses oculaires. De plus, c’est une forme fréquente. Elle à surtout été observée chez les chats de race siamoise.

La tuberculose choroïdienne est très souvent bilatérale. Le malade devient progressivement aveugle.

En fait, la tuberculose de la choroïde est difficile à bien observer, car généralement des lésions superficielles (iriennes et cornéennés) empêchent l’examen approfondi du fondus. L’indocilité des sujets, de plus, ne facilite pas l’observation.

On peut cependant noter des taches d’ exsudation jaunàtres entre la rétine et la choroïde, avéc des décollements rétiniens. Les adénopathies anguli ou rétromaxillaires n’existent que rarement.

On a signalé enfin des granulomes infectieux de la choroïde. Ils se manifestent sous forme de tumeurs nodulaires, blanchâtres, et s'étendent vers l'iris. La nature tuberculeuse de ces tumeurs n’est pas prouvée.

111 — Tuberculose osseuse et tuberculose articulaire.

La tuberculose osseuse, inconnue naguère, connaît des localisations très diverses, ainsi que l’a montré le Professeur Collet. On peut la rencontrer au niveau de l’olécrâne, du calcanéum, du tibia, du radius, plus rarement au niveau

As des métacarpiens, des phalanges ou des vertèbres caudales.

On la rencontre également au niveau des os de la face, mais dans ce dernier cas, il s’agit le plus souvent d’un processus tuberculeux cutané infiltrant et hypertrophiant.

En fait, le siège le plus fréquent se situe au niveau des épiphyses inférieures du radius et du cubitus, du tibia et du péroné. Ù

Au début, le malade ne présente qu’une boiterie plus ou moins accusée, sans que le membre soit soustrait à l’appui. On ne note aucune tuméfaction locale. Seule la pression, par la douleur qu’elle engendre, peut délimiter le siège du mal. La douleur semble sourde ; l’animal se contente de dérober son membre à la ue sans violentes réactions de défense.

Puis peu à peu apparaît une tuméfaction, ferme d’abord, et qui se ramollit en augmentant de volume ; elle est adhé-

rente à l’os, chaude. La palpation amène alors des réactions

de défense de la part du sujet.

Nous sommes en présence d’une ostéomyélite qui, d’ abord close, s'ouvre ensuite à l’extérieur par l’intermédiaire d’une fistule qui laisse écouler un pus grumeleux, souvent riche en bacilles. Par des infections surajoutées venant de l’extérieur, le processus aboutit à un phlegmon sus-aponévrotique.

Le membre n’est plus à lPappui; il est raccourci par

rapport à son homologue. Les muscles sus-jacents à la zone tuméfiée s’atrophient. Enfin on peut noter une hypertrophie des ganglions satellites : axillaires, préscapulaires, inguinaux profonds, poplités.

L’os se détruit progressivement et va se réduire à une

mince coque : la tuberculose osseuse évolue le plus souvent sous forme d’une ostéomyélite destructive. Le canal médul-

laire s’élargit, mais le périoste, principalement au niveau des diaphyses, subit des phénomènes réactionnels et donne naissance à du nouveau tissu : l’os se boursoufle, On obtient alors une couche de tissu néoformé superposée à une couche osseuse poreuse et raréfée.

« La trabéculation osseuse normale à disparu pour faire

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