OBSERVATION II (INÉDITE
Ostéite de la rotule gauche.
Marthe D., quatorze ans, entre à l'hôpital des Enfants-Malades le 18 février 1907.
Rien à signaler dans ses antécédents héréditaires. La malade, née à terme, a eu la rougeole à neuf ans ; depuis, elle a toujours été bien portante, sauf qu’elle a eu quelques abcès et furoncles.
Elle souffre du genou gauche depuis trois mois; sa mère rapporte tout à une chute que fit la malade à cette époque. Depuis un mois, elle ne marche plus; la nuit, douleurs spontanées dans le genou ; l'enfant souffre quand elle veut marcher. Actuellement, elle se présente, la marche à demi fléchie: il est impossible d’obtenir l’extension complète du membre. Le genou gauche est un peu gros, mais, à la palpation, on voit qu’il s’agit surtout d’épaississement des téguments. Pas de choc rotulien, mais une douleur nette à la pression en un point de la rotule. Quelques ganglions inguinaux. Atrophie musculaire au-dessus de la base de la rotule.
16 novembre 1907. — La malade revient de Berck où, le 23 avril, on lui a ouvert le genou par une grande incision de 7 à 8 centimètres en avant de la rotule pour vider un abcès ; on a retiré un corps étranger. Huit jours après, elle a eu un érysipèle à la suite duquel la plaie s’est rouverte à la partie moyenne de la suture et continue à suppurer depuis lors. La
malade, rentrée depuis trois mois, est soignée par un médecin de quartier. Son membre est dans un plâtre.
21 novembre. — On enlève le plâtre; l’examen du genou montre qu'il ne s’agit pas d’une tumeur blanche; en effet, la synoviale n’est pas épaissie, tous les mouvements sont libres et il n’y à de point douloureux que sur la rotule. D’autre part, cet os est augmenté de volume transversalement et la cicatrice adhère à l’os.
La malade, revue le 3 décembre, n’a plus depuis donné de ses nouvelles.