TRAITEMENT
Le traitement de la tuberculose ne peut être que chirurgical. C’est l’hystérectomie qui s’impose. Le curettage et les moyens médicaux sont à rejeter parce qu’ils sont incontestablement insuffisants.
a) LES MOYENS MÉDICAUX. — N’ont jamais qu'une action palliative et ce serait se leurrer que d’attendre d’eux une action radicale. Cependant, toute l’école italienne, avec PESTALOZZA, MANGIAGALLI, TRUZZI préfèrent cette thérapeutique aux moyens chirurgicaux. Ils la mettent surtout en œuvre chez les jeunes femmes tuberculeuses.
La thérapeutique biologique par la tuberculine et lantigène méthylique a des effets inconstants.
L’héliothérapie naturelle ou artificielle, a paru donner de bons résultats car toutes les formes de tuberculose génitale sont par elle, sensiblement améliorées.
L’héliothérapie artificielle, dont les résultats sont les mêmes que ceux de la cure solaire présente l’avantage d’être facilement pratiquée en tous lieux et en tout temps. Seule, l’association de tuberculose pulmonaire est une contre-indication formelle.
Les rayons ultra-violets seront employés comme adjuvant du traitement chirurgical,
dd) —
La Curiethérapie d’après COURRIADES et JAULAIN, est à
rejeter.
Les injections vaginales antiseptiques trouvent ici leur application: permanganate de potasse, iode, eau oxygénée, liqueur de Labarraque, etc.
b) LE CURETTAGE. — Première méthode employée dans les cas d’endométrite, ne doit être retenu que comme moyen de diagnostic et non comme moyen thérapeutique. En effet, il faudrait pour cela que la muqueuse seule, fut prise, que le myomètre fût intact, et que les annexes fussent saines. Ce qui est exceptionnel, hormis quelques cas très rares où l'opérateur a pu se prévaloir d’un succès, à la suite d’un curettage. x
Il faudrait être certain qu'aucune partie de la muqueuse n’a pu échapper à l’instrument. Ce n’est d’ailleurs pas tout: le curettage est un moyen brutal qui va effondrer la muqueuse, ouvrir les voies d'accès sanguines, risquant ainsi de décupler les chances de dissémination. C’est donc un moyen de traitement à ne jamais employer.
C) L'HYSTÉRECTOMIE est le procédé de choix, si l’on veut avoir une guérison définitive, encore faudra-t-il faire la discrimination entre deux techniques:
par voie vaginale ; par laparatomie médiane.
Nous éliminons la voie vaginale, parce que nous estimons que c’est un moyen incomplet d'investigation. À faire une cpération de cette importance, autant juger pleinement de lPétendue des lésions, ce qui n’est guère possible, si l’on se contente de pratiquer une hystérectomie vaginale.
Par la voie médiane, l'opérateur qui peut voir et palper juge de l’état de l'utérus et des annexes. Il est ainsi à l'abri d'un oubli fâcheux qui peut être préjudiciable à la malade. Sans compter que la mise à l'air et à la lumière du péritoine, qui peut lui aussi, présenter des lésions discrètes, ne peut offrir que‘des avantages.
J.-L. FAURE, qui, dans quelques-uns de ses travaux, avait indiqué la technique vaginale, lui préfère l’incision suprasymphysaire. DANIEL rejette l’hystérectomie vaginale et mon maître, le Professeur LAPEYRE, pratique toujours une laparatomie médiane. C’est aussi cette technique que préfère Pozzi à cause des adhérences.
L'’hystérectomie par voie abdominale est donc la méthode la plus efficace, la seule à préférer.
Elle peut être:
totale subtotale.
De toute façon, la laparatomie sous-ombilicale « permet de faire un diagnostic localisateur précis et permet de faire suivant l'étendue des lésions, une opération partielle ou non.
Certains auteurs pratiquent l’hystérectomie sub-totale, opération moins longue, moins choquante, évitant l’ouverture du vagin dans l’abdomen.
Mais, le danger de récidive au niveau du col fait que d’autres, en particulier DANIEL, sont partisans de l’opération systématiquement radicale.
En résumé, le traitement de choix est donc l’hystérectomie totale par voie abdominale, mais dans les formes localisées au fond utérin, la subtotale peut donner de beaux succès à longue échéance.
Dans les formes de tuberculose du corps utérin associée,
Me
la seule contre-indication est l’existence d’une tuberculose pulmonaire grave. « Dans tous les autres cas, quelle que soit l'étendue des lésions génitales, la gravité de l’état général, à condition que les lésions pulmonaires soient peu avancées: l’hystérectomie est la seule chance de salut » (Leurer). Traitée ainsi chirurgicalement, la guérison s’observe dans 9 % des cas, le plus souvent sans incidents. Quant à la mortalité, elle survient, surtout lorsqu'il y a prédominance de lésions annexielles; la mort pouvant être due: soit à une granulée, soit à une embolie.
Il est cependant une notion à ne pas oublier, c’est que toute malade atteinte de tuberculose utérine est, avant tout, une tuberculeuse, et doit être traitée comme telle pendant toute sa vie. C’est alors que les moyens médicaux sont pleinement utiles.
Il faut chercher à augmenter les défenses du sujet par l'administration de fer, de phosphate, d’arsenic, etc...
Les cures d’air prolongées, séjours en montagne, sont aussi bien à recommander. Du repos, une nourriture saine, un exercice modéré, une hygiène parfaite sont les auxiliaires médicaux indispensables au chirurgien pour consolider ces malades.
Vouloir énumérer tous les médicaments que la thérapeutique moderne met à la disposition de cette sorte de malades est chose impossible; mais, il faut retenir que, quoique opérée, une fuberculeuse utérine reste une malade à suivre, à surveiller pendant un laps de temps très long, si l'on veut faire œuvre utile.
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Fig. 3. — En a, et b, muqueuse tubaire en état de nécrose très avancée; c, follicule tuberculeux; d, couches musculaires infiltrées de lymphocytes; e, f, couche conjonctivo-vasculaire sous-séreuse et indemne de
tout processus inflammatoire.
(1) Les figures sont des micrcphotographies non retouchées exécutées par A. Herbaut, préparateur technique au labora- Faculté de Médecine de
toire d'anatomie pathologique de la Montpellier (Professeur Grynfeltt, chel de service),
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