CHAPITRE IX
Traitement
La thérapeutique de la tuberculose pulmonaire comporte des indications spéciales à la vieillesse. La formule actuellement si répandue de Brœhmer, qui résume les principes de la cure hygiénique, ne peut être appliquée sans modifications aux malades d’un certain âge. Les condamner au repos allongé, à l’aération continue et à la suralimentation, serait les exposer à des complications pulmonaires ou digestives qui précipiteraient la fin de leur existence. Le tuberculeux sénile est, en outre, indocile; il se plie mal aux prescriptionsrigoureuses, surtout lorsqu'il s’agit de l'aération continue, qui va à l'encontre de ses idées les plus anciennes. Toute la persévérance du médecin arrivera à peine à obtenir de Ini qu’il crache proprement. La suralimentation rencontre aussi des obstacles sérieux chez des malades dont la dentition est imparfaite, les fonctions digestives languissantes, les reins le plus souvent altérés. On surveillera donc spécialement l'alimentation, en prescrivant les mets de digestion facile et riches en substances nutritives, la viande crue ou rôlie, les œufs, le lait, les purées de féculents. On proscrira, par contre, tous les médicaments qui pourraient provoquer ou entretenir des troubles digestifs, l'huile de foiede morue par exemple, mais l’usage judicieux des amers, des préparalions phosphatées et surtout de l’arsenic augmentera l’appétit et activera la nutrition.
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Potain et Barié ont insisté sur le peu d'utilité de la médication locale, les phénomènes de congestion active étant rares et Ia révulsion n'ayant aucune action sur la sclérose et le catarrhe.
On opposera enfin à chaque forme clinique des médications appropriées. On évitera l'emploi de l’iodure de potassium, même dans les formes fibreuses où les signes d'emphysème paraissent prédominer, cette substance étant un congestif puissant dont l’usage peut être suivi d'hémoptysies. En cas d’expectoration abondante, la créosote ne doit être administrée que par la voie rectale ; on lui préférera les balsamiques, qui irritent moins le tube digestif, tels que le tolu, la terpine, le benzoate de soude, ou les sulfureux que Potain préconisait dans les cas apyrétiques sous la forme des pilules de Morton. Cette préparation, ainsi que la teinture de scille, à la dose de un ou de deux grammes, peut diluer aussi les crachats trop épais. L'opium enfin, sous toutes les formes et dans toutes les combinaisons, joint à la lobélie en cas de dyspnée, aux astringents en cas de diarrhée, sera le médicament le plus employé sinon le plus utile Et lorsque tout espoir sera perdu, la morphine adoucira encore les dernières
douleurs de l’agonie.