‹ Contribution à l'Étude de la Tuberculose Primitive de l'UtérusChapitre 11 sur 39 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(Derville)

Tuberculose génitale sans autres manifestations

Ch... Louise, 19 ans, couturière, entre le 25 août 1887, à l'hôpital Laënnec. Jeune femme d'apparence forte, vigoureuse, de haute taille, a déjà eu à souffrir de beaucoup de privations.

Parents bien portants.

Il y a trois ans, pneumonie gauche suivie d’épanchement nécessitant un séjour de 2 mois à l'hôpital. Achève de se rétablir. Depuis cette époque la malade n’est pas restée sujette aux bronchites.

L'année suivante, 1885, quelques douleurs dans le côté droit. Elle revient à la consultation de l'hôpital Laennec. On ordonne du sirop de fer et du quinquina.

Réglée à 15 ans, elle a toujours eu ses règles régulièrement. Depuis 4 an et demie elle a de la leuccorhée, mais l’écoulement est surtout abondant depuis 3 mois. I y à 3 mois, elle avorta au 2° mois de sa grossesse. Cet accident est survenu sans aucune cause, la malade n'avait

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fait aucun voyage, aucune chute, et a affirmé ne s'être livrée à aucune manœuvre dans un but coupable. Elle ne prit à ce moment aucun soin de sa santé et continua à travailler comme auparavant.

Depuis cette époque elle a eu fréquemment des douleurs dans le ventre. Amaigrissement. Pas de toux, ni d'expectoration. Légère douleur dans le côté droit de la poitrine à la base. L’auscultation ne permet de découvrir aucun signe morbide. La respiration est pure.

3 septembre. Examen des organes génitaux. Col volumineux un peu irrégulier à la surface. Par le palper bimanuel on constate que le corps de l’utérus est augmenté de volume et dépasse le pubis de plus d’un travers de doigt. Au spéculum le col est rouge, violacé, volumineux ; le museau de tanche entr’ouvert laisse voir une surlace rouge un peu irrégulière. Par l’orifice du col on voit s’écouler un liquide muco-purulent qu’on recueille avec les pinces de Museux et qu’on étale sur lamelles.

4 septembre. Examen des lamelles par la méthode d’Erlich, on trouve 5 à 6 bacilles tuberculeux.

En présence de ces résultats on interroge la malade sur les rapports sexuels qu'elle peut avoir. Elle confie que depuis 6 mois elle vit maritalement avec un jeune homme d’excellente santé et qu’elle n’a pas eu de rapport avec un autre homme.

L'examen de cet homme montre qu'il n’a jamais eu d'affection thoracique ; respiration normale.

L'examen des organes génitaux montre deux noyaux indurés dans l’épididyme droit, l’un de ces noyaux a le volume d’une noisette. Interrogé sur le début de ces

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indurations le malade répond qu'il ne les avait jamais constatées et qu’elles ne le faisaient pas souffrir.

Badigeonnage du col. Tampon au tannin. Injection avec liqueur de Van Swieten dédoublée.

Au bout de quelques jours la malade quitte le service

malgré l’avis des médecins. On trouve dans cette observation plusieurs points intéressants. Troubles menstruels, leuccorhée survenant après avortement, constatation de bacilles de Koch.

L'homme ‘avec qui cette malade avait des rapports sexuels était manifestement atteint de tuberculose génitale. Dès lors il est certain que la métrite tuberculeuse était la suite d’une contagion par le coït. Il ne semble pas possible de rattacher à la tuberculose les accidents thoraciques qu’elle a présentés quelques années auparavant.

On ne peut songer ici qu'à une tuberculose primitive de l’utérus. En ce qui concerne l’avortement il semble que la tuberculose des organes génitaux fut antérieure à cette complication, les troubles menstruels et la leuccorhée existaient en effet auparavant.

OBsERvVATION II

(M. Bouffe in Derville)

M... Joséphine, 35 ans, entre à l’hôpital Saint-Antoine, le 3 mai 1887. Père mort d'accident, mère morte de tuberculose (?). Deux frères en excellente santé. Deux

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