‹ Contribution à l'Étude de la Tuberculose IrienneChapitre 17 sur 27 · I. — TRAITEMENT HYGIÉNIQUE GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

I. — TRAITEMENT HYGIÉNIQUE GÉNÉRAL

La vie au grand air est la clef de voûte du traitement de la tuberculose en général et de la tuberculose irienne. Le malade selon son état doit vivre sans cesse à l’extérieur ou toutes fenêtres ouvertes. Ces conditions sont réalisées au mieux en sanatorium ou dans certaines institutions spéciales. Mais une bonne installation à domicile peut donner d’aussi bons résultats à condition d’être effectuée sous surveillance médicale.

Les malades apyrétiques doivent rester très peu de temps dans leur chambre ; les fiévreux au contraire demeureront au lit autant de temps que persistera la température.

En été le malade devra quitter la ville pour la montagne ou la campagne. En hiver la chambre

devra être toujours aussi aérée mais chauffée. Le malade sera soigneusement couvert, car le tuberculeux par suite de sa mauvaise circulation périphérique ne peut supporter le froid. Les courants d’air devront être évités.

Les résultats d’un tel traitement sont en général excellents. On assiste à une amélioration rapide de l’état général ; les forces reviennent avec l’appétit et une sensation de bien-être général et d’euphorie qui marque un gros progrès dans la lutte de l’organisme contre l’infection tuberculeuse. La disparition de la température vespérale et des sueurs nocturnes constitue encore un signe plus net d'amélioration.

On n’est pas d’accord sur l’influence du climat. Certains prétendent que l'altitude a une influence indéniable ; d’autres, avec Hynsdael, nient cette action adjuvante. Il faut tenir compte avant toute chose du tempérament du malade et de ses dispositions psychiques. Certains aiment la tranquillité, d’autres les endroits gais. Certains la solitude, d’autres la compagnie. La suggestion est un des facteurs du traitement climatique. On ne lui a pas toujours accordé la place qu’il méritait. Un sujet qui a entendu parler de l’action bienfaisante de la montagne ne se trouvera bien qu’en altitude. J’ai connu un tuberculeux pulmonaire à la dernière période qui, abandonné par tous les médecins, avait été guéri par un séjour d’un an à l’Ile du Levant où il avait vécu en solitaire sous la tente.

Il faudra néanmoins éviter les changements brusques de température et les vents trop violents.

Lee 2

Le repos est obligatoire pour les tuberculeux fiévreux, mais un certain travail n’est pas absolument contre-indiqué dans les cas limites. L’accélération du pouls provoquée par le travail physique est un excellent point de repère. N'oublions pas la phrase de Mac Lean: « Si le tuberculeux veut vivre, il doit travailler pour cela. » De toutes façons, il faut essayer d’éviter de changer un travailleur malade en un paresseux bien portant.

Les distractions de toutes sortes sont aussi nécessaires pour l’amélioration psychique de l’état du malade.

Au point de vue du régime on ne peut établir un régime standard.

Le régime doit être adapté aux besoins et aux desiderata du malade plus qu’à la gravité de sa maladie. L’alimentation doit être variée et agréable.

Au cours du traitement général la surveillance des courbes de poids et de température sera une indication précieuse pour indiquer la ligne de conduite à tenir. En principe les malades doivent gagner du poids et s'arrêter un peu au-dessous du poids qu’ils avaient avant le début de la maladie.

Citons le régime reconstituant d’Abadie qui ajoute à l’ingestion de viande et de peptone iodée des frictions à l’huile de foie de morue gaïacolée.

Toutes ces données paraissent simples et évidentes mais il ne faut pas oublier que le traitement hygiénique est à la base de toute amélioration durable de la tuberculose irienne. C’est la conclusion de Brown, rapporteur du Congrès de Madrid : « Open air, rest,

Pa Ne

diet and confidence... in all probability will cure the tuberculosis. »

Page 1