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gène respiratoire dans les efforts soutenus et dans la marche; l’expectoration était devenue muco-purulente, surtout le matin; le reste de la journée, les crachats étaient spumeux et aérés; la voix n’était pas altérée, la toux était rauque.
Enfin un phénomène nouveau se montra, d’abord passager et survenant à l’occasion des efforts violents : c'était un sifflement inspiratoire très marqué s’accompagnant d’une sorte d'angoisse, d’un besoin commandant le repos. Si la malade s’arrêtait, le sifflement disparaissait. La toux s’accompagnait d’une douleur rétro-sternale très vive; des vomissements survinrent à cette époque. Plusieurs médecins virent la malade. Sous l’influence des traitements institués, les vomissements disparurent, mais les phénomènes dyspnéiques allèrent en augmentant. Il y a cinq à six mois, la malade expectora quelques crachals sanglants. Leur couleur n’était pas rouge vif, elle était brunâtre, chocolat. Jamais d’hémoptysie franche avec sang rutilant.
Dans le courant des mois de mars et d’avril, son état s’aggrava manifestement, le cornage survenait au moindre effort; la dyspnée était pour ainsi dire continuelle; une émotion, le moindre travail, amenaient des paroxysmes. Aucune difficulté de déglutition. Pas de sensation . douloureuse par la pression au cou, ni pendant le passage du bol alimentaire à travers l’œsophage. L'état général s'était maintenu très bon jusqu’au mois d’avril; la malade n'avait pas maigri sensiblement jusqu’à cette époque.
Vers la fin de mai, il survint un peu de mal à la gorge, la déglutition était douloureuse. Un traitement antisyphilitique fut prescrit sans résultat. Plus tard, on fit des cautérisations dans la gorge. Mais comme sa santé, loin de s’améliorer, empirait de jour en jour, cette femme se décida à entrer à l’hôpital.
L’état de la malade, au moment de son entrée, est
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le suivant : facies pâle peu amaigri, musculature du corps et des membres bien conservés, le tissu celluloadipeux ne paraît pas avoir subi de résorption rapide. Appétit bon, quoique un peu diminué, les fonctions digestives intactes. Le cœur est bon. Les gros vaisseaux du cou, l’aorte ne présentent rien d’anormal. Rien du côté du corps thyroïde. Aucun engorgement ganglionnaire appréciable, Aucune altération dans la qualité, ni la quantité des urines.
Nous procédons en premier lieu à l'examen de la gorge, dont la malade se plaint vivement. Tout le pharynx, le pilier, les amygdales présentent une coloration vineuse. Sur le pilier droit, il existe une perte de substance et sur l’amygdale droite, on voit une ulcération recouverte d’un exsudat pultacé grisâtre. Les cautérisations faites au dehors ont dénaturé l'aspect des lésions, il est prudent d’attendre avant de se prononcer sur leur nature, bien que l’idée de tuberculose pharyngée vint tout naturellement à l’esprit, en raison des phénomènes constatés du côté des voies respiratoires.
En effet, la dyspnée est intense, le cornage existe d’une façon permanente pour ainsi dire. Il suffit d’un mouvement un peu brusque de la malade dans son lit, de la moindre émotion, pour qu’il survienne une crise d’oppression, une cyanose des lèvres et de la face, avec sueurs et tirage très marqué.
L’inspection de la poitrine fournit les renseignements suivants : creux sus et sous-claviculaires effacés, muscles inspirateurs accessoires saillants, base du cou élargie.
La percussion pratiquée à gauche et à droite ne dénote aucune altération de son aux deux sommets, ni vers la partie moyenne des deux poumons. Il existe une submatité assez prononcée au niveau du lobe inférieur du poumon droit et dans l’espace interscapulaire. Aux
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mêmes points correspond de l’exagération des vibrations vocales. &
L’auscultation des poumons révèle d’une façon générale une diminution du murmure respiratoire, et des râles sibilants disséminés un peu partout, mais prédominant manifestement à droite. Deux points importants se dégagent de cette exploration : d’abord l’existence d’un foyer étendu de râles muqueux et sibilants, occupant le lobe inférieur du poumon droit, et la constatation d’un souffle rude inspiratoire et expiratoire, occupant l’espace interscapulaire et plus accentué du côté droit de la colonne vertébrale que du côté gauche. La respiration est plus faible dans tout le poumon droit, phénomène en rapport avec l’idée d’une compression de la bronche droite.
Le larynx n’est pas sensible, il n’est pas douloureux à la pression; la voix est claire, non enrouée, mais la malade, très oppressée, scande ses paroles et s’arrête quelquefois au milieu d’un mot. La toux est sourde, rauque, et s’accompagne d’une sensation de brûlure, de déchirure rétro-sternale, d’une sorte de cuisson très pénible.
Les crachats sont muco-purulents, nummulaires, peu abondants; ils nagent dans une grande quantité de liquide spumeux; ils ne sont pas teintés de sang. L’examen bacillaire des crachats ne fut malheureusement pas fait les premiers jours.
Le diagnostic était hésitant. L'hypothèse la plus probable était la suivante : tuberculose pulmonaire ayant débuté par la base du poumon droit, phénomènes de compression de la partie inférieure de la trachée et plus particulièrement de la base droite par des ganglions tuberculeux.
Les jours suivants, il ne se produisit aucune modification des signes observés le 30 juillet, le fond de la
gorge s'était détergé, et, sur le pilier droit antérieur du voile du palais, sur l’amygdale il existait des ulcérations profondes déjà évidées, à bords déchiquetés, à fonds sanieux. Par place, des points jaunâtres manifestes.
Le 1* et le 2 août, aggravation des phénomènes dyspnéiques, mort le 3 août dans un accès de suffocation.
L’autopsie révèle des lésions intéressantes que nous allons exposer brièvement ici. Nous avons donné dans un autre travail un examen complet de tous les organes et un examen bactériologique, que nous devons à l’obligeance de notre collègue, M. F. Widal, médaille d’or des Hôpitaux.
Le pharynx offre des lésions nettes de tuberculose, il existe des ulcérations avec grains jaunes sur les bords. C’est seulement à deux centimètres au-dessous des cordes vocales inférieures, que commencent les altérations les plus remarquables. A partir de ce point, toute la partie inférieure du conduit trachéal est le siège d’une vaste ulcération occupant tout le pourtour, s'étendant jusqu’à la bifurcation de la trachée et empiétant de un centimètre et demi à 2 centimètres sur la bronche droite. En deux points, occupant la partie moyenne de la trachée, les lésions ont pénétré jusqu'aux cerceaux cartilagineux qui sont à nu et grisâtres. Les bords de cette vaste ulcération sont festonnés, irréguliers, légèrement surélevés. Le fond est recouvert de mucosités sanguinolentes. À un examen plus attentif, et en détergeant les surfaces, il est facile de voir que la lésion n’est constituée par fusion successive et coalescence de petites ulcérations d’âge différent et de profondeur variable qui se sont réunies par leurs bords. Il en est de récentes, constituées par une simple érosion de la muqueuse, il en est qui ont atteint et détruit les cartilages.