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exténué; son visage amaigri, son thorax décharné, ses ongles hippocratiques, suffiraient à indiquer l'affection dont il souffre. On constale d’ailleurs de la matité absolue aux deux sommets el l'on perçoit à l’auscultation du côté gauche, un souffle à timbre caverneux qui offense l'oreille ; du côté droit, la respiralion est diminuée, on sent que l’air pénètre mal. Le malade succombe lentement aux progrès de la cachexie, le 4 mai 1905.
A l'aulopsie. Le poumon gauche, recouvert d’une plèvre très épaissie, adhère à la paroi thoracique et au péricarde ; il présente, à son sommet, une caverne du volume d’une mandarine, entourée d'une zone de tubercules jeunes. Au-dessous d’elle se trouvent des amas de noyaux caséeux, jaunes grisâtres, non ramollis, parsemés de points noirs anthracosiques. Un de ces blocs caséeux est triangulaire; sa base confine à la scissure ; il a 4 centimètres de largeur sur 3 de hauteur. Le poumon droit est très adhérent à la paroi thoracique et recouvert d'une plèvre fortement épaissie. Son sommet, emphysémateux, est le siège d’une sclérose intense!qui le transforme en une masse dure, résistante, fibreuse, qui présente, sur la coupe, d'abondants tractus scléreux circonscrivant les bronchioles remplies de pus et de petits tubercules non ramollis, sans cavernes. Le lobe inférieur est parsemé de ltubercules disséminés dans un tissu fibreux. Les bronches épaissies, dures, non dilatées, ont sur leur muqueuse une couche de mucosités purulentes. Le ventricule droit du cœur est dilaté et l’orifice tricuspidien anormalement élargi. Le foie a un aspect muscade avec dégénérescence graisseuse. Les reins sont rétractés et graisseux. Les capsules surrenales sont scléreuses, petites.
OBsERvATION V (M. Boinet)
Achille T..., 56 ans, arrive agonisant à 1 Hôtel-Dieu. Il souffre depuis longtemps d’un vieux catarrhe qui l’a obligé à suspendre tout travail depuis l'hiver dernier. Jusqu'au mois qui a précédé son entrée à l'hôpital, il pouvait se lever; mais depuis, ses forces ont baissé, il tousse et crache continuellement, la nuit il n’a plus de repos, ses jambes sont œdématiées, il reste assis sur son lit en proie à une orthopnée continue. À l’auscultation, on perçoit une pluie de râles sibilants ét ronflants avec,du côté gauche, de la matité
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et des râles crépitants. 11 meurt deux jours après son entrée dans le service.
À l'autopsie|31].Le poumon gauche, emphysémateux au sommet, est infiltré de tubercules miliaires à la base, Le poumon droit est couvert d'adhérences pleurales fibreuses et étendues. On constate au milieu des tractus fibreux et de l’emphysème, une petite caverne à son sommet. La base est très congestionnée. Il existe des lésions de dégénérescence graisseuse au foie et aux reins.
OBSERVATION VI (M. Boinet)
… Claude R..., 59 ans, meurt quelques heures après son entrée à l’'Hôtel-Dieu.
Aulopsie [91]. Le sommet du poumon droit est infiltré de gros blocs caséeux et creusé de quelques cavernes. Les lobes moyen et inférieur présentent des lésions fibro emphysémateuses avec amas anthracosiques. Le poumon gauche est recouvert d'une plèvre anciennement épaissie, son sommet est infiltré de tubercules, entourés de tissu fibreux.
Osservarion VII (personnelle)
Léonard C..., 63 ans. Salle Aïllaud, 27. Alcoolique, a travaillé pendant vingt ans sur les quais au transbordement du blé. C'est une profession insalubre où l’on respire continuellement des poussières, et les ouvriers qui s’y livrent bouchent leur nez avec du coton et respirent avec la bouche, qu'ils garantissent d'un mouchoir. Aussi déclare-t-il avoir toujours toussé et craché. Depuis cinq ans il ressent, en outre, dès qu'il marche un peu vile, une oppression gênante ; l'hiver il a de Jongs rhumes et souvent des accès de suffocation.
