‹ Contribution à l'étude de la tuberculose primitive des muscles striésChapitre 6 sur 48 · SO · texte numérisé non relu

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la cuisse, la présence d’une tumeur du volume du poing environ, de forme à peu prè ès ovalaire à grand axe vertical. Cette Lumeur s'élend en hauteur depuis la partie extérieure de l'interligne articulaire du genou en bas, jusqu'à 13 centimètres de cette interligne en haut. Le bord interne de la tumeur répond à peu près à une ligne menée par le bord externe de la rotule. La rotule est légèrement refoulée en dedans ; elle est d’ailleurs très mobile et non adhérente à la tumeur. Le bord externe de la masse, plus étalé et plus imprécis, s'avance vers le creux poplité.

La peau, à la surface de la tumeur, est rouge, chaude, enflammée et adhérente. Au dessus et au-dessous de la tumeur, on constate de la circulation veineuse collatérale. La tumeur est assez mobile sur les plans profonds; elle a une suface lisse et une consistance charnue assez uni: forme ; en aucun point on ne constate de flustuation.

La pression à la surface de la tumeur provoque une légère douleur, mais quand on explore les extrémités osseuses voisines, notamment lépiphyse tUbiale supérieure, on ne provoque aucune douleur.

Il faut signaler encore l'absence de ganglions dans le pli de laine.

Malgré la présence de cette tumeur, la malade peut fléchir son genou d'une façon complète et sans douleur ; la marche n’est pas gênce.

L'état général de cette malade est excellent: pas d’amaigrissement ; elle ne tousse ni ne crache; les poumons ne sont pas suspects.

Avons-nous affaire à un sarcome, ou à une tuberculose primitive du muscle? Une ponelion exploratrice pratiquée au niveau de cette tumeur ne ramène que du sang et ne permet pas de faire la détermination histologique de sa

nature.

— 10 — ë La malade est opérée le ? novembre 1906. La peau incisée est considérablement épaissie et infitrée. À peine a-t-on essayé de séparer au bistouri la tumeur et Îles tissus qui l'entourent, on ouvre dans sa partie antéroexterne une cavité du volume d'une grosse noix environ,

d'où s'écoule un liquide purulent, séreux, grumeleux, d’odeur fétide.

On continue l'ablation de la tumeur et on l’enlève en totalité en taillant largement au ciseau dans les tissus d'apparence saine qui l'entourent.

On suture la peau après avoir mis un petit drain de. sûreté. La réunion de la plaie a eu leu par première intention.

Quelques jours après apparaissent simultanément deux ulcérations : l’une au milieu de la partie inférieure de la cicatrice, l’autre immédiatement en dehors de l'extrémité inférieure de la ligne cicatricielle. Ces ulcérations, comme des pièces de cinquante centimes, atteignent progressivement l'étendue d'une pièce de cinq francs, sont peu profondes, d'aspect violacé sur les bords; ceux-ci sont décollés; le fond est rosé, granuleux, avec par-ci par-là un enduit pultacé. La périphérie des ulcérations est superficiellement infiltrée.

Pendant trois mois, emploi réitéré d’emplatre de Vigo; les ulcéralions se détergent et cicatrisent. Guérison au bout de deux mois. La cicatrice de l’ulcération inférieure est éloilée, mince, peu rétractile, entourée d'une zone. brunâtre; la cicatrice de l’ulcération située sur la ligne de suture est plus épaisse, d'aspect chéloïdien et légèrement douloureuse (22 janvier 1907).

La malade rentre à l'hôpital le 23 mai 1907. Il Y a trois semaines une uicération à apparu au niveau de la partie

supérieure de la cicatrice; elle présente le même aspect que les précédentes.

Examen macroscopique. — La surface de section présente un aspect caractéristique : A la périphérie, on constate une zone de lissu cellulo-adipeux qui se lasse rapidement, prend un aspect lardacé et œdématié de couleur grisâtre. Dans ce tissu ressemblant à une infiltration gélatiniforme, on constate des points de mortification grisâtres, tantôt allongés et étroits, tantôt formant des nodules du volume d’une noisette environ, quelquefois même plus volumineux. Ces nodules comprennent une partie centrale ulcérée, en désagrégation complète, limitée par un bord ondulé, très irrégulier, la partie périphérique se confondant par une série de transitions insensibles avec le tissu lardacé avoisinant.

Ces nodules dégénérés de petit volume siègent surtout à la périphérie de la masse.

Vers la partie centrale de la tumeur, ces nodules caséeux se sont réunis pour constiluer une masse nécrosée, présentant ses teintes variables, Jaunâtres, ocreuses, violacées, masse creusée çà et là de cavités irrégulières,

L'aspect macroscopique de la surface de section de la tumeur permetdéjà de penser,au premier abord ,qu'ils’agit d'une infiltration gélatiniforme tuberculeuse avec foyer de dégénérescence caséeuse en voie de fonte et d’ulcéralion. Ce diagnostic a d’ailleurs été contrôlé par l'examen histologique.

Examen microscopique. — L'examen de la coupe d’un fragment, pris dans la partie moyenne de la tumeur au voisinage d’un nodule caséeux et se prolongeant jusqu à la périphérie de la tumeur, montre les lésions suivantes (coloration à l’hématéine, éosine, hematoxyline : Van Gresson) :

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