CONCLUSIONS
FL. — On dit qu'il y a tuberculose primitive des muscles, lorsqu'elle n’est pas due à la propagation d’une infection tuberculeuse du voisinage. Elle est très rare, surtout la forme dont nous rapportons une observation au début de notre thèse,
Il. — La tuberculose primitive du muscle est due au bacille de Koch. Les causes prédisposantes qui facilitent l'invasion du musele sont les traumatismes, la fatioue, les affections antérieures de l'organe, et indirectement les antécédents personnels et héréditaires.
IT. La tuberculose primitive du muscle est hématogène. Le bacille de Koch, apporté par le sang, produit d'abord de l'endopérivascularite, puis, selon sa virulence eb la résistance du milieu, une tuberculose des gaines vasculaires, du tissu conjonctif extra et intra-faseiculaire à tendance caséeuse ou scléreuse prédominante ; de là une multitude de degrés dans l'intensité de la lésion, depuis la forme à granulalions tuberculeuses typiques jusqu'à la cirrhose du muscle. |
[V. - 1° Macroscopiquement, quatre formes pouvant d'ailleurs se combiner : la gomme, l'abcès froid, le kyste tuberculeux, la cirrhose du muscle. Le rhumatisme tuber-
LAN PTE culeux du muscle n’a pas à proprement parler de lésions. 2° Microscopiquement, les lésions tuberculeuses primilives sont des lésions à évolution rapide, des lésions à évolution lente et des lésions mixtes où les deux premières se combinent.
Dans les formes à évolution rapide, au début follicule de Kôster ; il y a des cellules géantes très nettes, des bacilles. Tendance à la caséification.
Dans les formes à évolution lente, au début nodule tubereuleux inflammatoire caractérisé par l'absence de cellules géantes et de bacilles, lintrication désordonnée de plasmazellens et de cellules épithélioïdes, une très vive réaction inflammatoire du tissu conjoncetif Voisin.
Les troisièmes formes sont des formes mixtes, ies plus nombreuses. ;
Les vaisseaux, siège d’endopérivascularite, sont oblitérés par le processus inflammatoire
La fibre musculaire, comprimée el altérée dans sa nutrilion par les toxines, dégénère, meurl el est phagocytée par les myophages.
V.— Les symptômes subjectifs et fonctionnels sont la douleur, la gêne fonctionnelle. Les symptômes physiques sont une tumeur intramusculaire pouvant revêtir divers aspects : gomme crue ou ramollie, abcès froid et kyste tuberculeux, limité ou fusant dans les espaces voisins, cirrhose musculaire.
De la combinaison de ces symptômes, plusieurs formes :
a) Tumeur unique n'influençant pas l'état général, bon.
b) Tumeur unique, avec élat général suspect.
c) Tumeur unique, accident d’une tuberculose générale ou localisée, grave.
HR d) Tumeurs par poussées successives, e) Rhumatisme musculaire tuberculeux.
VI. — Pronostic bénin localement au point de vue état général : bénin, si celui-ci bon; grave, si celui-ci altéré.
VII. — Pour diagnoshquer d’une façon sûre la tuberculose primitive du musele, le médecin doit franchir trois élapes :
À la première il doit exactement localiser dans le muscle la tumeur constatée :
A la seconde, il doit, pour établir qu'elle est primitive, écarter les hypothèses de lésion de voisinage ;
À la-troisième, il doit faire le diagnostic de nature et pour cela éliminer diverses causes de tumeurs où pseudotumeurs du muscle, notamment la syphilis, le sarcome des parties molles, le kyste hydatique.
Pour ces deux dernières maladies, le laboratoire viendra à l’aide des données chniques insuffisantes, au moyen :
a) Etude histologique de la tumeur à la suite de ponction.
b) Inoculation au cobaye.
c) Ensemencement et culture en série.
d) Séro-diagnostic d'Arloing (?) , VIII. — Le traitement sera chirurgical et médical :
a) Chirurgical : il s'adressera à l’état local, quand l’état général le permettra, Dans cette dernière hypothèse, ne rien laisser qui puisse amener une récidive.
b) Médical: traitement de la tuberculose en général, repos hygiénique, alimentation abondante carnée, bien réglée (non suralimentation au terme banal du mot).
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