‹ Contribution à l'étude de la tuberculose primitive du corps de l'UtérusChapitre 10 sur 19 · VOIE DESCENDANTE · texte numérisé non relu

VOIE DESCENDANTE

A) Hématogène. — La majorité des classiques admet que la tuberculose utérine est due à une auto-infection et que cette localisation bacillaire se fait par voie descendante, mais ils signalent qu’elle fait suite à d’autres manifestations de l'organisme précédant la tuberculose génitale.

DANIEL ajoute, et c’est aussi l’opinion de mon maître le Professeur LAPEYRE, « qu’il existe une tuberculose hématogène primitive en l’absence de tout autre foyer appréciable de l’organisme ». Cette théorie s'appuie sur de récents travaux qui ont montré la présence de bacilles de Koch dans le sang, alors qu’il n’y a aucune réaction fébrile, et dans les tissus, sans modification histologique.

D'ailleurs, tout individu n'est-il pas plus ou moins contaminé, en état d’allergie? Pourquoi donc, si l’on admet qu’à un moment de son existence, à la suite d’une déficience de son organisme, il peut faire une localisation pulmonaire; pourquoi donc ne voudrait-on pas reconnaître la possibilité d’une localisation utérine? La matrice, à ce moment-là, peut, tout aussi bien que le poumon, réunir les conditions optima pour le développement du bacille de Koch.

Pour plusieurs raisons, un utérus peut se laisser inocu-

ler aussi bien que le poumon:

a) à la suite des infections banalés qui font le lit de la

tuberculose ;

b) à la suite des malformations.

a) Il est à noter que, comme tout autre organe, un utérus malade est prédisposé à l’infection. C’est une règle générale et l’utérus n’y échappe pas.

Les inflammations courantes, la métrite la plus banale, par les lésions de la muqueuse, la congestion qu’elles entraînent, vont faciliter la fixation du microbe, et même l'attirer. |

b) Nous retrouvons chez certains auteurs, comme Four- NIER, LANDOUZY, ALLEAUME, cette idée que confirme l’observation du Professeur LAPEYRE: les malformations utérines congénitales, de par les troubles qu’elles entraînent, sont une cause de fixation élective du bacille de Koch sur la muqueuse utérine.

Et cette notion pourrait peut-être trouver une explication dans les remarquables travaux de DERvAUx. Cet auteur a permis, par ses études, de reconnaître la voie suivie par le microbe: c’est la voie artérielle. Il a montré que des territoires artériels très nettement délimités correspondaient exactement à l'emplacement délimité par les lésions bacillaires de l'utérus.

Nous devons d’ailleurs mentionner que CoRNIL a retrouvé dans le périmètre et à l’intérieur des vaisseaux artériels des cellules géantes; fait qui vient corroborer la thèse de DER- VAUX.

Ne serait-il pas intéressant de rechercher si, dans les malformations utérines, il ne se rencontre pas une modification des territoires artériels correspondant aux lésions tuberculeuses? Et ne pourrait-on pas expliquer, par cette modification de structure, une circonstance favorisant en ce point l'élection du bacille de Koch par des vices de circulation, en plus ou en moins, qui feraient de cet utérus une proie facile ?

Ça n’est là qu’une hypothèse dont la vérification demanderait de nombreuses observations et de sérieuses recherches, qui excèdent le cadre de notre travail.

DERVAUX a, de plus, isolé presque complètement du trajet d'apport à l’utérus, les voies veineuses et lymphatiques. Dans l'observation publiée, nous croyons avoir précisé-

ment affaire à une primo-infection par voie hématogène descendante.

B) Voie descendante muqueuse ou séreuse. -— C’est le deuxième mode d'infection par la voie descendante, non plus par la voie d'apport à longue distance qu'’est la voie artérielle, mais de proche en proche par la voie muqueuse ou séreuse. Dans ce cas, on n’a plus affaire à une localisation primitive sur l’utérus, mais secondaire: la lésion annexielle relègue au second plan la lésion utérine. Cependant, pour être complet, il nous fallait indiquer cette possibilité de contagion par voie descendante.

Dans l'observation publiée, il nous faut préciser qu’à la suite de cette localisation primitive sur l’utérus, nous trouvens, amorcé, un processus d'infection par voie descendante, qui est révélé par ces nodules tuberculeux développés dans les trompes et de date histologique plus récente que les lésions utérines. Preuve certaine que l'infection bacillaire se propageait de manière descendante « per continuitatem » et « per contiguitatem ». ;

Ceci est d’autant plus remarquable, qu'habituellement siunale d’ailleurs DANIEL, ce sont les trompes, foyers primaires, qui déterminent l'infection secondaire du corps utérin,

des ovaires ou du péritoine.

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