‹ Contribution à l'Étude de la Tuberculose Primitive de l'UtérusChapitre 9 sur 39 · AGE · texte numérisé non relu

AGE

fait constitua à l’origine le seul indice d’une tuberculose pulmonaire qui évolua par la suite.

De nombreuses expériences vinrent contrôler ces faits cliniques.

Prélevant la pulpe du testicule, sain en apparence, d’un cobaye atteint de tuberculose généralisée, Landouzy et Martin reproduisent par inoculation pé- ritonéale une tuberculose chez un deuxième cobaye. De nombreuses objections furent faites à cette expérience : les auteurs, en effet, inoculaient avec le contenu des vaisseaux séminifères, les vaisseaux sanguins et lymphatiques du morceau de testicule prélevé, ceux-ci pouvaient être bacillifères, le cobaye étant atteint de tuberculose généralisée. Deux séries d'expériences reprises exclusivement avec le sperme contenu dans les vésicules séminales donnèrent des résultats positifs.

Sirena et Pernice confirment les expériences de Martin. Ils réussissent à tuberculiser des chiens par inoculation intra péritonéale de liquide spermatique provenant des vésicules séminales d’un homme mort phtisique mais dont les testicules paraissaient sains. Jaeck fait des expériences analogues sur le lapin.

Toutes ces recherches avaient bien montré la possibilité d’une pénétration intra vaginale du bacille de Koch, mais les auteurs n'avaient pas cherché à déterminer expérimentalement les lésions que ce bacille était susceptible de produire dans le tractus génital supérieur.

Il semble que ce soient Cornil et Dobroklonsky

qui constatèrent pour la première fois la présence de follicules tuberculeux utérins à la suite d’une injection intra vaginale de culture de bacille de Koch. Ils réalisèrent expérimentalement une tuberculose primitive de l'utérus par voie ascendante. Dans cette expérience les auteurs avaient pris grand soin de ne pas léser la muqueuse.

Guzzoni degli Oncarani reprenant ces expériences arrive à des résultats négatifs, mais après avoir au préalable produit une irritation de la muqueuse vaginale par la teinture d’iode il réussit à provoquer une tuberculose généralisée.

Spano pense qu'il est possible de ne pas trouver malgré des examens répétés le bacille de Koch dans les organes génitaux sains d'individus morts phtisiques. Mais de ce que ces examens ont été négatifs on ne peut en conclure que le sperme n’en contienne pas. Deux autres faits résultent des expériences de Spano.

1° La réceptivité des organes génitaux féminins pour le virus tuberculeux. « En effet, sur 3 cobayes « inoculés en même temps dans le péritoine et dans « les voies génitales on observe chez 2 d’entre eux « le développement de tuberculose génitale et c’est « avec raison que Williams affirme que la tubercu- « lose primitive des organes génitaux féminins est « beaucoup plus fréquente qu'on ne le croit géné- « ralement. »

2° La possibilité d’une infection générale sans aucune localisation au point où l'infection a été faite. Williams et Mueller purent mettre en évidence le

bacille tuberculeux sur des trompes saines de femmes tuberculeuses. Haatish a vu un taureau franchement tuberculeux contaminer 60 vaches jusque là parfaitement saines.

Derville dans sa thèse ne semble pas admettre la pénétration du bacille dans le sang et sa localisation ultérieure sur les organes génitaux. En tous cas d’après lui ce serait par voie ascendante, contaminalion génitale le plus souvent, que se produirait l'infection.

Mais pour que cette infection soit possible, un traumatisme préalable est nécessaire, c’est ce qu'il résulte des expériences de Popoff et de Mile Gorovitz. Il est

impossible sans lésion de la muqueuse d’infecter les

voies génitales. En traumatisant la muqueuse on obtient des lésions qui restent le plus souvent localisées à l'appareil génital et aux ganglions correspondants. Ces expériences expliquent le rôle important joué par la plaie placentaire dans l’inoculation bacillaire. En 1907, Jung et Beunecke ont obtenu expérimentalement quelques cas de tuberculose ascendante et ils expliquent la pénétration du bacille contre le courant sécréteur par les mouvements anti péristaltiques de l'utérus analogues à ceux observés chez les gros mammifères par Khorer et Kourdikowsky.

Jung base son opinion sur l'expérience suivante des grains de carmin inclus dans du beurre de cacao introduit dans le vagin, se retrouvent dans les cornes utérines, or, conclut Jung, si des corpuscules sans capacité motrice propre peuvent remonter dans l'utérus malgré le courant contraire que suivent les

Page 1