‹ Contribution à l'Étude de la Tuberculose Primitive de l'UtérusChapitre 8 sur 39 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Etiologie et Pathogénie

La tuberculose primitive de l’utérus semble être rare puisque

Mosler admet 8 cas de primitive sur 46 cas

Hiss admet un cas de primitive sur 70 cas

Reclus admet 1 cas de primitive sur 5o cas.

Nous la croyons toutefois beaucoup plus fréquente, sa rareté ne serait qu'apparente et tiendrait surtout à la discrétion du complexus symptomatologique qui l’accompagne. M. le professeur Pozzi a attiré l'attention sur un point des plus curieux d’après lui de la tuberculose primitive des organes génitaux dans les deux sexes « c’est qu’elle peut rester long- « temps, ou même indéfiniment latente et mécon- « nue,par suite de son exacte séquestration due aux « fausses membranes et à l’inspissation du pus ».

Dans un certain nombre d'observations que nous présentons on comprend que les phénomènes de

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métrite banale présentés par les malades aient pu passer presque inaperçus étant donnée leur coexistence avec les symptômes violents d’une éruption milaire aiguë dans les méninges.

La tuberculose primitive de l'utérus pourra s’observer à tous les âges, mais c’est durant la période d'activité génitale que nous observerons surtout cette localisation.

Voies d'accès

Le bacille tuberculeux ne peut déterminer une affection primitive dans l’utérus que par deux voies :

1° la voie ascendante ;

2° la voie descendante comprenant les circulations sanguine et lymphatique. La voie descendante par la muqueuse tubaire est toujours précédée d’une localisation péritonéale, ovarienne ou salpingienne.

1° Voie ascendante

L'infection directe de l’utérus par cette voie a eu dans ces derniers temps des détracteurs systématiques. Acceptée à la suite des travaux de Verneuil et de son école, avec un grand enthousiasme, elle a actuellement beaucoup moins de défenseurs. De l’ensemble des travaux faits sur cette question il

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semble résulter que si ce mode d'infection constitue assurément l'exception, il n’en existe pas moins en réalité. À côté de faits expérimentaux nombreux, il est des cas cliniques où l’infection par voie ascendante n’est pas douteuse, nous donnons quelques observations qui nous ont semblé absolument probantes à cet égard.

Le bacille de Koch serait, dans les cas qui nous occupent, amené le long du tractus vulvo-vaginal. Nous trouvons dans la littérature médicale des exemples d'infections par cette voie : cas de Schenk (1896) enfant de 4 ans, ulcère tuberculeux sur le vestibule du vagin, cas de Prussen (1899) tuberculose utéro tubaire chez un enfant de 10 mois, d’après l’auteur, l'infection aurait été transmise par les habits ou le lavage, Walz qui rapporte ce cas ajoute que pour lui il s’agit d’une tuberculose congénitale. En 1905, Merckel rapporte une observation d’ulcération tuberculeuse du vagin avec tuberculose de l'utérus. Nous publions plus loin une observation d’'Hegar rapportée par Derville dans laquelle il ÿ aurait lieu de soupçonner comme agent de transmission les mains du médecin se livrant à des manœuvres obstétricales.

Aucun de ces cas n’est absolument sûr.

Jacob n’admet pas la propagation ascendante chez les vierges. Gette opinion paraît excessive et revient à dire que la contamination ne pourrait se faire que par le coït ou que le bacille ne pourrait franchir un hymen intact.

Le problème se précise davantage lorsque nous

MC et En AS à : *

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voyons la tuberculose utérine survenir après des rapports sexuels.

Deux cas sont à distinguer :

1° Le conjoint est atteint de tuberculose génitale. Ici aucun doute n'est permis sur la possibilité de la contagion directe. Les travaux de Babès, Debove, Cornil permettent d'affirmer la présence de bacilles ‘

de Koch dans le sperme d'individus atteints de tu-

berculose génitale.

2° Le conjoint est atteint de tuberculose pulmonaire ou de toute autre manifestation extra-génitale.

Le sperme d'un homme tuberculeux, mais sans tuberculose des organes génitaux peut-il renfermer du bacille de Koch?

Conheim, en 1882, étudie cette question. Verneuil, en 1883, pense « que la tuberculose génitale primi- « tive naît peut-être seulement à la suite du coït, « par contagion directe, c'est-à-dire par la progres- « sion du bacille tuberculeux à travers les voies gé- « nitales jusqu'à un point de l’appareil où il trouve « les conditions locales favorabes à son installation « et à son développement ».

Verchère, élève de Verneuil arrive aux mêmes conclusions que son maître. Fernet, en 1885, après avoir systématiquement pratiqué l'examen de tous les tuberculeux passés à son service dans l’espace d'un an partage la même opinion.

En 1893, Aubeau signale la présence du bacille de Koch dans le sperme d’un tuberculeux non atteint de tuberculose génitale, mais bien plus, ce

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