Il entre à l'hôpilal à la suite d’une hémoptysie. Il est à ce moment amaigri et voûté, la partie inférieure de son thorax est dilatée, les creux sus et sous-claviculaire sont, par contre, déprimés. A l’auscultation, ‘on conslate aux deux bases de l'affaiblissement du murmure vésiculaire ; on perçoit des craquements humides aux sommets. Après un repos d’un mois dans le service, il meurt dans un accès d’oppression. >
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À l'autopsie. Emphysème très marqué aux deux bases. Au som met droit, on constate uné petite excavation, le poumon gauche et la partie inférieure du poumon droit sont formés d’un lissu grisalre,
ur, qui crie sous le scalpel, infiltré d'anthracose el de granulalions discrètes. Athérome à l'aorte. Reins scléreux, foie gras. Cœur myÿocarde mou, dilatation énorme du ventricule droit.
OBservaTiON VIII (M. Boinet)
Marie B..., 59 ans, salle Sainte-Elisabeth, 3, entre à l'Hôtel-Dieu pour un catarrhe dont elle souffre depuis longtemps. Elle est très amaigrie, s'alimente à peine, la moindre nourriture provoque des quinles de toux. Toutes les nuits elle est prise de crises d'étouffements qui l’obligent à recourir à la morphine. A l’auscultation on trouve aux bases des signes d’'emphysème pulmonaire indiscutables, mais il reste des râles humides aux deux sommels, avec relentissement de la voix. Expectoration très abondante, crachats verdâtres. Après deux examens négalifs on y constate la présence de bacilles de Koch. Après un long séjour dans le service, elle se cachectise progressivement et meurt le 15 juillet 1905.
A l'aulopsie [537] Symphyse pleurale des deux côtés. Le poumon droit est le siège d’une congeslion œdémateuse. Emphysème au bord antérieur et à la base ; à la coupe du sommet, on constate des îlots de tissu conjonctif et cicatriciel entourant des tubercules crus et deux ou trois cavernes. Le poumon gauche est infiliré d'un grand nombre de tubercules jaunâtres caséeux, ils sont entourés de tractus fibreux. Myocarde pâle, teinte feüille morte, ventricule droit dilaté. L'aorte est athéromateuse.
OBsERvATION IX (M. Boinet)
Frédéric M..., 6o ans, arrive à l'Hôtel-Dieu dans un état cachectique très marqué. OEdème de la face et des membres inférieurs: Orthopnée, crachats hémoploïques. A la percussion, sonorité exagérée aux deux bases, malilé aux sommets. A l’auscultation, la poitrine est encombrée de râles à imbre grave et à grosses bulles ; il existe cependant au sommet droit quelques râles plus fins et qui persistent après la toux.
À l'aulopsie [515]. Le sommet du poumon droit est infiltré de tubercules caséeux el de cavernes, ils alternent avec des zones de sclérose pulmonaire et d'emphysème. Au poumon gauche, emphysème à la base, tubercules disséminés et sclérose pulmonaire. Adhérences pleurales considérables des deux côtés. Cœur mou, dilaté. Aorte alhéromaleuse. Reins scléreux Foie scléreux avec des ilots de dégénérescence graisseuse.
Pneumonie au cours de la tuberculose fibreuse
OBservaTioN X (M. Boinet)
Pauline A..,68 aus Sainte Elisabeth, 10, entre à l'Hôtel-Dieu avec une température de 39°, de l'œdème des membres inférieurs, la langue rôlie, des traces d’albumine dans les urines. Elle tousse depuis plusieurs années et a eu, il y a dix ans, des hémoptysies. Elle s'occupait cependant des soins de son ménage lorsqu'elle fut prise, il y a huit jours, à la suite d’un refroidissement, d'une toux plus fréquente, d'une oppression plus vive, d'un point de côté à gauche qui ne lui laissent depuis aucun repos. On constale à l’auscultation des râles sibilants et ronflants disséminés avec, au sommet gauche, dessignes d’hépalisation. Les crachals sont peu abondants. la malade, assise sur son lit, ne vide pas ses bronches ; elle meurt le 24 mai 1905, après une longue agonie.
À l’autopsie [526]. On constate un foyer d’hépatisation rouge à la partie supérieure du poumon gauche, le reste de cet organe présente des lésions d'emphysème et quelques tubercules caséeux disséminés : ils sont entourés de travées fibreuses qui affectent un aspect aréolaire. A droite, le poumon est le siège d'un emphysème géuéralisé, il est congeslionné à la base, présente quelques tubercules crétacés au sommet, une plèvre épaisse le recouvre. Le cœur est normal. Les reins sont scléreux, le foie présente des signes de dégénérescence graisseuse.