CHAPITRE IV
Symptômes et Diagnostic
Nous n'avons pas cru pouvoir terminer notre travail sans dire quelques mots sur des symptômes importants qui éveilleront l'attention du médecin et permettront quelquefois de faire un diagnostic précoce.
Il est certain que des troubles des organes génitaux peuvent avoir une signification toute particulière lorsqu'ils se manifestent chez des individus déjà entachés de phtisie, mais dans les cas dé tuberculose primitive utérine ou les anamnestiques ne renferment rien de suspect, on comprend combien il sera difficile d'en apprécier la valeur.
Il y a quelques années on attribuait aux troubles de la menstruation une importance telle qu'on les considérait comme pathognomoniques de l’affection. On note quelquefois de l’aménorrhée, mais le
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plus souvent on n’observe que des variations peu importantes dans la régularité des menstrues. De même la quantité ou la qualité de la sécrétion utérine ne peut constituer un véritable signe de tuberculose utérine, mais lorsqu’à un écoulement abondant succède une élimination de grumeaux caséeux, on devra immédiatement penser à Ha possibilité de lésions bacillaires. La recherche du bacille viendra souvent confirmer le diagnostic.
Woolf, en Allemagne, admet que les malades atteintes de dysménorrhée primaire (se manifestant dès la première apparition des règles, par opposition à la dysménorrhée secondaire qui est presque toujours la conséquence d’une affection des organes génitaux) est très souvent le symptôme initial d’un foyer tuberculeux situé dans l'appareil génital, la constatation d’une dysménorrhée primaire chez une femme serait, d’après Woolf, d’une importance capitale dans le diagnostic de tuberculose génitale.
On voit quelquefois des jeunes filles ou des jeunes femmes atteintes de métrorrhagies qui ne sont pas explicables par la chlorose ou le lymphatisme. Le traitement médical échoue, le traitement chirurgical par simple curettage léger reste souvent inefficace et il faut en arriver à des badigeonnages à la teinture d’iode, au perchlorure de fer ou au chlorure de Zn. Chez un certain nombre de ces malades on voit survenir plus tard une tuberculose pulmonaire qui évolue et entraîne la mort. M. Vincent, en présence de ces faits, eut l’idée de faire examiner les fongosités extraites par curettage au point de vue bactério-
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logique. Or, de ces divers examens pratiqués les uns par M. Dor, les autres par M. Paviot, il résulte que ces fongosilés renferment des éléments tuberculeux caractéristiques. Donc l'anatomie pathologique confirme la clinique sur la nature tuberculeuse de la
lésion provocatrice des métrorrhagies rebelles. M. Vin-
cent rapporte quelques observations, entr’autres celle d’une jeune femme présentant les apparences de la santé la plus parfaite et qui, peu de temps après son mariage, fut atteinte de métrorrhagies incoercibles. On diagnostiqua à Paris un déciduome malin. En Janvier 1900, M. Vincent fut appelé à donner ses soins. Il lui fit un curettage et retira des fongosités qui renfermaient des cellules géantes. I] lui fit ensuite des cautérisations au chlorure de zinc. En juin, les métrorrhagies étaient arrêtées. Tout semblait être rentré dans l’ordre lorsque la malade succomba à une péricardite tuberculeuse aiguë.
M. Vincent ne prétend pas poser en principe que toutes les métrorrhagies ou ménorrhagies dites essentielles sont de nature tuberculeuse, les faits qu'il cite sont même plutôt exceptionnels. La conclusion à tirer est que l’on doit se tenir averti d’un danger possible de tuberculose. |
Dans un grand nombre de cas les lésions génitales peuvent rester endormies de longs mois, mais cette tuberculose peut se généraliser et c’est là ce qui fait la gravité du pronostic. Tantôt la généralisation se fait d’une manière brusque en donnant naissance à des formes granuliques (Obs. VII-XIIT), tantôt on a affaire secondairement à des formes de tuberculose
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chronique classique (Obs. IX, XVI, VD) ; enfin, dans un troisième ordre de faits, le bacille tuberculeux gagne de proche en proche les trompes et le péritoine, y détermine des réactions inflammatoires qui pourront servir ultérieurement de point de départ à une infection générale (Ob. XV).