‹ Contribution à l'Étude de la Tuberculose Primitive de l'UtérusChapitre 19 sur 39 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(Walther, Monatsch. f. Gebur. u. Gyn. 1897, in Gorowüilz)

Femme de 26 ans. Sans aucun antécédent tuberculeux. Réglée à 20 ans seulement etayant accouché normalement. Pertes muco-purulentes abondantes. L’orifice du col est entouré d’une érosion saignant facilement. Cautérisation. Les hémorragies persistent. Curettage. L’ulcération se cicatrise et les règles deviennent régulières.

L'examen histologique des fragments de muqueuse obtenus par le curettage montre à l’auteur des tubercules miliaires caractéristiques avec cellules géantes.

OBsERvVATION VI

(Derville)

Tuberculose génitale. Plus tard tuberculose pulmonaire. Examen du mari

A... Marie, âgée de 23 ans, corsetière, entre le 8 juin

Antécédents : Père fort âgé actuellement, jouit d’une excellente santé et ne tousse jamais. Sa mère avait toujours été bien portante. Morte à un âge avancé d’hémorrhagie cérébrale.

Dans la ligne collatérale rien à signaler. Deux frères et une sœur bien portants, elle a perdu une sœur âgée de 4 mois d’une affection dont elle ne peut préciser la nature.

Dans son enfance. Pas de maux d’yeux, quelques boutons dans les cheveux. Pas d’adénopathie.

À 18 ans, elle contracte une fièvre typhoïde qui dura 48 mois. Jamais d'autre maladie. L'hiver, elle avait fréquemment des coryzas, mais jamais elle ne toussait. Réglée pour la première fois à 16 ans. L’écoulement menstruel a toujours été régulier comme durée et quantité ; il y avait seulement quelques jours de retard ou d'avance. Depuis deux ans cette femme dit avoir beaucoup souffert moralement. L’an dernier, pendant la saison d'été, la menstruation s’est montrée irrégulière pour la première fois. La malade était quelquefois deux mois sans être réglée, en même temps elle souffrait du ventre. Peu avant le début de ces troubles menstruels, la malade

avait commencé à avoir quelques flueurs blanches, ce qui ne Jui était jamais arrivé jusque là. Depuis cette époque, cet écoulement leucorrhéïique a persisté et en même temps la menstruation jadis indolore, s’accompagnait de douleurs abdominales.

En novembre 1886, elle eut à deux reprises différentes une métrorrhagie assez abondante, dont la cause ne put être reconnue. La première de ces deux hémorragies dura environ 15 jours et la deuxième se produisit deux mois après le début de la première. Nous avons interrogé la malade avec beaucoup de soins pour savoir si ces métrorrhagies n'étaient pas l'indice d’un avortement. Mais, le mois avant, les règles avaient été normales ; elle n'avait observé aucune modification du côté des seins, pas d’envies de vomir. Le sang qui s’écoula au moment de ces accidents ne fut jamais mêlé de caillots.

Depuis cette époque, la menstruation a été à peu près régulière, toujours douloureuse, un peu moins abondante qu'autrefois.

Il ÿ a un mois et demi, c’est-à-dire vers le milieu d'avril 1887, cette femme recommence à tousser. Elle avait une toux sèche, rare, un peu quinteuse. Cette toux est survenue insensiblement sans cause connue. Pas d’expectoration.

En même temps la malade maigrissait : le soir elle avait de légers frissons et la nuit des sueurs nocturnes assez abondantes. Jamais de vomissements. Les douleurs abdominales n'avaient pas augmenté d'intensité.

Le 6 juin, elle fut prise à la suite d’un accès de toux, d’une hémoptysie assez abondante, elle aurait craché deux verres d’un sang rouge spumeux. Cette hémoptysie

se

continua les jours suivants et décida la malade à entrer à l'hopital.

Etat actuel : amaigrissement peu marqué en apparence. Face colorée. Toux quinteuse, surtout nocturne. Quelques douleurs à la poitrine à droite. La malade crache un peu de sang. Appétit modéré. Jamais de diarrhée ni de vomissements.

