‹ Contribution à l'Étude de la Tuberculose Primitive de l'UtérusChapitre 20 sur 39 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

Fausse couche datant de 6 mois. Pertes blanches fétides. Méningite tuberculeuse

Autopsie : Granulie méningée et péritonéale. Granulie discrète des poumons. Métrite caséeuse de l'utérus. Tuberculose de la trompe gauche.

T... Marie, 22 ans, ménagère, reçue à l'hôpital de la Croix-Rousse, le mardi 9 décembre 1913, pour fièvre typhoïde, est envoyée dans la salle Sainte-Blandine le sa medi suivant avec le diagnostic de méningite.

Ses parents sont bien portants, elle a deux frères en bonne santé, un frère est mort à dix-huit jours.

Personnellement elle a eu à 5 ans une « fluxion de poitrine » grave ayant duré 2 mois et ayant bien guéri sans que la malade continue à tousser. À 13 ans fut soignée pour l’anémie : elle ressentait alors de violents maux de tête, avait de la lassitude générale, de l’essouf: flement au moindre effort. Cet état dure jusqu’à 16 ans, âge où elle fut réglée. Mariée à 21 ans ; elle a eu un? petite fille, 6 mois après, bien portante. Il y a 6 mois, fausse couche de 5 mois. Depuis cette époque la malade ne s’est pas bien portée : elle se plaint de points dans le dos, les reins ; elle est vite lasse ; elle aifirme ne pas tousser du tout. Réglée régulièrement. Pertes blanches abondantes et fétides. Depuis sa fausse couche e'le a eu des pertes rouges pendant trois mois, pas de signes de spécificité.

L’affection actuelle a débuté il y a environ trois semai-

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nes par des maux de tête violents encerclant le front. En même temps son caractère changeait, elle devenait irritable et son mari lui en fit l'observation. La nuit, son sommeil était agité et elle avait des cauchemars effrayants. Elle aurait eu à ce moment dans la rue des vertiges. Elle avait peu d’appétit et était enfin plus constipée que d'ordinaire. Depuis dimanche dernier elle vomit ses aliments.

A l'entrée, malade un peu abattue, très lucide, répondant bien aux questions qu’on lui pose. C’est une femme de taille supérieure à la normale, non amaigrie. Elle se plaint surtout de maux de tête. Elle vomit tout ce qu’elle absorbe.

Les poumons sonnent et respirent bien. Le cœur a sa pointe dans le 5° espace. Les bruits sont normaux. Le pouls est à 60 . Rien du côté du tube digestif, sauf un peu de muguet.

La céphalée est très vive, et s’irradie en arrière le long de lacolonne. Un peu de raideur de la nuque ; douleurs dans le dos. La malade se met de préférence couchée sur le côté en chien de fusil. Le signe de Kernig existe mais très léger. Les réflexes rotuliens sont normaux. Pas de Babinski ; ni trépidation du pied, ni clonus de la rotule. Du côté des yeux, on note, ni photophobie, ni paralysie oculaire, les pupilles sont égales. La malade entend la montre à un mètre. La raie méningitique existe. Enfin il y à de l’irrégularité de la respiration qui par moment prend le rythme de Cheyne-Stockes.

Pas d’albumine dans les urines. La température depuis l'entrée aux typhiques et ici, depuis 48 heures, mon

ne

tre des irrégularités qui, sans grandes oscillations, peuvent en 36 ou 48 heures la faire osciller de 37,6 à 39°.

17 décembre. La malade vomit moins. On lui a appliqué un topique sur le sommet de la tête. La température oscille entre 38° et 39°.

La méningite est surtout toujours spinale : la malade souîfre lorsqu'on presse sur les masses musculaires, surtout au bras. Elle accuse par moments quelques brouillards devant les yeux, mais il n’y a pas de troubles oculaires moteurs. L'intelligence est intacte.

Une ponction lombaire retire 40 c. c. de liquide céphalo-rachidien, clair, mais non comme de l’eau de roche. Il est très hypertendu. Devant les symptômes surtout spinaux de la méningite, à cause de la teinte non absolument claire du liquide retiré, on injecte immédiatement 20 c. c. de sérum antiméningococcique.

Il est à noter que depuis son arrivée, elle présente un écoulement vaginal, purulent, dont l’odeur fétide frappe dès qu'on découvre la malade. Des injections vaginales matin et soir sont ordonnées.

18 décembre. La malade a beaucoup souffert de céphalie pendant les heures qui ont suivi l'injection du sérum.

Ce matin, elle présente du ptosis droit, la pupille droite est dilatée et ne réagit pas à la lumière. Le globe oculaire droit présente quelques secousses de nystagmus. La malade ne parle pas, mais comprend ce qu’on lui dit.

L'examen du liquide retiré qui n’a donné après centrifugation qu'un petit culot blanc, ne montre aucun microbe.

Au point de vue cytologique, il n’y a rien de bien net :

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