ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Cette étude ne serait pas complète, si nous ne décrivions, bien que de façon toute sommaire, l’organisation morphologique de la tuberculose utérine.
MACROSCOPIQUEMENT
L’utérus présente des lésions qui vont intéresser la muqueuse mais qui, dans certains cas, gagnent la musculature: myométrite succédant à une endométrite bacillaire.
D’après les auteurs, on trouve généralement quatre formes de tuberculose utérine qui sera, selon le cas: hypertrophique, ulcéro-caséeuse, miliaire, interstitielle.
a) Hypertrophique ou végétante. — Caractérisée par la saillie dans la cavité utérine de petites tumeurs, unique ou multiples, irrégulières parfois fongueuses (cas de CoRNIL ct de DANIEL).
b) Ulcéro-caséeuse, se traduisant par de vraies découpures de la muqueuse, de forme arrondie ou ovalaire, à bords indurés, blanchâtres. et dont le fond est recouvert d'un enduit casécux, puriforme. Secondairement, ces ulcérations parviennent à envahir la couche musculeuse.
c) Forme müliaire. — Ou tuberculose généralisée de la muqueuse utérine, qui généralement est étendue à toute la muqueuse superficielle, mais peut aussi gagner vers la musculeuse et devenir, par dégénérescence caséeuse du TRÉME tre, une vraie bacillose ulcéreuse.
d) Interstitielle. — Réalise alors une infiltration diffuse de tout le parenchyme par des cellules rondes et des cellules géantes. L'ensemble des lésions permet de reconnaître un processus sclérosant, pouvant amener par ceîte dissémination dans tout le parenchyme utérin, des rupiures dues à l’altération profonde du muscle (FAURE et SIREDEY).
Enfin, nous devons signaler de rares cas de tuberculose
limitée au myomètre: l'utérus augmenté de volume, gardant sa muqueuse intacte, présentait en plein muscle, un gros nodule caséifié GENE WATKINS, MAUCLAIRE, RAYNIER).
MICROSCOPIQUEMENT.
D’après CorNIL, comme le confirme DaxiEL, la tuberculose utérine au début, se traduit par des lésions d’endométrite. Mais on trouve, dans notre observation, un fait que n’avait point trouvé CoRNIL dans les siennes.
Comme lui, nous signalons une hypertrophie glandulaire, avec un foisonnement de cellules géantes typiques dans les espèces interglandulaires, mais, ce que CORNIL n'avait pas dit: « au niveau des faisceaux musculaires du myomètre on les voit littéralement infarcis de follicules tuberculeux à divers stades évolutifs » (conf. fig. 3).
Ve. EU
A) FORME ULCÉRO-CASÉUSE. —— FORGUE et MassaBuAU ont montré, au niveau de la muqueuse, des lésions typiques étagées en trois zones, de la surface à la profondeur.
1° Zone caséeuse superficielle. — L’épithélium de la muqueuse a disparu par places, remplacé par une sorte de matière caséeuse.
2° Une zone sous-jacente offrant des lésions réactionnelles du tissu glandulaire, localisées en véritable foyer. La lésion vraie vise le tissu conjonctif du chorion qui est épaissi, infiltré par un nombre considérable de follicules tuberculeux. Au contact de la zone superficielle ulcérée, les follicules moins nets sont remplacés par un véritable envahissement de mononucléaires.
3° Les lésions se limitent à la muqueuse. — Les seules anomalies notées dans le parenchyme et la sous-muqueuse sont des réactions inflammatoires banales sans caractère nettement marqué et encore moins de follicules tuberculeux.
B) FORME HYPERTROPHIQUE.— Dans ce cas, la presque totalité des éléments normaux de la muqueuse sont remplacés par des mononucléaires. Leur envahissement s’étend à toute la muqueuse et on ne retrouve qu'eux, à la coupe des végétations. Par endroits, ils tendent à s’infiltrer dans les couches musculaires, mais celles-ci sont surtout infarcies de tubercules en nombre modéré et d'évolution plus avancée.
C) LA FORME MILLIAIRE. — Offre des follicules tuberculeux, confluents ou isolés, siégeant avec prédilection dans le stroma de la muqueuse. Ces follicules sont constitués de plas-
Aie
mocytes, d’histiocytes, qui prédominent avec une réaction
lymphocytaire environnante mais sans cellules géantes;
d’autre fois, les cellules se trouvent à la périphérie des follicules de Kôster, plus ou moins typiques. A une phase plus avancée, la marche de ces éléments donne la caséification. Elle est d’ailleurs mentionnée dans notre observation, où nous-trouvons des zones qui offrent des plages de dégénérescence hyaline paraissant bien représenter le stade de début de la nécrobiose. De plus, au niveau de la muqueuse, existent des signes évidents de tuberculose caséeuse. Dans le cas exposé, on a l’exemple d’une tuberculose milliaire suffisamment avancée, puisqu'on peut y retrouver ces signes classiques que nous venons d’exposer, et que ,nous avons vu le stroma de cet utérus littéralement envahi par des granulations tuberculeuses.