Examen de la poitrine : submatité à la partie externe de la fosse sous claviculaire, légère résistance au doigt, exagération des vibrations thoraciques, murmure vésiculaire beaucoup plus faible que dans les points symétriques du côté opposé, expiration légèrement prolongée. En arrière, submatité dans la fosse sous épineuse. Expiration prolongée, un peu soufflante. Retentissement de la voix.

Examen des organes génitaux : à la vulve écoulement blanchâtre. Au toucher, utérus gros, volumineux en situation normale ; par le palper bimanuel on détermine un peu de douleur. Léger empâtement dans le cul de sac droit. Le col est ulcéré, il en sort un mucus épais. On fait un étalement sur lamelles. Dans les préparations on trouve des bacilles de Koch, peu nombreux, mais très nets. La malade n’est pas mariée, mais vit depuis 3 ans avec un individu maigre, d'apparence délicate. Il y a 4 ans ce malade avait été soigné à l'hôpital Laennec pour une gastrite, il tousse depuis ce temps là. Il y a un an il a présenté de fortes sueurs nocturnes, il maigrit beaucoup alors et si actuellement son état est amélioré il n’a pas repris cependant l’embonpoint qu'il avait autrefois. Cet homme a présenté 2 écoulements uréthraux. La première fois à l’âge de 25 ans, il venait de terminer son

Ro

service militaire. L’écoulement persista 2 mois, fut suivi d’une orchite et d’un abcès fistuleux dont la guérison complète demanda 3 mois. Deux ans après nouvel écoulement dont la durée fut de 4 mois. Cystite du col. Envies fréquentes d’uriner.Légères uréthrorragies. Pas d’orchite. Actuellement le malade a quelquefois le matin une goutte purulente qui sort de l’urèthre. Aucun signe de rétrécissement. La miction est quelquefois un peu douloureuse. Au palper on constate-que la tête de l’épididyme présente un noyau induré très net, du volume d’une petite noisette.

Du côté de l’appareil respiratoire on trouve de la submatité sous la clavicule gauche, avec une inspiration rude, une expiration prolongée et soufilante.

Cette observation nous présente donc en résumé l'exemple d’une femme sans antécédents tuberculeux qui a des rapports avec un individu suspect de tuberculose pulmopnaire, présentant en outre de la tuberculose épididymaire et un écoulement purulent, reliquat probable d’une ancienne blennorrhagie. Dix-huit mois après le début des rapports elle a présenté de la leuccorhée. Un an et demi après, les accidents pulmonaires ont commencé. Il nous semble que dans ce cas la contamination par voie génitale est indéniable ; elle a été vraisemblablement préparée par une métrite gonococcique.

Cette observation présente encore un fait intéressant : apparition de métrorrhagie abondantes dès le début de la maladie et pourrait de ce fait s'ajouter aux observations de M. Vincent dans lesquelles il a constaté l’apparition de métrites hémorragiques comme signe prémonitoire de la tuberculose pulmonaire. Nous insisterons sur ce point

Lu

lors de l’étude symptomatologique de la tuberculose utérine primitive.

Grossesse. Accouchement. Post-partum. — L'inoculation tuberculeuse peut se faire non seulement pendant l’accouchement, mais encore pendant la grossesse. La circulation si active au niveau du placenta favorise l'apport, la localisation des bacilles en ce point et constitue un terrain favorable à l’évolution des lésions. Walther, Thiercelin, Cornil, Pozzi ont ettiré l'attention sur le rôle incontestable joué par l’état puerpéral dans l'infection tuberculeuse primitive. « La voie génitale est alors largement ouverte « à l'entrée de tous les germes morbides et les ma- « nœuvres obstétricales elles-mêmes peuvent contri- « buer à les y introduire. Il faut du reste remarquer « qu'une infection de nature quelconque, septicé- « mie, blennorrhagie favorise l'infection bacillaire. « Ces faits sont bien connus en pathologie générale « sous le nom d’infection mixte, combinée (Mischin- « fection des Allemands). Pozzi. »

Après l'accouchement, l'utérus est encore en état

d'infériorité par suite de l’involution et de la dég

nérescence graisseuse de la fibre musculaire.

Nous publions ici le cas, observé dans le service de M. le professeur Paviot, qui a servi de point de départ à notre travail.

spi. # &

Page 1