‹ Contribution à l'étude de la tuberculose primitive de la trachéeChapitre 15 sur 24 · SR NA · texte numérisé non relu

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est également intéressé. Les cartilages présentent parfois une multiplication de leurs cellules, une véritable médullisation et des travées osseuses. Le cartilage ainsi ossifié peut être décollé du périchondre.

Telle est l’évolution de la forme ulcéreuse de la tuberculose trachéale qui semble n’avoir aucune tendance à la cicatrisation.

La présence de végétations qui rétrécissent la lumière du conduit trachéal caractérise une forme particulière que peut revêtir la tuberculose de cet organe. Deux observations détaillées, l’une de Hermann von Schrôtter, l’autre du Docteur Baron, permettent d’en étudier la symptomatologie en se basant sur des faits cliniques.

Observation de H. von Schrôtter.

Une femme de 47 ans, sans antécédents, vient consulter le 3 juillet 1900. Il y a quatre mois elle a commencé à tousser et depuis deux mois elle présente une dyspnée légère. A l’examen on ne trouve aucune affection des viscères. La forte dyspnée a tous les caractères de bruits de sténoses bas situées de la trachée. En effet le miroir ne montre rien d’anormal dans la partie supérieure des voies respiratoires, rien au larynx; par contre, figurant dans la profondeur de la trachée, tout près de la bifurcation on trouve des masses tumorales irrégulières, bosselées, rétrécissant la lumière trachéale, gris-rougeâtres, et se composant vraisemblablement de parties solides.

Vu l’âge de la malade, l’état normal des autres organes, l’aspect de la tumeur et son siège, on fait le diagnostic de néoplasme trachéal (probablement un carcinome primaire). Avec ce diagnostic, le pronostic a été également déterminé. Mais je ne voulais pas me contenter de cet examen et voulais faire une biopsie. C’est pourquoi j’usai

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de la trachéoscopie directe suivant la méthode de Killian. Cet examen a montré une sténose orientée de, droite à gauche et d'avant en arrière en forme de poire, entourée de bosselures gris-rougeâtre d’une largeur de 2 millimètres. Au-dessus de ces bosselures on a trouvé quelques nodules isolés.

Avec une pince de Stucke, s’orientant dans toutes les directions, on fait un prélèvement à 23 cm. de l’arcade dentaire. Ces bourgeons ont une consistance qui n’est ni dure ni molle. L'examen histologique a montré, à ma plus grande stupéfaction, un tissu de granulations avec cellules géantes. Le diagnostic de néoplasme est éliminé et il ne reste que deux hypothèses possibles des végétations syphilitiques ou tuberculeuses. Les autres examens ont montré la présence de bacilles de Koch dans les crachats, d’une façon inconstante et en petit nombre. Il fut trouvé des bacilles dans une coupe, ce qui imposa le diagnostic de tuberculose primaire du segment inférieur de la trachée. Diagnostic qui a été confirmé par l’évolution de la maladie.

A l’examen pulmonaire, on trouve seulement une respiration plus faible au sommet droit. Elle présente en outre, une cicatrice à la lèvre inférieure qui est la conséquence d’une ulcération lupique diagnostiquée par le médecin. Ce résultat a nécessité la mise en œuvre de toutes les ressources de la thérapeutique. En cinq à six séances, j’ai enlevé avec l’instrument indiqué plus haut, aussi profondément que possible, les bourgeons audessus et au-dessous de la sténose. La dyspnée a diminué et la respiration de sténose n’était perceptible que dans la respiration forcée. J’ai fait ensuite des badigeonnages avec de l’acide lactique concentré, toujours sous le contrôle de la trachéoscopie, afin de ne pas léser les tissus sains et le résultat a été excellent.

Je ai fait entrer dans un sanatorium le 10 avril 1900

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